‹ Chinois & missionnaires [microform]Chapitre 9 sur 27 · LA PRISON DE NING-KO-HIEN · texte numérisé non relu

LA PRISON DE NING-KO-HIEN

Insensiblement, comme un ciel qui se couA^e de nuages, les inimitiés aveugles d'en bas et le mauvais vouloir d'en haut se révélaient davantage. L'inertie calculée des mandarins était une force dont les hommes de désordre sauraient bientôt user. Tout le monde semblait se rendre compte que notre prestige avait plus de brillant que de solide, et vînt une occasion de nuire à la religion , mille vauriens seraient prêts à en profiter. Plus d'un audacieux était capable de la susciter, tant je ne sais quel courant de haine soufflait dans l'air. Toutes les lettres des missionnaires semblaient signaler des orages.

En Chine, plus qu'aucune autre part, les multitudes sont très puissantes, car, vigoureuse, cruelle souvent pour les individus, l'autorité se trouve absolument désarmée devant un soulèvement, même partiel ; nous venons d'en voir un exemple à Kien-ping.

Le P. André était chargé du district d'Holiki, grosse bourgade très commerçante, située en majeure partie sur la rive droite d'un grand torrent qui descend à Chœï-tong. La sous-préfecture, Ning-ko-hien, n'en est éloignée que de cinq li. Quoique ce soit le centre de la vie civile, la vie commerciale a émigré à Holiki. Ning-ko-hien, malgré ses murailles, n'est qu'un misérable village où le vieux tribunal, la prison et quelques pagodes semblent perdus au milieu de ruines et de maisons de paille.

Or, voici ce qu'écrivait le P. André, en date du 24 octobre 1875 :

« Il y a maintenant, dans la prison de Ning-ko-hien, quatre chrétiens à la torture. La raison, me direz-vous? Tout simplement une indigne calomnie que le mandarin ne veut pas relever ; il en profite pour assouvir sa haine contre notre sainte religion et ceux qui la pratiquent.

^^■^■^^HPWiÇ?^^ iW*A-*^4M»i^AWf HW?SP*^'f»?9î^.^»%W;''^P^^

» Les gens du tribunal n'osent pas encore courir à la recherche des chrétiens, mais la moindre calomnie contre eux suffît ; on les arrête et on leur fait subir la torture jusqu'à ce qu'ils avouent une faute qu'ils n'ont point commise. L'aveu même arraché contre leur conscience, par la force des souffrances et dans un moment de faiblesse, ne les exempte point de nouveaux supplices. Aux gens du tribunal, il faut de l'argent, sans lequel des tourments inouïs sont à supporter. Hélas! depuis huit jours à peine, nos suppliciés, ou plutôt leurs parents, ont donné plus de 80 piastres, et malgré cela, les tortures continuent. Des gens sont venus pour présenter des suppliques au mandarin, mais les subalternes les ont repoussés. J'ai présenté ma carte avec un mot en faveur de mes chères ouailles. Elle n'a pas été acceptée. Je vais en cérémonie voir le mandarin qui me reçoit très froidement et en habits fort négligés. Mon entrevue a bien duré deux heures ; en voici à peu près le résumé :

)) — Grand homme, j'ai envoyé ma carte le 20 de cette lune pour vous saluer. On ne l'a pas acceptée, je désirerais savoir pourquoi ?

)) — Si on l'avait présentée, répondit-il, on ne pouvait la refuser... Il y a eu sans doute erreur. . .

« Gomme mes gens qui étaient venus la porter étaient là, je leur dis :

» — Parlez, vous autres, et dites la vérité !

» — Non seulement, répondent-ils, les gens du prétoire n'ont point voulu recevoir la carte du Père, mais on nous a méconnus et on nous a demandé avec insolence ce que nous venions faire ici.

» Le mandarin n'eut rien à répondre.

)) — Il y a ici, repris-je, quatre chrétiens à la torture ; je désirerais savoir quel est leur crime.

» — Voici les noms de trois d'entre eux qui ont incendié une maison.

» — Et le quatrième?

» Point de réponse.

» — Mais, puisqu'on a dénoncé ces trois chrétiens comme incendiaires, avant de les punir de ce chef, vous devez sans doute avoir les preuves en mains. Le grand homme serait-il assez bon pour me les communiquer ?

» — Le dénonciateur est frère d'un de ces hommes.

» — Alors le dénonciateur est le seul témoin contre l'accusé ! Est-ce bien juste ? Il y a d'autres preuves ?

» — 11 y a, dit le mandarin, le propre aveu des accusés.

» — C'est cela, dans la torture, sous l'étreinte du chevalet, à moitié

BPii!jyjj.i,^'5R(J:fçW^'ii«VH

.S*'Wï2^ ;' •.'^:î*î-,"çs:;

— il9 — morts. Cet aveu est sans valeur. Tenez, laissez-les libres, appelez-les devant nous et nous verrons ce qu'ils diront.

» Le mandarin se garda bien d'accepter.

» — "Le grand homme a donc d'autres preuves plus fortes ?

» — Certainement, répondit-il ; car si ce ne sont pas eux qui ont mis le feu, qui donc l'a mis ?

» — Alors, repris-je, il n'y a qu'eux dans le pays à pouvoir mettre le feu? Cette réponse est-elle bien sérieuse? Si je vous disais : « C'est vous qui avez mis le feu à la maison, car si ce n'est pas vous, qui donc l'a mis? » trouveriez- vous l'argument bien solide ?

» Le mandarin ne savait que répondre. »

Le Père, sentant bien qu'il n'avait rien à perdre avec un homme dont les efforts de la haine ne pouvaient être arrêtés que par la crainte, profitant de sa présence si difficile à obtenir, poursuivit sans lui faire grâce. Il lui demanda si c'était bien ainsi que les lois prescrivaient aux magistrats de conduire une procédure, puis il ajouta :

(i — Il y a dans le village une autorité, c'est le juge de paix. Cet homme, témoin des faits, a-t-ii été interrogé? Est-il moins digne de foi qu'un vaurien? D'ailleurs, ce n'est pas un des nôtres, il est païen et n'a aucun intérêt à protéger les chrétiens. Ce qu'il a dit, ce qu'il a écrit, devrait, ce me semble, être une preuve assez convaincante en faveur de mes chrétiens.

» Il a écrit, je le sais, que c'est la famille elle-même du dénonciateur qui, par haine contre la religion, a mis le feu à la baraque, et, qui mieux est, c'est à ce propos que vous lui avez demandé s'il était employé du mandarin ou du diable d'Occident, pour me servir de vos propres paroles. Bien plus, sa constance à dire la vérité lui a valu la bastonnade et la prison. C'est sans doute fort juste.

» Les notables de l'endroit, ce sont des païens, ce sont aussi des autorités civiles, demandez-leur ce qu'ils pensent des chrétiens et du dénonciateur ?

» Pourquoi la porte du tribunal est-elle fermée aux innocents ? Elle s'ouvre avec de l'argent ; si c'était encore pour donner la justice ! Hier, vos gens ont demandé 50 piastres pour accepter une requête. Est-ce d'après les lois de l'Empire ?

» — Non, dit-il, on ne doit rien exiger.

» C'est alors que je fis présenter les requêtes. Tous ceux qui en apportaient les avaient écrites en double et parfaitement semblables ; j'en recevais un exemplaire et le mandarin était bien forcé d'accepter l'autre. Tout cela se fit sans débourser une sapèque et surtout sans bastonnade pour ceux qui les remirent.

Wmww^

» Le tour était admirablement joué.

» Enfin, je demandai à voir les suppliciés. Le mandarin refusa comme de juste.

» Il y avait aussi une rectification importante à faire. Le sous-préfet disait que les hœï-tchang (administrateurs de chrétienté) étaient des voleurs, des brigands, chefs de désordre.

» — Grand homme, lui dis-je, c'est moi qui suis ici le grand chef des chrétiens, s'ils sont brigands, incendiaires, assassins, pourquoi ne me saisissez-vous pas, ne me garrottez-vous pas? me voici.

» Il ne répondait pas.

— L'empereur, dis-je, sait ce que nous sommes. Il nous permet de venir ici, il permet au peuple d'entrer dans notre religion, comme étant bonne... vous allez donc contre ses ordres et ses intentions.

» Ce fut ainsi que se termina cette longue séance.

Il y avait huit jours que le dénonciateur était allé, après l'incendie, accuser les chrétiens. Le jour même, ceux-ci étaient saisis, torturés et mis en prison. Le lendemain, le mandarin, accompagné de 50 hommes en armes, tant soldats que satellites, part pour visiter les lieux. On dirait, à le voir passer, qu'il va prendre une ville d'assaut.

En arrivant, les soldats tirent des coups de fusil en l'air et ces décharges mettent tout le monde en effroi. Les catéchumènes, terrifiés, prennent la fuite. Il y en eut un de saisi; bonne aubaine. On veut le conduire au mandarin ; il donne 4 piastres. Les sinistres comédiens n'en demandèrent pas davantage et lâchèrent l'innocent.

Pour le dénonciateur, connu dans le pays comme « vendeur de femmes », il avait su aussi sacrifier quelques piastres.

Le mandarin saA'^ait donc fort bien de quel côté était la justice. Agissait-il par haine, par ordres supérieurs, pour complaire à ses subordonnés ? Il serait difficile de se prononcer. Le préfet Ly n'eut cependant pas les honneurs de la victoire.

Intimidé sans doute par l'attitude noble et courageuse du missionnaire et craignant qu'il ne portât plus haut ses réclamations, le soir même de sa visite, le sous-préfet prit conseil, fit ses préparatifs et le lendemain se mit en marche pour Ning-ko-fcu. Une visite immédiate au préfet semblait de bonne politique, afin de préparer les voies à la défense de sa conduite, dans le cas d'une accusation.

Mais, chose étrange, voici que, chemin faisant, le persécuteur se sent indisposé. Je ne sais quel mal l'a frappé soudain, mais il souffre, il s'affaiblit et, quand il arrive, il doit se mettre entre les mains des médecins. Pendant quatre joui's, il est l'objet des soins les plus empressés. Sentant que

'mmt^Mt:r^ r:::^^'^S&,

^^^^^^f^iPs^^^p^^^

^*^^;J^:-C j2t: .s'-?îf;7.*^>^^i^-?V5*'.TÇ' ^^^

pf^p^^f^pssçrpifl

y«i*fépSit- SÏ«5fH;%.<S^^(y?f«rW|^V4'>

CHINOIS ET JIISSieXKAraïS

y- -Ji^--. ,■^i.■^ij>:-i<^;*-:

^.•£:;Ai.'.-rf, •■Cii-V'

r.-'iic^iî»> j>x^a*JlJ . '■■;!?r

''*S5r??^»^?*"?^î?^^œE5WJSB«P!W1ÇBfH^^

» Le tour était admirablement joué.

>' Enfin, je demandai à voir les suppliciés. Le mandarin refusa comme de juste.

» Il y avait aussi une rectilication importante à faire. Le sous-préfet disait que les hœï-tchang (administrateurs de chrétienté) étaient des voleurs, des brigands, chefs de désordre.

» — Grand homme, lui dis-je, c'est moi qui suis ici le grand chef des chrétiens, s'ils sont brigands, incendiaires, assassins, pourquoi ne me saisissez-vous pas, ne me garrottez-vous pas? me voici.

» 11 ne répondait pas.

— L'empereur, dis-je, sait ce que nous sommes. Il nous permet tie venir ici, il permet au peuple d'entrer dans notre religion, comme étant bonne... vous allez donc contre ses ordres et ses intentions.

» Ce lut ainsi que se termina celte longue séance.

Il y avait huit jours que le dénonciateur était allé, après l'incendie, accuser les chrétiens. Le jour même, ceux-ci étaient saisis, torturés et mis en prison. Le lendemain, le mandarin, accompagné de oO hommes en armes, tant soldats que satellites, part pour visiter les lieux. On dirait, à le voir passer, qu'il va prendre une ville d'assaut.

En arrivant, les soldats tirent des coups de fusil en l'air et ces décharges mettent tout le monde en elTroi. Les catéchumènes, terrifiés, prennent la fuite. Il y en eut un de saisi ; bonne aubaine. On veut le conduire au mandarin ; il donne 4 piastres. Les sinistres comédiens n'en demandèrent pas davantage et lâchèrent l'innocent.

Pour le dénonciateur, connu dans le pays comme « vendeur de femmes », il avait su aussi sacrifier quelques piastres.

Le mandarin savait donc fort bien de quel côté était la justice. Agissait-il par haine, par ordres supérieurs, pour complaire à ses subordonnés ? Il serait dilTicile de se prononcer. Le préfet Ly n'eut cependant pas les honneurs de la victoire.

Intimidé sans doute par l'attitude noble et courageuse du missionnaire et craignant qu'il ne portât plus haut ses réclamations, le soir même de sa visite, le sous-préfet prit conseil, fît ses préparatifs et le lendemain se mit en marche pour Ning-ko-fcu. Une visite immédiate au préfet semblait de bonne politique, afin de préparer les voies k la défense de sa conduite, dans le cas d'une accusation.

Mais, chose étrange, voici que, chemin faisant, le persécuteur se sent indisposé. Je ne sais quel mal l'a frappé soudain, mais il souffre, il s'affai- ])lit et, quand il arrive, il doit se mettre entre les mains des médecins. Pendant quatre jours, il est l'objet des soins les plus empressés. Sentant que

- *sç-.' ^ 'V-JT^^'^jil^* .

CHINOIS Kl MISSieXNAIRES

îBSTS^BjWfP^^a^

s Kif si^^m^m^iimii^^nimy'rmffMmm

WX'

la faiblesse ne fait qu'augmenter, que les remèdes n'ont aucun effet, la peur de mourir au loin, hors de chez soi, malheur suprême, hâte son retour. Mais il ne rentre à ce tribunal, où il rendait si mal la justice, que pour en sortir et aller entendre celle d'un tribunal qui trouva sans doute beaucoup à lui reprocher. Il mourait le 1*"" novembre, et cette mort fît partout une impression profonde. Les païens sont très superstitieux. Ils ne se font pas faute de dire que le Dieu des chrétiens est puissant, que les démons ne peuvent rien contre lui. Chrétiens et païens furent convaincus que cette mort imprévue et précipitée était un châtiment du ciel.

« Le jour de ma visite, écrivit ensuite le P. André, j'avais eu l'honneur de dire au sous-préfet Ly : « Juge bien, car Celui que nous adorons te jugera à ton tour et c'est en lui que nous mettons notre force et toute notre confiance. J'étais loin de m'attendre que Dieu le jugerait si tôt. Ce malheureux avait juré d'écraser le Tien-tchou-kiao (1). Mais le Tien-tchou-kiao vit encore et le mandarin a disparu de la scène du monde. »

Le 1«' de la onzième lune, vingt-huit jours après, son cercueil frt déposé sur une petite barque, à quelques pas de la résidence. Quelques gens du ya-men, un ou deux amis formaient tout le cortège. Cette absence de démonstration, de musiques, de pétards, ce deuil de tapage dont l'intensité est la mesure des hommages, indiquait assez que l'homme public n'était pas en faveur et que sa mémoire ne restait pas en vénération. Il était du Honan; ses restes y retournaient.

Pendant la courte vacance du siège, un secrétaire adjoint remplaça le défunt et profita de l'occasion pour élargir une trentaine de détenus. La miséricorde n'entrait pour rien dans ce trafic qui rapportait de bons bénéfices. Pour les chrétiens , la haine primant l'avarice, ils restèrent enchaînés.

Quand, le 19 novembre, le sous-préfet intérimaire prit les sceaux, sa première question fut pour demander combien il y avait de prisonniers et parmi eux combien de tche-kiao-ti-jen (de mangeurs de religion) ; cette manière de parler à l'instar de la plèbe indiquait autant son ignorance que son mépris.

L'affaire de ces chrétiens emprisonnés et torturés, contre toute apparence même de crime, la panique qui gagnait les catéchumènes, le scandale qui en résultait, l'arbitraire des autorités vénales et haineuses, demandaient absolument une poursuite en règle. Le P. Seckinger qui, outre les magnifiques succès récemment obtenus à Kien-ping, avait l'habitude des aiïaires et une réputation dans les ya-men, était tout désigné pour venir prêter main forte au P. André. Le P. Le Cornée lui demanda son concours. Le 7 décembre, il arrivait à Holiki.

(I) La religion catholique.

^msm^^''^!^^^^i'^^^!''^s!'^^i!§i^^'^^p^m^^^^i^im^!^s'?^''^w'ii^

Le 9, nos deux missionnaires se rendent au tribunal en grande tenue et à l'improviste, afin d'éviter les faux-fuyants dont Tintérimaire pourrait user. En effet, par deux fois il demande qu'on l'excuse. Mais les visiteurs n'acceptent point d'excuses.

— Nous voulons le voir, répondent-ils, il le faut, c'est notre droit, nous ne partirons pas.

Ces réponses déterminées, vigoureusement articulées par les deux solliciteurs impitoyables, finirent par triompher. Obligé de céder, mais de la plus mauvaise grâce, le mandarin ne vint point au devant d'eux et on les introduisit dans la salle des étrangers, misérable et petite chambre.

Un instant après, le sous-préfet arrive ; il était en petite tenue. Rien n'était plus significatif. L'entrevue dura très longtemps et fut très animée. Plus le mandarin affectait de prendre la chose à la légère, plus le P. Seckinger parlait vigoureusement ; et certes, quand les circonstances s'y prêtaient, il savait regarder en face un persécuteur, surtout un persécuteur de troisième ordre.

Celui-ci, qui, sans doute, n'avait jamais eu affaire à des Européens forts de leurs droits et souvent peu timides de leur nature, finit par comprendre que ses fins de non recevoir n'aboutissaient à rien et que ses ruses faisaient sourire. Il se prit sans doute à craindre que les menaces d'en appeler au préfet ne se réalisassent; il céda. Il promit l'élargissement des prisonniers, mais il y mit une condition. Le P. Seckinger devait se porter garant de leur retour au gré du sous-préfet pour entendre sa sentence.

Cette clause était dure; mais les Pères comprirent qu'elle n'avait aucune fâcheuse conséquence pour les chrétiens et qu'elle sauvait l'honneur du grand homme. L'écrit fut, séance tenante, rédigé et les détenus mis en liberté. Pauvres gens ! quand, déchaînés, ils apparurent aux regards, ils avaient l'air d'affreux mendiants décharnés, couverts de plaies, hideux ! En vérité, il avaient souffert un véritable martyre.

Nous avons entendu dire que, parmi eux, il y en avait un dont la réputation n'était rien moins qu'honorable, qu'il s'était faufilé dans nos rangs pour bénéficier de notre crédit.

Quand cela serait vrai et vrai de tout point, et quand même, dix fois encore, les missionnaires auraient été trompés par leurs catéchumènes et leurs catéchistes, ce qui à cette époque était moralement inévitable, puisqu'à la nôtre il serait naïf de croire qu'on ne puisse l'être, il n'en est pas moins vrai que les histoires de Kien-ping, de Ning-ko-fou, de Ning-kohien, de Ton-ngan, et toutes les autres qui trouveront place dans notre récit, sont de l'histoire, l'histoire de dures batailles, où le drapeau païen fait vilaine figure, où le drapeau du Christ trahi est toujours glorieux.

^■^P5ç^«!lrA-'^,.!^^4tj;-iJ^*tl««îS7'^s»îi

s^'tiiw- '*msffg^^'f^wm^ism?^s*^^ «m^i^v m '^w'^^ffu-iwi^t^pstig^ii^j^'i^gigNi^^^

Un pillage en règle

ijé^lJ;i1:j^.V^iî.■^■-■5l.~U^JÈÂ^%^5Ûi^^^ --.i.''. ,

ipiiiiwifli^p

PP^^^^tnpmif^pil

'^■'^■.';^rf^S7^^^

Page 1