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LES OPÉRATIONS POUR GOITRE

Us sont loin, les jours où Kocher, le grand chirurgien de Berne, ignorant, comme tous les chirurgiens de son époque, les fonctions du corps thyroïde, constate, après ablation totale de la glande, le développement, chez son jeune opéré, de tout le syndrome du myxœdème.

Ce triste résultat fournit aux physiologistes l’occasion d’entreprendre de longues et minutieuses recherches qui ont révélé le rôle véritable du corps thyroïde, avec les modalités de sa sécrétion interne, et aussi V existence des glandes parathyroïdes et leur importance vitale.

Aujourd’hui, la technique de la thyroïdectomie en a été transformée, et on a recours à cette opération non seulement pour les goitres simples, mais encore pour le goitre exophtalmique, considéré jusqu’alors comme une affection purement médicale.

La technique opératoire, pour les lésions du corps thyroïde, après avoir tâtonné, après avoir été insuffisante, vraiment étriquée, est devenue, grâce à des procédés très simples, aussi large et aussi bénigne qu’il était souhaitable ; par cela même, elle a été efficace, sans dépasser les limites permises.

Une notion nouvelle, capitale : la nécessité de déterminer le métabolisme basal, et grâce à cette détermination, la possibilité de discriminer les cas qu’il ne faut pas opérer de ceux qui deviennent opérables, après que le métabolisme a été ramené à des taux voisins de la normale.

Autrefois, pour enlever un goitre, on se contentait de faire sous anesthésie locale (le mode d’anesthésie n’a pas changé, quoique très perfectionné, car les anciens connaissaient en 1900 les risques de l’anesthésie générale dans les opérations sur le cou), autrefois, on se contentait de faire l’énucléation des noyaux, en laissant le corps thyroïde lui-même et, malheureusement aussi, les minuscules noyaux qu’il pouvait contenir, car on craignait la blessure du nerf-récurrent.

Aujourd’hui, qu’il s’agisse d’une opération pour goitre exophtalmique ou d’une opération pour goitre ordinaire, on enlève la glande dans sa presque totalité, sans se préoccuper de la lésion, en conservant simplement, dans chaque lobe, une bandelette postérieure, manoeuvre qui simplifie du tout au tout l’opération et évite tout risque au nerf récurrent, ou toute atteinte aux parathyroïdes.

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