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CE QU’UN GRAND PATRON PEUT FAIRE POUR SES ÉLÈVES

Heureux ceux qui ont été les élèves d’un grand patron. Le grand patron est souvent en butte aux critiques de gens qui, pour la plupart du temps, ne le connaissent pas, et sont malheureusement animés, pour juger son œuvre et son action, de plus d’envie et de jalousie que d’esprit de justice. Je retrouve à chaque pas de ma carrière l’action bienfaisante de mes deux grands patrons, Félix Guyon et Félix Terrier. A chaque instant leur main amicale m’a guidé, bien souvent sans que je m’en sois rendu compte sur le moment meme, et c’est parfois de longues années après que j’ai reconnu leur bienfaisante intervention, guidée par le seul désir d’aider ceux qui leur en paraissaient dignes.

Je me rappelle toujours avec émotion et reconnaissance la part que prit mon maître Guyon à ma nomination de chirurgien des hôpitaux, en 1903. J’étais, malheureusement pour moi, agrégé de chirurgie depuis deux ans, et les jurys, composés en grande partie de chirurgiens des hôpitaux non agrégés, n’aiment pas beaucoup voir se présenter devant eux des candidats pourvus de ce titre. Il vaut mieux être nommé aux hôpitaux d’abord, à l’agrégation ensuite. En tout cas j’avais eu comme question d’écrit « Articulation sacro-iliaque » et « Fractures du bassin ». Ma question d’anatomie était grêle. J’avais depuis longtemps et, heureusement pour moi, abandonné toute la préparation si stérile de ces questions d’anatomie, mais le jour du concours, cela faillit me jouer un très mauvais tour. Au contraire, pour la pathologie (fractures dsi bassin) j’avais une composition vraiment très bonne, car j’avais traité le sujet à mon cours à la Faculté. J’avais. lu la plupart des mémoires originaux et étudié de fort près toutes

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