‹ Chirurgie de l'estomacChapitre 25 sur 36 · EXCLUSION DU PYLORE · texte numérisé non relu

EXCLUSION DU PYLORE

péritonéale en gùnéral. Il vaut mieux ne pas compter sur la nature, qui, à ce point de vue, fait souvent mal les choses et permet, trop fréquemment, la production d'un étranglement, là où on l'attend le moins.

Sans doute on arriverait plus simplement au même résultat, en fixant l'un à l'autre les deux moignons oblitérés de l'estomac, et en mettant un ou deux points de suture sur chaque ligament gastrique. Quénu (1) avait conseillé cette pratique, à la suite de la pylorectomie avec gastro-entérostomie, dans le but de consolider l'occlusion des deux bouts. Elle n'est pas à conseiller dans l'exclusion du pylore, un des plus grands avantages de l'exclusion d'un pylore dégénéré et fixé par de larges adhérences étant de rendre sa liberté d'action au segment de l'estomac encore susceptible de fonctionner et de le débarrasser des attaches pathologiques qui entravent sa motricité. Ce serait donc aller contre le but que l'on se propose, que de rendre à nouveau le segment libéré solidaire du segment immobilisé. Un simple voile épiploïque au contraire n'établit qu'une continuité toute de surface, que des rapports très lointains entre les deux tronçons de l'estomac (2).

Les exclusions pyloriques pratiquées sont encore trop peu nombreuses pour que nous puissions actuellement dire, d'une manièreprécise, quels en sont les résultats. Étant seule à même de mettre au repos la région ulcérée, l'exclusion serait, d'après ses partisans, indiquée dans les ulcères douloureux ou hémorrhagiques du pylore; elle diminuerait aussi les causes d'irritation des cancers de la région et, par là même, la rapidité de leur évolution. En pareil cas, pour Eiselsberg, l'exclusion protège, d'une part, le cancer contre l'infection venue de l'estomac, et de l'autre l'estomac contre les sécrétions, nuisibles à tous les points de vue, d'un cancer irrité. Isolant la partie fixée de l'estomac et rendant par suite àlaportion saine l'entière liberté de ses mouvements, elle facilite sa motricité (3), lui permettant de se contracter d'une manière utile sans avoir

(1) Quénu. Revnc dechbnirgic. Paris, 1893, p. 850.

(2) Chauvel. Loc. cit.

(3) Celle-ci se fait beaucoup mieux après la pylorectomie qu'après la simple gastro-entérostomie, parce qu'après l'ablation du pylore l'estomac reprend la liberté de ses mouvements.

MANum, oiMciiA-i'orrin 321

illutter avec; une portion adliûreuta qui résiste ii toute teiit.-illvi' ilr inoljilisation.

L'exclusion aurait encore, dans le cas do cancer, l'avantage île préserver la nouvelle bouche de la propagation du néoplasme ((^zerny).

Malgré tous ces avantages tliéori([ues, l'exiîlusion du pylore n'a été que rarement pratiquée. Elle allongiî l'opération nécessaire, la gastroentcrostomi(^ et pour cette seule raison est le j)lus souvent délaissée, l'opération étant fait(! chez des malades (li\jà affaiblis. Nous sommes peu tentés de la pratiquer dans les sténoses pyloriques un pi3U serrées, parce qu'elle expose à une accumulation des sécrétions au-dessus de la sténose, ces sécrétions ne pouvant se déverser ni par le pylore, rétréci quelquefois d'ime manière extrême, ni par la bouche gastro-intestinale, par le fait même de l'exclusion. C'est, croyons-nous, une opération à rejeter tout comme la fermeture et la réduction du bout inférieur de l'intestin conseillée par Madelung après l'établissement d'un anus iliaque pour cancer du rectum.

TERRIER ET HAUTSLiNN.

ClIAIMTni^] VIII

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