‹ Chinois & missionnaires [microform]Chapitre 23 sur 27 · WM · texte numérisé non relu

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de ses mémoires, et préparer ainsi un dossier infâme pour la cour de Pékin. Celle-ci ne peut qu'accepter la signature de son vice-roi, à moins que la diplomatie n'exige une contre-enquête. Encore est-il inQniment plus prudent de prévenir ces épineuses complications ; car a-t-on jamais vu, dans les questions qui ne sont pas un casus belli, le fils du ciel infliger pareille honte à un si haut et si puissant dignitaire de son empire !

Ces pauvres enfants avalent séjourné au camp de Fang-ton-lin, entre les mains des créatures de Ho-tchou, ou dans les dépendances du tribunal. 11 faut passer le voile sur les leçons qu'elles y avaient reçues, ainsi que sur les violences dont elles avaient été l'objet d'après leur propre témoignage, dix fois répété à leurs parents ou à d'autres personnes.

De plus, il ne faudra pas s'étonner de la précision de nos renseignements, quand on saura que le secret est presque impossible et inconnu en Chine : la discrétion est antipathique au Chinois. D'autre part, sur la même barque que les enfants se trouvait le père de l'urie d'elles. Un catéchumène, y ayant sa fille, venait en même temps par terre, en compagnie des amis de Ho-tchou. Il n'était pas pour cela traître à la bonne cause; inutile de discuter ces anomalies qui peuvent étonner un occidental. Ces deux hommes, plusieurs autres, des catéchistes, des mandarins, entre-autres le brave délégué F***, ont, durant tout le procès, tenu les missionnaires au courant des principaux et souA'ent des moindres détails.

Pendant que le Ning-ko était en révolution, et que les mandarins de Nan-kin poursuivaient la religion de leur haine juridique, les deux rives du fleuve Bleu, à l'est de cette ville, étaient également troublées par la persécution. Tout le pays de Tcheng-kiang, Yang-tcheou, Ou-si était mis en émoi par les coupeurs de queues et les lutins de papier. Le peuple soulevé accusait partout le Tien-tchou-tang, et les pauvres chrétiens étaient poursuivis par la populace.

Mais comme cette partie de la mission est éloignée du Ning-ko, que, si la haine diabolique était la même, l'action des suppôts sous le même souffle ne suivait pas le même courant, comme de fait ces deux persécutions étaient géographiquement et historiquement distinctes, nous n'en parlons pas. Qu'il nous suffise de signaler la coïncidence, comme nous avons relaté les merveilleuses histoires des bonshommes de papier, dont le retentissement agita l'opinion dans toute la province et seconda les projets si avancés des agitateurs du Ning-ko.

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A Nan-kin. — Deuxième partie du procès

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