PLAIES PAR ARMES BLANCHES
Lans les plaies pénétrantes de l'abdomen, c'est de loutes les parties du tube iligeslif l'estomac qui se trouve le moins 1 souvent atteiiU. Sa situation élevée et profonde derrière la I paroi thorauique et le diaphragme explique ce privilège. Les f plaies par baïonnettes étant beaucoup moins fréquentes à I l'heure actuelle où les corps à corps sont devenus une ' rareté, il reste pour principale cause de plaies de l'estomac, les letitatives de crimB ou de suicide, où le coup dirigé vers la région précordiale, a été porté un peu bas et a lésé la grosse tubérosité. J'ai remarqué à cet égard combien les plaies de l'estomac étaient fréquentes dans les cas de suicide chez les femmes. Elles visent toujours trop bas, là oii elles disent ; s j'aime «, c'està-dire au-dessous du sein gauche en pleine région de la grosse tubérosité de l'estomac. Cependant l'estomac pouvant être perforé en même temps que l'intestin, par un coup de couteau porté de bas en haut, la rate ou le foie peuvent éf^alement être intéressés. On comprend dans ce cas combien le diagnostic peut èlre diriicile. Nous n'aurons en vue dans notre description que les plaies intéressant l'estomac.
Anatomiâ patholo^que. — La nature des plaies est un peu différente selon la forme de l'instrument qui a produit la blessure; cependant pour la commodité de la description, nous étudierons les plaies stomacales en les divisant en trois groupes :
1" Plaies produites par des instruments piquants relativement volumineux;
2" Plaies produites par des instruments piquants et ^anchants ;
3° Plaies produites par des instruments tranchauls.
Les plaies par instrumenls piquants sont en général peu graves, l'instrument pénétrant les parois sans déchirer les tuniques en les ëcarlanl pour ainsi dire. Les libres musculaires
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di lacérées sont en très petit nombre et la contraction des fibres voisines suffit pour fermer la plaie, qui guérirait facilement si les parois stomacales n'étaient pas malades antérieurement. La direction longitudinale, circulaire et oblique des fibres musculaires de l'estomac permet donc d'attacher peu d'importance à la direction de la plaie, à rencontre de ce qui existe pour les plaies de l'intestin.
L'intrication des fibres musculaires stomacales prend encore plus d'importance lorsqu'il s'agit d'une plaie faite par un instrument piquant et tranchant, par une pointe d'épée, par exemple. Les lésions sont plus profondes, le nombre des fibres musculaires divisées est plus grand et souvent il y a un écartement des bords de la plaie. Ou bien la contraction des fibres musculaires dans leurs différents sens ferme la plaie, ou bien la muqueuse lâchement unie aux plans sous-jacents, vient faire hernie à travers l'ouverture et fait l'occlusion de la plaie que n'ont pu fermer les tuniques musculaires de l'estomac, ou bien encore l'ouverture est trop grande pour permettre aux fibres musculaires et à la muqueuse, d'empêcher les liquides stomacaux de couler dans la cavité péritonéale.
Ottis rapporte deux cas de blessures mortelles de l'estomac par coup de baïonnettes anciennes : l'une par péritonite, l'autre par hémorragie d'une branche de l'artère gastro-épiploïque droite; de même le rapport allemand sur la guerre de 4870-1871, donne un autre cas de plaie mortelle de l'estomac par hémorragie sans doute de la coronaire stomachique.
Les piqûres de l'estomac par baïonnette Lebel (instrument piquant relativement mousse et étroit) paraissent peu graves. Chez un blessé, Delokme admet que la baïonnette a pénétré en plein dans l'estomac ; ce blessé néanmoins guérit sans accident, sans avoir reçu de soins médicaux. Chez un blessé de Benoit la baïonnette pénètre dans la région lombaire droite et sort à 2 centimètres au-dessous de l'appendice typhoïde ayant parcouru 21 centimètres dans une région comprise par le foie, l'intestin grêle, le côlon transverse et l'estomac : guérison rapide après quelques symptômes de lésions hépatiques.