SYPHILIS
médecine. Dieulafoy, ta même année, consacre à la question une de ses cliniques, et enfin tout récemment Hayem en rapporte plusieurs cas remarquables, suivis deux fois de gastrectomie partielle, avec examen anatomo-pathologique complet de la pièce.
Anatomie pathologique. — Chiari a examiné systématiquement l'estomac de 243 sujets syphilitiques. Il s'agissait 145 fois de syphilis héréditaire et 98 fois de syphilis acquise. La proportion des lésions spécifiques était "de 1,3 p. 100 dans la syphilis héréditaire et de 1,02 dans la syphilis acquise.
Les lésions présentent les caractères ordinaires des lésions syphilitiques viscérales, c'estrà-dire ulcération, gomme circonscrite, ou syphilome diffus.
Vulcération peut avoir tous les caractères de l'ulcère rond, et ce n'est que la constatation de lésions spécifiques de voisinage qui fait faire le diagnostic microscopique (cas de MurchisoN, de Fioupe).
Quelquefois au contraire, elle renferme encore de la matière gommeuse, ou présente nettement le type de l'ulcération gommeuse, avec les bords épaissis, surplombants, et le fond recouvert d'une masse gélatineuse jaune molle.
Les dimensions de l'ulcère peuvent être considérables. Il s'étendait du cardia au pylore dans un cas de Gapozzi. On peut trouver à la fois un ulcère syphilitique en évoluion à côté d'une cicatrice; le fait a été vu par Weichselbaum à l'autopsie d'un homme de vingt-cinq ans, mort d'érysipèle de la face. L'ulcération peut aboutir à la perforation (observation de Frankel, deKuzMiK^).
* KûzMiK, récemment, a rapporté un cas curieux de fistule gastropariétale spontanée, due à une lésion syij^îilitique de restomac observée chez une femme de vingt et un ans qui au cours d'une grossesse, vit se développer dans la moitié gauche de l'épigastre une tumeur indolente, grossissant progressivement; la peau rougit à ce niveau. Au huitième mois la grossesse se termina par un accouchement avant terme : l'enfant mourut au bout de quinze jours. Peu après la tumeur épigastrique se perfora et il s'écoula au dehors un peu do liquide aqueux ; rapidement la petite perforation primitive
Ouanl à l'étude histologiqiio de Tulcfre syphilitique, elle est encore incomplète. Les auteurs semblent iivoir IroUïé Jua» tous les cas des ulcérattous à basegammeuse, et on ne pandt < pas avoir décrit d'ulcère stomacal dil simplement à une arté- ] rite étendue.
Les i/onimes forment des tuméfactLons arrondies, circonscrites, sous'mnqueuses, faisant saillie à l'intérieur de l'estomac; ordinairement m.nltiples, elles soBt recouvertes d'uoe mo.qneuse épaissie, lisse et brillante; elles siègent sartout ta ' long de la petite courbure et dans la région pyloriqœ. U en j était ainsi dans l'observation de Cornil. où trois gommes delà 1 petite courbure, coïncidaient avec desgommesdu foie à diverses périodes d'évolution ; les ganglions de la petite courbure élaient dans ce cas tuméfiés et indurés, adhéraient à l'estomac et au tissu conjonclif voisin.
La structure histologique de la gomme elle-même est eelte des lésions syphilitiques de même ordre.
Le syphitome a été décrit récemment par M. Baysh d'une façon complète à propos de deus pièces opératoires qu'il a eu l'occasion d'observer. Sans un premier cas il s'agissait d'une infiltration plastique de la région pyloro-duodéoale. I ajant l'aspect de la linite, s'étendant de la face péritonéale vers la muqueuse, La partie externe de la pièce était fliée par des adhérences solides aux organes voisins, surtout à la vésicule biliaire. Au microscope on constatait une inGltratioD flbro'ide ayant envahi surtout les couches externes de l'esto-
t'agrandit et atteignit les dimeDSious d'uue pièce d'un mark, e^ les aliments comiuenciirent k sortir par cette pcrforatiou. Au momeot de son CDtriie it la clinique chirurgicale de Buda-Pcsth, on trouvait au niveau de l'épigastre une pertu de Eubstance Rrando comuie la paUTnedelBniitîn, à bords durs, rougeâ.tres, A, fond sanieux, verd&tre, déprimé en entonnoir : toul à lait au tond de l'entonnoir, on apefr eevait une fistule par où s'écoulât le suc gastrique et lus atiiacnU. Le doigt introduit dans l'estomac par la Tistuleoe periiii>t1uil de sentir aucune ulcémlion, aucuuu tumeur. X cause ûe laspuct de l'nlcératlon et des fausses couches de la malade, on comiueni;a le trailemunt mercuriel (rrictions). Au bout de *S frictions, J'ulccraliou était cicatilsée et la paroi abdominale Bouplu à son niveau. Ljj fistule persistait cependant.
mac et renfermant des nodnles qui ne pouvaient être que de petites gommes. Dans ane deuiLiéRiG observation le chirurgien enleva une tumeur Formant une sorte d'Épaississemeat en plateau dilTus occupant presque luiiLe la région pylorique. La muqueuse soulevée par places par de larges mamelons et abrasée dans une grande étendue présentait une sorte d'esulcératioD irréguli^re abords festonnés, à fond légèrement craquelé et occupant près de la moitié de la surface entière de la pièce . A la coupe le plateau d'épaississemeut était constitué par une intlUration plastique de la paroi musculaire d'où partaient des bandes fibreuses se dirigeant du côte pylorique et du côté stomacal. L'examen histologique montrait ua tissu conjonctif adulte, vasculaire, un peu œdémateui avec des nodules pcri- Vttsculaires discrets. Dans le tissu musculaire il existait des traînées lymphatiques p é ri vascul aires. I! n'y avait pas d'artërite. Un grand nombre de nodules semblait adhérer k la paroi externe des vaisseaux.
BmcH IIiiiscBi'Ei.o a rapporté plusieurs cas h peu près semblables d'infiltration gommeuse, notamment chez un nouveauné atteint de syphilides cutanées et de nodules gommeux du foie.
Dans un cas qui m'est personnel il s'agissait d'uu nègre syphilitique chei lequel l'obstruction pylorique était constituée par une inTiltration cylindro-conique rappelant la linite mais pies élastique, plus volumineuse.
Symptômes. — En dehors dos signes de dyspepsie qui accompagneut le début de la syphilis, et qui sont peut-être dus au traitement médicamenteus;, autant qu'à la maladie, les signes de la syphilis gastrique sont quelquefois ceux d'une gastrite banale, mais bien plus souvent ceux, de l'ulcère ou du caacer.
Le malade de DiEULiPOT présentait au complet le syndrome de l'ulous simplex : vives douleurs stomacales s'eiagérant pendant la digestion, localisation des douleurs xyphoïdienue et rachidienne, intolérance gastritjne, vomissements alimentaires, hémalémèses, rien n'y manquait. Et ce n'est que devant l'échec
186 CHIRURGIE DE l'eSTOMAC ET DE l'iNTESTIN
d'une médication ordinaire bien conduite, et la constatation d'une cicatrice caractéristique, qu'on fît à FHôtel-Dieu le diagnostic, qui fut d'ailleurs confirmé par le traitement d'une façon éclatante.
Le malade de Rosanow présentait depuis huit ans les symptômes de l'ulcère., même les crises gastralgiques et les hématémèses, quand il fut guéri par le traitement.
Quelquefois même sans signes prodromiques, c'est une hématémèse abondante qui ouvre la scène. Il en était ainsi chez les deux malades de Fournier et chez un malade de Hayem. L'hémorragie peut même être foudroyante et entraîner la mort (Murchison).
Dans d'autres cas la maladie prend les allures du cancer. Les malades, atteints de troubles gastriques et d'anorexie, s'affaiblissent et pâlissent. La palpationde l'estomac ne révèle quelquefois aucune modification, ou au contraire on trouve une induration diffuse ou une tumeur localisée. Le syndrome pylorique peut exister au complet, et on croit au cancer. Le malade de Dubuc présentait à la région épigastrique une large plaque indurée avec saillie du volume d'un œuf de pigeon accompagnée d'une douleur vague de la région et de troubles digestifs marqués. 11 guérit complètement avec le traitement. La malade de Gornil avait perdu ses forces ; elle était pâle, sans appétit, digérait mal et vomissait souvent. Les malades de M. Havem présentaient si bien les signes de la sténose qu'il les fit opérer; chez l'un on trouvait dans la région sous-hépatique une. sorte de plastron répondant assez bien à la vésicule biliaire, et on avait fait le diagnostic de sténose d'origine hépatique ; chez l'autre on porta le diagnostic de sténose cancéreuse, on ne sentait rien à la palpation.
Diagnostic. — Gomme on le voit la syphilis gastrique n'a pas de symptômes cliniciues bien définis et peut simuler les autres gastropathies. Gomme c'est en outre une maladie rare, le clinicien n'y pense presque jamais.
Aussi il est une notion qui doit toujours être présente à l'esprit, c'est queu face d'un malade atteint d'une affection orga-