TRAITEMENT DES ULCÈRES PERFORÉS DE L ESTOMAC
Obs. XXXV. — Ulcère perfart de l'estomac. Cœîiotomie. Mort. — Lu nouiiiiù J. S..., âg6 de 49 ans, entre le 23 mai 1898, à l'hopilal Bicliat, salle Jaijavay, lit no 12.
La veille, il était en bonne santé. Le jour même de son entrée à l'hôpital, à 2 heures du matin, il a eu un vomissement alimentaire abondant, sans douleur. Il alla vider le vase dans lequel il avait recueilli les matières vomies, et en regagnant son lit, il ressentit tout à coup une douleur déchirante au niveau de la région épigastrique. Bientôt cette douleur irradia dans toule bipartie supérieure de l'abdomen, avec un maximum au niveau de l'épigastro.
Pas de vomissement dans le courant de la journée.
A 5 heures du soir, il entre salle Jarjavay.
Ce qui frappe surtout, lorsqu'on examine le malade, c'est son rythme respiratoire. La respiration est courte, très fréquente, à type supérieur. On compte ([uarante respirations par minute, avec de très grandes variations suivant le moment où on examine le malade.
Le ventre est légèrement ballonné, d'une sensibilité exquise à la pression, surtout dans la partie supérieure. Il est sonore dans toute son étendue, même au niveau du foie. La raatité hépatique normale fait place à une sonorité très marquée. On ne voit pas d'anses intestinales dessiner leurs contours à travers la paroi.
La langue est sèche, la parole entrecoupée, le pouls est petit, lent (72 à la niinule), irrégulier. Température, 37°, 5.
On sonde le malade et on retire 200 gr. d'urine claire. Depuis le matin, le malade n'a pas rendu de gaz, ni de matières par l'anus. Le toucher rectal montre l'existence d'hémorrhoïdes internes assez volumineuses.
Le malade répond assez difficilement aux questions qui lui sont posées. Il indique cependant que depuis [une dizaine d'années il a fréquemment des vomissements alimentaires qui surviennent vers les 2 à 3 heures du malin; Depuis un an, il se plaint de douleurs épigastriques exagérées par l'ingestion des aliments. Pas d'hématémèse.
En présence des commémoratifs, du début brusque avec douleur atroce, de l'absence de vomissements, de la sonorité hépatique, l'interne de la salle, M. Gosset, porte le diagnostic de perforation de rcstoniac, suite d'ulcère, avec péritonite suraiguë.
Le Df Hartmann voit le malade à 9 heures du soir, quatre heures après son arrivée, et confirme le diagnostic.
Opération, par M. Hartmann. — Le malade est endormi au chloroforme et placé sur le plan incliné.
Boutonnière médiane sous-ombilicale qui montre, après ouverture du péritoine, que les anses intestinales sont adhérentes à ce niveau à la face postérieure de la paroi. L'incision est prolongée en haut, dans une étendue de 12 centimètres. Il sort une grande quantité de gaz et de liquide stomacal avec mucus, renferniant des débris alimentaires, notamment une masse de haricots. Il y a, dans toute la portion sous-diaphragniatiqiie de l'abdomen, une véritable inondation périlonéale. Au dessous de l'ombilic les anses intestinales sont réunies par un exsudât adhésif.
L'estomac est attiré ; on voit le liquide jaillir en cpianlité de l'hypochondre gauche, et en remontant sur la face antérieure de l'estomac, on reconnaît avec le doigt une perforation à bords calleux assez large pour permettre l'introduction de la pulpe de l'index et siégeant à 1 eenliinètre au-dessous de la petite courbure et au voisinage du cardia.
Trois gros drains sont placés à ce niveau et ramenés au dehors, au niveau de la partie
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L'opùi'alioii il duré viiif^l-ciiiq iiiiiiid,(ts.
Une iiijeolioii soiis-ciiliinée de 500 ^r. do sériiin ai'tidcicl avait ùt6 faile avant l'opéi'alion, ainsi qn'iini! |)i(|rti'i! d(î ealïiine. Immédiatement après, nouvelle injection de 500 gr. de sénini.
Le malade meurt li; Ic.ndciMaiii iiKiLiii.
L'autopsie l'ait constater la présence de l'tilcère perforé an point déterminé pendant l'opération sur le vivant.
Si nous réunissons aux 78 opérations pour perforation aiguo d'ulcère, réunies par Weir et Footo (1), 78 cas rassemblés par Keen ot Tinker (2) et 13 autres qui avaient échappé à ces divers auteurs ou qui ont été publiés postérieurement à leur travail; nous arrivons à un total de 169 opérations, qui ont donné 89 morts et 80 guérisons, soit une mortalité de 52,5 p. 100.
Enlisant les observations, on voit que, d'une manière générale, l'intervention rapide, faite dans les douze premières heures, est celle qui a donné le plus de succès, comme le montre le tableau suivant :
TKMPS ÉGOULlS: POURCENTAGE