PATHOGÉNIE
Bien que ce chapitre paraisse esnenlielicmcnt médical, il doit prendre place ici. Nous devons mettre tous les renseignements que comporte un cas chirurgical à la disposition de ceux qui Dous liront. Et il nous parait vraiment indispensable à un chirurgien de savoir les causes probables de la lésion qu'il doit traiter; comment sans cela pourrait-il parler de traitement radical. Si ou supprimait ces notions de pathologie nous sp.rions réduits au râle peu enviable d'opérateurs,
II est bien entendu d'abord que nous éliminons les ulcères de la tuberculose et de la syphilis, ces deux maladies donnant il est vrai des lésions capables de s'ulcérer mais que leur étîologie, leurBpé(;ilicité sépareat nettement de l'ulcère simple- Là genèse de ce dernier est encore obscure bien que nous ayioos fait quelques progrès depuis le moment oh Iialluhd écrivait sa thèse resti^e classique.
Voici les principales tbéoiies dans leur ordre de naiS'' sance :
4" TuÉoiiiK DK LA (USTKCTE. — Elle a l'illustre parrainag» de Cj<uvkii.hikii qui considérait l'ulcère comme la conséquence de l'iullammation ulcéreuse et l'aboutissant d'érosions folliculaires. Elle a rei;u une conlirraalion nouvelle des examens de Lavbhan et G4LLIARD : dans le tissu muqueux sous-glandulaire s'accumulent des cellules embi^onnaires qui fusant entre les glandes arrivent jusque aoas l'épithélium de revêtement, le détmisent, s'évacuent dans Testomac, laissant à leur place une petite cavité qui s'agrandira sous l'attaque du suc gastrique jusiju'à devenir un véritable ulcère. Ainsi, gastrite interstitielle et ulcéreuse permettant l'auto-digestion, voilà selon Galliahu les deux grands facteurs de l'ulcère ; mais on objecte
que la gastrite interstilielle n'est pas constante puisque Hayem et Lros notent seulement deux fois sur huit de la gastrite, non pas interstitielle mais parenchymateuse.
2° Théories des troubles vasculaires. — On peut négliger le rôle de la stase veineuse invoquée par Roketanskt et Vihchow capable de produire des érosions banales mais non un véritable ulcère. L'embolie et la thrombose auraient plus d'importance. CoRNiL et ItAsviER n'out-îls pas décrit d'ailleurs, dans un même ordre d'idées, au voisinage des ulcères, du rétrécissement et de l'alhérome des artérioles. Les expériences de Pasi'u, de Pavï, ont mis hors de doute rindueoce de l'arrêt de la circulation artérielle sur la production de lésions ulcéreuses. Seulement il y a une différence considérable entre ces zones mortlHées qu'on détermine expérimentaleinent en quelques heures ou quelques jours et l'ulcère simple dont l'aspecl et l'évolution sont caractérisliques.
Il est inutile de discuter Tliypothése du spusnie des petites artères (Elebs).
3" Théorie des dtscrasies sasguines. — Pas plus que les lésions vasculaires inconstantes ou insuffisantes, lesaUérations du sang ne suffisent à produire l'ulcère. Pavy invoque la diminution de l'alcalinité du sang qui baigne normalement la paroi digestive. Von Suhj.ehn, Sllbehman, attribuent de l'importance à la constitution chimique du globule sanguin, Qcikckb et Daettwïleb, Wilson attirent l'attention sur l'influence de l'auêmie.
L'objection commune c'est que si intéressantes que soient Ips relations de l'anémie et de l'ulcère, ces théories font état conditions trop rarement réalisées.
V Thèobibs NEBVBUSBS. — Comme dans le poumon on sur la [ilÈvre, les lésions du système nerveux central amèneut des hémorragies de la muqueuse gastrique (Schif»', Bbows-Seouaho Chaucot), mais il ne s'agit pas là d'ulcères. Les lésions des MTfs périphériques splanchnique et pneumogastrique ont ivoqué entre les mains de Hiccardo della Vedova, de
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CHtniTRBIB DE LESTOIUC
AN Yjzkre\ des ulcérations à marche leste, : l'tenUance à la guârison. Malheureusement ces expériences I récentes manquent du contrôle des années, et on ne peut por- |, ter sur elles un jugement dérinitif.
Cliniquenient Gilles ue laToubette arattachél'ulcère simple l de l'estomac à l'hystérie qui déterminerait sur cet organe te ailleurs des lësioDs trophiquea ; cette hypothèse accep- I table en certains cas est Évidemment impuissante à les expli- I quer tous ,
5° Théorie dk l'inpbction. — Émise il y a près de trente ans I par BoTTCHER, elle a trouvé en Letulle un défenseur auto- ': qui l'a reprise et transformée et elle a reçu dans ces ["dernières années la consécration clinique et expérimentale. Il r est certain que des ulcérations stomacales ont été rencontrées ours des alTectians les plus diverses : pemphigus, dysenhterie, pyohémie, puerpéralilé, scarlatine, purpura, abcès cervical, angine gangreneuse ou diphtérique, affections septiques des voies génitales, urinaires, biliaires, broncho-pulmonaires I etc., etc. Letulle démontre que les micro organisme s eraprao- 1 tent la voie vasculaire pour arriver jusqu'à la muqueuse et il l reproduit expérimentalement, par inoculation de staphylot coques, des ecchymoses digestives. Des lésions semblables et I plus étendues ont été obtenues d'une fa(;on anologue par ' Chantbmesse et WmiL, par Charrin, par Wchtï et Leudri, Ekhiol'ek et Hallion. par Besançon et liniFFO». En somme l'infection spontanée ou expérimentale pRUt produire sur lu muqueuse stomacale de simples ecchymoses ou ëroeions, plus rarement de grandes pertes de substance, et, notion ■ du plus haut intérêt, l'hypoacidité du suc gastrique et la stase k favorisent la production de ces lésions. Comment agissent les [ bactéries? Parfois en oblitérant les vaisseaux; bien plus sou- I Tenl par action directe nécrosante de leurs toxines sur les éléments cellulaires; en un mot, bien plus souvent par loxi- L himie que par baccilhémie.
Cette théorie, riche de tant de faits cliniques et expérimentaux explique bien les ulcérations stomacales aiguus, elle est