MON SERVICE DE LA SALPÛTRIÎSRE
Je suis à la tête, depuis 1912, du beau service chirurgical de la Salpêtrière, service dirigé avant moi par le professeur Paul
UN SERVICE DE CHIRURGIE
Segond et transformé, en 1920, en Clinique chirurgicale de la Faculté. Quand je Fai pris, il était loin d’être aussi important. J’ai passé vingt ans à le. transformer, à l’agrandir, en y mettant toute l’énergie, toute la ténacité et tout l’esprit de persuasion dont je suis capable, sans m’être jamais impatienté un seul instant, car j’avais la foi dans la réussite et j’avais raison, puisque j’ai réussi.
Après avoir franchi la porte d’entrée monumentale de la Salpêtrière, et traversé une cour majestueuse aux superbes parterres de fleurs toujours parfaitement entretenus, on arrive, par un second porche passant sous le pavillon Lassay, à de nouveaux jardins fleuris, puis à une allée d’arbres centenaires qui mène jusqu’à la Clinique.
Dans le vestibule d’entrée de la Clinique, où donnent mon bureau particulier, celui de mes assistants, celui du chef du service de la radiologie et une salle d’attente pour les malades qui désirent spécialement nous voir, au milieu même de ce vestibule, une infirmière se lient en permanence, dans un bureau complètement vitré. C’est un dispositif de grande utilité, car le rôle de cette infirmière est de recevoir les visiteurs et de leur indiquer un grand vestiaire tout proche parfaitement organisé pour une centaine de personnes, où l’on revêt blouses et bottes de toile.
Ainsi, ceux qui pénètrent dans le service ne se trouvent pas dépaysés, comme cela se produit dans tant de services hospitaliers, aussi bien en France qu’à l’étranger. Les visiteurs sentent qu’on est désireux de faciliter leur visite, et de leur éviter toute perte de temps.
Dans sa cage de verre, l’infirmière a, assemblés autour d’elle, tous les appareils téléphoniques pour les liaisons, soit avec les différentes parties de mon service, soit avec tous les organismes de la Salpêtrière (hôpital qui compte cinq mille lits), soit avec l’extérieur.
De ce pavillon central, où est le vestibule d’entrée, un escalier à double révolution conduit directement à la bibliothèque qui est au premier étage et à la salle des conférences qui est au second étage. Il est logique que bibliothèque et salle des conférences soient logées dans ce pavillon central et ainsi très facilement accessibles aux visiteurs qui viennent s’instruire, sans être obligés de pénétrer dans l’intimité du service. Quand ils ont entendu une conférence ou consulté un périodique, ils peuvent repartir rapidement, sans avoir troublé, par leurs
allées et venues, les malades qui reposent dans les salles. C’est là, près de l’entrée et pas ailleurs, que devaient être logées la bibliothèque (c’est la bibliothèque Terrier) et la salle des conférences, et j’ai travaillé avec l’architecte, M. Prudhomme, pour les situer dans l’endroit optimum.
La bibliothèque compte plus de trois mille volumes. La salle des conférences peut contenir cent auditeurs.