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LES LABORATOIRES DE MA CLINIQUE

J’ai pu, au point de vue des laboratoires, réaliser ce que j’avais rêvé : un pavillon pas trop éloigné des salles d’opération et de la salle des conférences, où tous les laboratoires sont groupés, ce qui permet aux différents chercheurs de s’entr’aider et de collaborer.

Chaque laboratoire comprend deux pièces : l’une plus petite, consacrée au chef de laboratoire lui-même, et qui est son laboratoire particulier, où il travaille en paix et se livre à des recherches personnelles ; l’autre, plus grande, sert au personnel chargé du travail courant, et aux travailleurs qui veulent bien venir, dans mon service, chercher un enseigne-

ment spécialisé. Le but de chaque laboratoire est naturellement double : d’abord et avant tout, les analyses pré et postopératoires, indispensables pour une saine chirurgie, et ensuite les recherches de science pure.

Les laboratoires sont au nombre de six : anatomie pathologique, chimie, bactériologie, chirurgie expérimentale, photographie, et enfin un laboratoire très spécial et qui pourrait étonner dans un service de chirurgie, un laboratoire de biologie végétale.

Les laboratoires d’anatomie pathologique ont, à leur tête, le docteur Ivan Bertrand, mon ami, mon fidèle collaborateur, dont le nom est connu de tous les anatomo-pathologistes du monde et qui est aussi le collaborateur de mon collègue de médecine, le professeur Guillain. C’est grâce à sa présence que nous avons pu, Guillain et moi, demander au Conseil de la Faculté, qui nous l’a accordée, la création d’un Institut de neuro-biologie qui fonctionne depuis six ans, à l’exemple de ce que l’on a vu en Hollande pour la première fois, chez le professeur Brouwer. Les trois directeurs de cet Institut de neuro-biologie sont : le titulaire de la clinique médicale neurologique de la Salpêtrière (actuellement le professeur Guillain) ; le titulaire de la clinique chirurgicale de la Salpêtrière (actuellement le professeur A. Gosset) ; le directeur scientifique des laboratoires (actuellement Ivan Bertrand). Cette sorte de conseil, sous la présidence du Doyen de la Faculté, se complète par un quatrième membre, le chirurgien neurologue. Actuellement, c’est le docteur Petit-Dutaillis, agrégé de la Faculté, qui est chargé de ces fonctions. Il y a là un groupement très utile, comme il serait souhaitable d’en voir d’autres, et qui est organisé pour pouvoir travailler et publier.

Sous l’impulsion du docteur Ivan Bertrand, un laboratoire nouveau a été annexé à ceux qui existaient déjà, c’est le laboratoire pour les électro-encéphalogrammes. On sait que l’on peut enregistrer les potentiels cérébraux au moyen d’appareils amplificateurs à grande puissance. Grâce à une installation tout à fait satisfaisante, Ivan Bertrand, aidé de Madame Godet-Guillain et du docteur Grüner, peut enregistrer les encéphalogrammes de sujets sains et de malades, et il est en train de faire, dans ce domaine inconnu, des recherches qui paraissent de la plus haute valeur. Tout un monde nouveau est à explorer.

Le laboratoire d’hématologie, dirigé par mon ami le doc-

UN SERVICE DE CHIRURGIE

teur Rouché est consacré aux recherches sur le sang et à la transfusion. Son importance dans un service de chirurgie n’a pas besoin d’être démontrée. Dans ce laboratoire a travaillé, pendant quelques années, le docteur Hauduroy, aujourd’hui professeur à l’Université de Lausanne, qui a pu mener à bien d’importantes recherches sur la stérilisation en chirurgie et l’organisation des groupes opératoires en collaboration avec Jean Gosset.

Le laboratoire de chimie , dirigé par Madame Deîauney, docteur ès-sciences, élève de Gabriel Bertrand, est indispensable à tout service de chirurgie. D’intéressantes recherches, en particulier sur le glutathion, y ont été faites.

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