‹ Chiromancie nouvelleChapitre 33 sur 200 · CHIROGNOMONIE · texte numérisé non relu

CHIROGNOMONIE

La chiromancie, nous le verrons tout à l'heure, est entièrement basée sur la kabbale ; elle a été trouvée peu à peu, et après des observations assidues et l'expérience de plusieurs siècles. C'est une science établie par un calcul.

La chirognomonie a jailli tout d'un coup sans précédent, ou du moins sans précédent connu.

Car il est hors de doute que toutes les sciences occultes ont été cultivées autrefois, puis perdues; mais elles sont restées inscrites dans la lumière astrale, et elles se révèlent intuitivement aux intelligences supérieures.

« Je ne réclame, dit M. d'Arpentigny dans sa préface, que l'honneur d'avoir le premier entrevu les plages fécondes de cette science nouvelle (et il ajoute aussitôt avec son admirable modestie) ou peut-être retrouvée. »

Anaxagoras, dit-on, voyait aussi des signes indicatifs des tendances de l'esprit dans les formes de la main.

Je demandais un jour à M. d'Arpentigny comment il avait trouvé son système :

« Par une inspiration divine, » me répondit-il.

Et, en effet, en parlant ainsi il était en parfait accord avec sa doctrine d'une part, puisqu'il a les doigts pointus, et de l'autre avec la magie, qui explique pourquoi les hommes aux doigts pointus sont sujets plus que d'autres aux inspirations divines.

Nous avons dit dans notre préface que le livre de xM. d'Arpentigny n'était pas assez clair; nous ajoutons ici que son livre n'est pas clair, parce que l'auteur a les doigts longs.

Les doigts longs annoncent l'amour des détails, la minutie.

A cause de ses doigts longs et comme pour fournir, par son exemple, une preuve à ce qu'il avance, il entre dans une foule de détails charmants, trop charmants, puisqu'ils font perdre de vue l'idée principale.

On oublie, en s'abandonnant à l'attrait de ses narrations, ce qu'il paraît souvent oublier lui-même : que son point de départ est l'étude de la chirognomonie.

Et, cependant, rien n'est plus vrai, rien n'est moins sujet à erreur que son système.

Depuis près de sept ans que nous en avons fait une application journalière et de tous les instants, nous ne l'avons jamais trouvé en défaut; il demande toutefois à être appuyé par la chiromancie, qui le développe et le commente.

M. d'Arpentigny est un homme de belles manières, ai-

mable, charmant, très-modeste. Peu disposé à se mettre en avant, il fait bon marché de sa découverte, et on lui en sait bon gré.

Pour tout le monde c'est le brillant, le spirituel capitaine, et rien de plus.

Un jour viendra où M. d'Arpentigny sera regardé comme un des hommes les plus utiles, et par conséquent les plus remarquables de son époque.

Yoici comment la lumière s'est faite :

Étant très-jeune, M. d'Arpentigny vivait en province et allait assez souvent à des réunions qui avaient lieu chez un riche seigneur de son voisinage.

Ce seigneur avait un grand amour pour les sciences exactes et pour la mécanique en particulier. Il recevait donc chez lui force géomètres et force mécaniciens.

Sa femme, au contraire (par l'immuable loi des contrastes), aimait passionnément les arts et ne recevait que des artistes.

Il résultait de cela que le mari avait son jour de réception, et la femme, le sien.

M. d'Arpentigny, qui n'était ni mécanicien ni artiste, et qui par conséquent ne portait pas de bannière, allait indistinctement aux soirées de la femme et du mari.

Il avait la main fort belle, en tirait un peu de vanité, et s'abandonnait avec une certaine complaisance à des comparaisons qui tournaient toujours à son avantage.

Il remarqua, par suite de son esprit d'analyse, que les doigts des arithméticiens et des manieurs de fer étaient noueux, tandis que ceux des artistes étaient lisses.

Ces deux sociétés semblaient avoir adopté deux espèces de mains toutes différentes, et cela sans exception.

Il fut frappé de ce singulier contraste ; il lui fallait d'autres preuves.

]1 se mit en recherche d'artistes, et trouva partout des doigts lisses.

Il parcourut les forges, les usines, il se mit en quête de. géomètres, d'arithméticiens ; il trouva partout des doigts noueux. Kt, à partir de ce jour, il divisa les hommes en deux catégories :

Celle des doigts lisses,

Et celle des doigts noueux.

Il reconnut chez les hommes à doigts lisses l'impressionnabilité, la spontanéité, l'intuition, l'inspiration momentanée qui remplace le calcul, le caprice, la faculté de juger à première vue, et conséquemment le goût des arts.

Chez les hommes à doigts noueux, au contraire, .il trouva la réflexion, l'ordre, l'aptitude aux chiffres, aux sciences exactes, comme la mécanique, l'agriculture, l'architecture, les ponts et chaussées, la navigation, tout ce qui demande enfin l'application de l'intelligence.

Convaincu sur un point, il ne voulut pas en rester là; il alla comparant, étudiant, interrogeant.

Toute forme de mains eut pour lui, dans sa variété, une signification qu'il n'accepta qu'à la longue. Après une quantité d'expériences assez nombreuses pour lui permettre la conviction, c'est-à-dire après trente années

d'études, il établit un système basé sur des faits et dédaigna d'en chercher les causes.

Et à quoi bon? Il n'y a pas de logique plus entraînante, plus irrésistible que le fait. On discute tout, excepté la preuve matérielle. Et cette preuve, M. d'Arpentigny la donnait tous les jours.

Nous chercherons l'explication de sa découverte là où nous trouvons la preuve de la chiromancie: dans la magie.

Et, par conséquence de la magie : dans les trois mondes.

Voilà pourquoi nous avons préalablement tant parlé des trois mondes.

Et nous nous trouverons parfaitement en rapport avec notre intelligent inventeur.

Nous commencerons par le pouce, qui résume tous les signes de la main.

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