‹ Chirurgie d'ambulance; le premier traitement des blessures de guerreChapitre 26 sur 39 · II. — INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

II. — INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES SECONDAIRES

Que deviennent ces blessés du thorax ?

V La guérison sans opération. — Beaucoup guérissent sans incident et avec une surprenante rapidité. C’est le cas d’un grand nombre d’hémothorax ou d’hémopneumothorax fermés, à épanchement peu abondant, comme ceux que produit la balle de fusil.

Après trois ou quatre jours d’une fièvre aseptique légère, ne dépassant pas due à la résorption du

sang hémolysé, on constate la régression rapide des signes sthétoscopiques, et la guérison est établie en deux ou trois semaines.

D’autres blessés traînent davantage ; la fièvre ne tombe pas en quelques jours, la dyspnée persiste, l’épanchement ne se résorbe pas ou même augmente, sans que l’état général soit inquiétant. Il y a sans doute un peu d’infection, de réaction pleurale, au contact d’un épanchement légèrement infecté.

Dans ces cas dans lesquels, à la lin du premier septénaire, l’évolution vers la guérison ne se dessine pas franchement,, n’hésitez pas à pratiquer une thoracentèse . La crainte d’hémorragie par décompression pulmonaire est illusoire à ce moment. Une ponction évacuatrice d’un

demi-litre, de trois quarts de litre, de l’épanchement sanglant, mais non suppuré, qu’on répète s’il y a lieu au bout de quelques jours, est un excellent moyen de hâter la guérison et j’en ai constaté plus d’une fois TefFicacité et rinnocuité.

Je n’ai pas fait le relevé exact des plaies de poitrine, des blessures pleuro-pulmonaires, que j’ai observées dans les ambulances, mais je crois bien ne pas être loin de la vérité en affirmant que cette évolution favorable se montre dans les trois quarts des cas.

2^ Les complications septiques. — Dans le quatrième quart, elle est troublée par des complications septiques qui m’ont paru se présenter sous deux aspects cliniques bien différents.

a. Hémothorax suppuré. — Le type le mieux caractérisé, c’est la transformation purulente d'un hémothorax fermé. On s’en aperçoit aisément, quand on pratique, ainsi que je viens de le dire, la ponction d’un épanchement qui ne se résorbe pas, chez un blessé dont la fièvre du début persiste ou remonte. Au lieu de sang simplement hémolysé et sans odeur, le trocart ramène du sang couleur chocolat ou déjà nettement purulent et de mauvaise odeur. Il faut de suite pratiquer V opération de Vempyème au point déclive, c’est-à-dire dans le neuvième espace intercostal, sur la ligne axillaire postérieure et en réséquant une côte.

Le pronostic de ces hémothorax suppurés, incisés à temps, est assez favorable.

b. Septicémie pleur o-pulmonaire. — Il n’en va pas de même d’une autre forme d’infection pleurale que j’ai observée principalement à la suite des blessures par

CHIRURGIE d’ambulance

éclat d’obus avec ouverture large de la plèvre. Très vite, on voit s’écouler par la plaie, en grande abondance, du liquide souvent d’odeur infecte, et l’état général est très touché : pouls à 110 ou 120, faciès tiré, teint jaune, température à 40% conjonctives ictériques, grosse angoisse respiratoire.

La situation est ici fort inquiétante, d’autant plus que la pleurotomie au point déclive réussira rarement à enrayer la marche de cette véritable septicémie (ï origine pleurale et pulmonaire.

En somme, le traitement des plaies pleuro^piclmonaires, tel que je viens de l’exposer, ne réclame pas une chirurgie particulièrement active, puisque le plus souvent, tout doit se borner à immobiliser le blessé et à surveiller l’évolution de Thémothorax.

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