EVOLUTION. — DUREE. — TERMINAISON. — PRONOSTIC
L'évolution de l'ulcère de l'estomac est variable ; il y a des ulcères aigus, ceux-là même qui sont si redoutables par l'hémorragie ou la perforation, que ces accidents surviennent d'emblée, ou qu'ils soient précédés pendant « quelques jours ou quelques semaines de phénomènes analogues à ceux de la gastrite toxique, douleurs vives, vomissements incessants, prostration, fièvre vive » (Hayem et Lion). En général la marche de l'ulcère est chronique, mais fort irrégulière, car après des périodes bruyantes, il reste silencieux pendant des mois, des années et recommence à évoluer alors qu'il semblait guéri. D'après Dieulafoy, la durée moyenne serait de deux ans, mais Brixton en a vu qui duraient trente à trente-cinq ans avec de longues périodes de rémission. Nous-mêmes nous avons observé des ulcères vieux de plus de dix ans et dont le diagnostic ne peut être mis en doute, puisqu'il fut vérifié par l'autopsie. En définitive l'ulcère peut guérir et guérit souvent en effet, mais il peut tout aussi bien entraîner la mort soit par ses progrès même (hémorragie, perforation), soit qu'il aboutisse à une complication, soit qu'il prédispose le malade à une maladie intercurrente telle que la tuberculose.
Leube estime la mortalité à 5 p. 100 seulement, Lehert à 8 p. 100, pour Brinïon, elle atteindrait 50 p. 100. C'est également l'avis de Dehovk et Uémond qui apprécient ainsi qu'il suit l'avenir de 100 ulcères gastriques :
Cures parfaites, îiO ;
Perforations et péritonites, 13 ;
Ilémalénièses foudroyantes, 5 ;
ULCÈRE i^
Tuberculose pulmonaire, 20 ;
luanition, 5 ;
Différentes complications, 7.
D'après Greencagh et Joslin, la mortalité générale serait de 30 p. 100 chez l'homme et seulement de 9 p. 100 chez la femme.
Malgré les divergences des statistiques, il est certain qu'une maladie qui tue le 1/4 ou le 1/3 de ceux qui en sont affectés, qui est sujette aux récidives, dont les terribles surprises déjouent les prévisions favorables comporte un pronostic très sérieux.