‹ Chirurgie de l'estomacChapitre 23 sur 101 · TROUBLES DE LA MOTILITE GASTRIQUE · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA MOTILITE GASTRIQUE

Le clapotage qui disparaît très vite après le repas chei l'homme sain, se prolonge au contraire pendant toute la période digestive chez les myosthéniques. On constate souvent que la limite inférieure de ce bruit atteint Tombilic et même le dépasse. Il ne faut d'ailleurs en conclure que Teslomac est pour cela dilaté, il peut être grand ou petit, mais ses variations de volume ne dépassent pas les variations physiologiques, par contre il est souvent abaissé ou en état de dislocation verticale.

Linsufflation permet de se rendre compte jusqu'à un certain point du degré de l'atonie, et même dans les cas difficiles on pourra avoir recours à la radioscopie gastrique suivant le procédé de Leven et Barbet.

La sonde introduite à jeun ne permet pas d'extraire des résidus alimentaires, dans Tectasie simple. Si l'on retire du liquide, il s'agit du suc gastrique ou du mucus sécrété pendant l'état de vacuité. Sans doute la période digestive est plus longue qu'à l'état normal et il peut arriver que le repas de midi ait à peine franchi le pylore au moment du repas du soir, mais Vestomac se vide toujours pendant la nuit,

Vexamen du suc gastrique après repas d'épreuve, ne nous donne ici que peu de rensignements, le chimisme est extrêmement variable, et la constatation de l'hypochlorhydrie, de l'hyperchlorhydrie ou même d'un chimisme normal, ne servira ni au diagnostic, ni au pronostic, ni au traitement.

Symptômes fonctionnels. — Certaines myosthénies*restent absolument latentes, et ne sont constatées qu'à l'occasion d'un trouble de la santé générale. Chez d'autres malades les symptômes ne se montrent qu'à certains moments après un écart de régime par exemple.

En effet, comme le fait remarquer Bouveret, l'estomac, est sinon malade, au moins débile, et incapable de suffire à un surcroît de travail momentané, et de temps à autre après un repas plus copieux, les malades accusent une sensation de plénitude à l'épigastre, accompagnée de quelques éructations ; dans certains cas même, un vomissement survient qui termine la

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CHIBUBIHB DB LESTOHAQ

iode de malaûes, cl le malade conserve toutes les appuies de la bonne sanlé. Cependant il reconoalL lui-même qa'il a 1 un estomac faible ».

Lorsque la myosthénie est prononcée, existe depuis longtemps el n'a pas été traitée dès le début, les symptômes sont beaucoup plus accusés. Le malade, le plus souvent qd nerveux, quelqueTois un arlhritifiue obèse {Soupault], sans grand appétit, souffle pendant toute la période digentive. Très bien portant quand il est à jeun, il est pris aussitôt après le repas de pesanteurs et de malaises épigastriques. entrecoupés dans certains oas de douleurs plus nigus, sous forme de crampes ou de brûlures. Les pbénomènes douloureux sont 'ïui'tout marqués après un repas copieux, et s'accompagnent, souvent d'éruc- ' .lions g.iîeuses sans qu'il y ait pour cela des fermentations 'gastriques. Peiidanl tout le temps que durent les pliénomènes, laladc est lourd et angoissé, incapable de loul travail

tellecl.uel, en proie à une envie continuelle de dormir. Dans les cas It'gers, ces malaises durent quelques heures, quelquefois ils se prolongent jusqu'au repas suivant, ou ne disparaissent que pour faire place à une sensation de vide et de tiraille-' gastrique, ou encore fausse faim, accompagnée de mal l'A la tête.

La constipation est la règle.

L'étal général est celui des névropathes, mais la myosthénie

elle seule ne provoque point de troubles sérieux de la santé

Marche et pronostlo. — L'atonie gastrique peut être pas- ' Bflgère, lorsqu'elle succède aune secousse nerveuse, àun trttu- . matisme, ou à uoe maladie infectieuse. Le plus .>!ouvent, c''est «ne maladie de longue durée, !i évolution lenle, qui d'après BocvKHKT. finit souvent, du moins quand elle n'est pas reconnue et traitée, par aboutir à l'eclasie vruie.

DiagnOBtio. — L'atonie gastrique peut être confondue, avec lu gaslro ptôse, la dislocution verticale el la dilatation. Dans la giulraplQse et la dislocation veHicale, la petite cour-

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bure est abaissée, de plus dans cette dernière affection le pylore est déyié en bas et en dedans au voisinage de rombilic, enfin, si dans la myosthénie, Testomac se laisse facilement distendre par la eharge interne que représente la masse alimentaire, l'augmentation de volume fait défaut en dehors de la période digestîve, il n*y a donc pas dilatation à proprement parler.

D'ailleurs, il n'y a jamais de rétention, tandis que dans Tectasie vraie, la rétention gastrique ne fait jamais défaut, le matin à jeun, Testomac contient encore des résidus alimentaires de la veille.

Traitement. — Le traitement est entièrement médical. Il s'adresse surtout à l'état général névropathique, et à la diététique gastrique. L'indication principale consiste à essayer d'augmenter la tonicité et la contractilité gastrique, soit à l'aide des médicaments dont l'action est douteuse, soit plutôt à l'aide du massage local et de l'électrisation. Les alcalins et le bicarbonate de soude en particulier agit indirectement, en hâtant, comme la bien montré Binet dans sa thèse, l'évacuation gastrique.

J'ai vu un grand nombre de ces malades qui réclamaient une inlervention chirurgicale. J'ai même pratiqué, il y a une douzaine d'années, deux gastro-entérostomies dans ces cas, elles ne m'ont donné aucun résultat thérapeutique; dès mes premières publications de chirurgie gastrique, j'ai signalé ces faits. Depuis lors, j'ai toujours vu un régime, une hygiène et le port d'une ceinture soulager presque toujours les myosthéniques.

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