‹ Chirurgie de l'estomacChapitre 41 sur 101 · HUITIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

HUITIÈME PARTIE

Définition. — Historique. — L'ulcère de l'estomac est caractérisé :

Cliaiquement par la triade symptomatique suivante : douleur xypho-rachidienne, vomissements, hémorragies.

Anatomiquemeat par une perte de substance à point de départ dans la muqueuse, envahissant les autres tuniques de l'estomac, non creusée aux dépens d'un néoplasme et ne contenant pas dans ses parois de microorganisme spécifique.

ÉtiologiquemerU par l'absence de causes immédiates ou de causes générales.

Reprenons quelques parties de cette définition pour en préciser la signification : « A point de départ muqueux » élimine les affections qui perforent l'organe de dehors en dedans (Hayem a décrit cependant l'ulcère perforant externe, creu.sant de dehors en dedans, variété rare). « Non creusée aux dépens d'un néoplasme » élimine toutes les tumeurs. « Etiologiquement par l'absence de causes immédiates évidentes ou de causes générales » élimine les ulcérations des brûlés, des nourrissons, la tuberculose, la syphilis, etc.

Ghirurgicalement nous avons à combattre les saignements, la perforation, la rétraction cicatricielle, les sténoses, etc., toutes complications qui sont engendrées par l'ulcère tel que nous l'avons défini.

Un nom domine tous les autres dans l'hisloire de cette affection, c'est celui de CnirvEELHiER qui, en 1830, en donne la description, la sépare du cancer, confirme ses premières publications en 1835, et en 1836 publie un mémoire définitif. Presque à côté de lui il faut placer Kdkitanskï qui n'a publié ie résultat de ses observations qu'en 1839 et après eux Baikton dont l'étude sur les causes, les symptômes et le traitement de l'ulcère, parue en 1837, est demeurée classique, Ghirurgicalcment, les noms de B-llroth, RvnïoiEH, Mickflicz doivent être inscrits au premier rang.

CiuivBLLHiER décrivait cette affection sous le nom d'ulcire simple, RoKiTASSKY sous celui i'uleëte perforant, Nibmeykh sous celui d'ulcère ruiul; on l'a appelé aussi ulcère chronique, ulcère peptique, etc. Aucun de ces caractèresn'êlantconstant, il est préférable de s'en tenir simplement au terme d'ulcère de l'estomac qui. ne préjuge rien ni de sa nature, ni de sa forme, ni des accidents qu'il provoque.

ANATOMIE fATHOLOGHJtJE

L'ulcère n'est pas spécial à i'estomac, mais peut occuper aussi la partie inférieure de l'œsophage, la première partie du duodénum et du Jéjunum, ce que les- partisans de la théorie de l'auto-di gestion ont résumé en disant: la zone iti tube digestif qui se imuve en contact avec le suc gastrique.

Il peut se présenter sous deux, formes. Tantôt il a eu une marche aiguc, a tué rapidement par hémorragie ou perforation : on peut dans ces conditions surprendre l'ulcère à t'état jeune. Le plus souvent le malade souffre depuis plusieurs années; des épisodes plus ou moins graves ont révélé son affection, et quand il meurt la lésion est constituée depuis longtemps ou même cicatrisée : c'est là ce qu'il est donné de voir le plus fréquemment.

A côl.ê de ces deux formes, il convient de faire une place aux ^('osions et aux exulcérrttions d'origine parfois inconnue, de symptômes souvent légers ou nuls, mais qui peuvent se révéler par des hémorragiea abondantes et même mortelles.

Leur évolution, leur avenir nous sont inconnus ; constituentelles une lésion autonome, ne sont-elles que le début d uii ulcère vrai ? Nous l'ignorons, bien que des auteurs autorisés soutiennent cette vraisemblable hypothèse. Devons-nous les décrire avec Tulcère? Sans doute, en l'état- actuel de nos connaissances, toute classification absolue risque d'être arbitraire et transitoire. Mais chirurgicalementj la division suivante peut être proposée : tantôt un individu qui semble jouir d'une santé excellente rend brusquement en peu d'heures ou en quelques jours, 300 grammes, 500 grammes, 1 litre de sang. On opère et au lieu de l'ulcère qu'on croyait rencontrer, on ne trouve qu'une érosion gastrique de profondeur insignifiante. Tantôt, au contraire, les hématémèses ne sont qu'un épiphénomène, au milieu de symptômeis antérieurs et prédominants, telles sont les gastrorragies qu'on observe dans la phtisie, dans Vurémie, dans les maladies infectieuseSy dans les brûlures étendues. Ainsi, tantôt ïhémorragie constitue toute Vaffection et détermine à elle seule les indications thérapeutiques ; tantôt, au contraire, la connaissance certaine des conditions étiologiques , la coïncidence ou la préexistence d'un grave état morbide en relation manifeste avec les hématémèses qu'il détermine, dominent la scène, commandent le traitement; l'hémorragie reste au second plan. Conformément à notre définition, nous décrirons avec l'ulcère, l'érosion idiopathique, essentielle pourrait-on dire, en empruntant la langue chère aux anciens auteurs, puisque nous en ignorons la cause immédiate ou lointaine ; et nous laisserons de côté, les érosions secondaires à une maladie générale ou à un autre état pathologique. A vrai dire la distinction n'est pas toujours si nettement tranchée que l'exige une division nécessairement un peu schématique pour la commodité de l'étude; elle comprend cependant la majorité des faits observés, un certain nombre formant par leurs symptômes et leurs lésions, la transition, la chaîne entre les deux groupes moins nettement séparés dans la réalité. Le type du premier groupe est Vexulcération simple de Dieulafoy ; c'est la seule même que nous connaissions bien.

Sma décrirons d(»c t'exolcénlion sbitple. l'ulcin t^o, ra!e«re chronique.

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