DISPOSITION DES INSTRUMENTS DU CHIRURGIEN
DES PROGRES REALISES
cholédoque. On sectionne alors le cystique, on le tire d’arrière en avant, et on tend ainsi, on met en relief les vaisseaux de la vésicule : on les prend dans une pince, on les coupe et on les lie. La vésicule se laisse alors, par une douce traction, décoller d’arrière en avant, dans le bon plan de clivage, c’està-dire sans hémorragie et avec la plus grande facilité. C’est le même résultat, mais obtenu sans aucun traumatisme et sans aucun risque pour le cholédoque.
Comparez les opérations d’autrefois et d’aujourd’hui. C’est la même opération, ou plutôt c’est le même résultat, et cependant, c’est totalement différent.
GREFFONS NERVEUX
Autrefois, quand on se trouvait en présence d’une section nerveuse complète, on cherchait à rapprocher les deux bouts du nerf par une suture. Mais si la suture est faite tardivement, le névrome du bout supérieur, le gliome du bout inférieur empêchent le passage des cylindraxes, et les enseignements de la guerre de 1914 ont montré qu’il faut aviver assez largement et le bout supérieur et le bout inférieur, d’où un écart le plus souvent trop grand pour permettre la réunion bout à bout, et comme conséquence, la nécessité d’un greffon.
On a conseillé les greffons de nerfs de veau conservés (méthode de Nageotte), les greffons pris sur des rameaux sensitifs du blessé lui-même, des greffons prélevés sur des nerfs de chien vivant et anesthésié. En 193T, avec Ivan Bertrand, nous avons conseillé l’emploi de fragments de moelle de chat ou de lapin conservés d’une façon spéciale. Nous pensions être les premiers à avoir employé, chez l’homme, les greffons médullaires. C’était une erreur, car en 1890, un chirurgien anglais Mayo Robson (de Leeds) avait, avec succès, employé un fragment de moelle de lapin pour une perte de substance du médian.
Dans les sutures nerveuses, il y a encore bien des inconnues. J’ai revu, il y a quelques jours, une jeune femme que j’avais traitée il y a six ans, à la suite d’une section, par glace de parebrise, de tous les tissus de la face antérieure de l’avant-bras, au-dessus du poignet. La glace avait sectionné tous les tendons
fléchisseurs, les artères radiale et cubitale, ainsi que les- deux nerfs médian et cubital. Actuellement, tous les tendons fonctionnent, et tandis que la régénération sur le nerf cubital est parfaite, sur le nerf médian, l’échec est total. Cependant, les sutures sur les deux nerfs avaient été exécutées de la même manière, dans la même séance, par le même chirurgien : sur le nerf cubital, réussite ; sur le nerf médian, échec. Pourquoi : cela ?
Que de chapitres nouveaux dans la chirurgie : la chirurgie du poumon avec Sauerbrück (de Berlin) (thoracoplasties, lobectomies, pneumonectomies) ; la chirurgie du cerveau et de l’hypophyse, avec Harvey Cushing (de Baltimore) ; la chirurgie du sympathique avec Leriche (de Lyon) ; la chirurgie du cœur, avec Beck (de New- York) ; les arthroplasties avec Putti (de Bologne) ; les greffes osseuses avec Albee (de New- York).