GUERRE AVEC LES THOU-XIU OU TURCS
Les Thourkiu ou Turcs continuaient à faire des irruptions en Chine. Le prince Li-chirtnin fut encore chargé par son père de les repousser. Il vainquit leurs armées formidables , ou les obliea de se retirer au delà des frontières e l’empire. Dans l’année 635 (troisième de l’hégire) , le roi des Thou-kiu ou Turcs occidentaux envoya un ambassadeur à Kao-tsou, pour lui demander une de ses Glles en mariage.
L’empereur tint conseil , et on acco^ au Ko-han (ou Khan) des Turcs occidentaux ce qu’il demandait, espérant que par cette alliance on pourrait détruire ou affaiblir la puissance redoutable des Turcs du Nord.
(*) LeP.Oaubil, auquel nous emprunloni ces faits (Abrégé de [histoire de la pande dynastie Thang; tfémaires sur les Chinois, t. XV), dit en noie qu’il y avait déjà des collèges et des écoles dans les villes et dans les villages. L’empereur en augmenta le nombre, et remit en élat les colleges et les écoles que les guerres avaient détruits.
Li^ehirmin, ce (iis de l'cmperenr, dent la Tsieur et les pands talents mi> litaires avaient si puissamment contribué à l'élévation de son père sur le trône impérial, était devenu l’objet de la haine jalouse de deux de ses frères, qui résolurent de s'en défeire. JA-chi~ min, averti de leurs desseins, les prévint, et les 6t périr dans une rencontre qu’ils eurent au palais impérial. L’empereur, instruit aussitôt de cet événement et des causes qui l’avaient amené , lit mourir les enfants des deux frères dénaturés, et reconnutiU-cAi-mirecomme prince kériUer. Il y eut une amnistie dans l’empire, et l’ordre qui avait été donné contre les sectes de Fo et du Tao fut révoqué. La même année (626), Kao-tsoü abdiqua le pouvoir, et déclara empereur son (ils Li-chi-min.
Celui-ci pritletitredeTAi-TSOuiVG (*).
Son règne (627-649) fut un des plus glorieux de l’histoire chinoise. Il est représenté comme un monarque accompli , qui savait s’entourer des hommes sages et instruits dont les bons conseils pouvaient lui être utiles, et dont les avis courageux pouvaient le corriger de ses défauts. Sa tempérance était si grande qu’il réduisit beaucoup les dépenses de sa table, et qu’il renvoya trois mille femmes du palais, destinées aux plaisirs des empereurs.
Trois ans plus tard, il en renvoya encore trois mille chez leurs parents.
On peut juger d’après cela des excès auxquels se livraient les empereurs qui l’avaient précédé. Le Livre des rite {Li-ki) accordait à un empereur trois reines ou concubines du premier ordre, neuf du second ordre, vingt-sept du troiriéme, et quatre-vingt-une du quatrième. Ensuite, il fallait à l’impératrice et à toutes les concubines titrées des personnes du même sexe pour les servir, et le nombre que chacune d’entre elles pouvait avoir était illimité. Il n’y avait rien non plus de déterminé pour le nombre des musiciennes, des comédiennes et des autres filles à talents. Peu à peu lescmpereurs s’étaient
(*) Voy. son portrait pL Sg , n» t.
m« sur le pied de recevoir en présent , de la part ms mandarins des provinces , des (files d’une beauté ou d’un talent extraordinaire. Les grands, ou tous ceux qui voulaient avancer leur fortune, leur en offraient aussi. On comprend combien il devait en arriver dans le palais impérial.