CHAPITRE VI
La plaie pénétrante de poitrine est un type de blessure bien plus fréquent que les plaies du cou. C’était, avant la guerre, une notion classique, que la grande bénignité des plaies de poitrine. On est un peu revenu de cette opinion, comme de beaucoup d’autres.
D’abord, bon nombre de cas sont très rapidement mortels par hémorragie broncho-pulmonaire et asphyxie ; ils n’ont même pas le temps d’arriver au poste de secours. Par contre, parmi les blessés de poitrine qui arrivent aux ambulances, on en voit bien peu mourir d’hémorragie pleuro-pulmonaire et on peut dire qu’un blessé qui ne meurt pas très rapidement d’hémorragie ou d’asphyxie a beaucoup de chances de guérir sans incident, s’il n’est pas emporté secondairement par des accidents d'infection.
Malheureusement, là comme ailleurs, l’infection constitue un très gros danger et les complications septiques des plaies pleuro-pulmonaires par armes de guerre m’ont paru, comme à beaucoup d’autres observateurs, bien plus graves et bien plus fréquentes que dans la pratique civile.
De telle sorte que dans les ambulances, aux indications thérapeutiques primitives, résultant de l’épanche-
ment sanguin au dehors ou dans la plèvre, du pneumothorax et parfois de l’emphysème, s’ajoutent souvent, à plus ou moins bref délai, des indications secondaires créées par l’apparition de complications septiques.