NEUVIÈME PARTIE
Étiologie. — Nous ignorons encore la vraie raison d'être du cancer de Testomac. Notre connaissance à ce sujet ne va pas au delà de certaines conditions d'âge, de sexe, etc., qui jouent simplement le rôle de causes prédisposantes. On sait, par exemple, que Vhérédité intervient pour une certaine part dans son apparition, mais il faut se garder d'exagérer son importance, soit qu'on trouve dans les antécédents du malade un cancer de l'estomac, soit qu'il s'agisse d'un cancer d'un autre organe. L'âge est un facteur étiologique des plus importants. C'est ainsi que, rare avant trente ans, exceptionnel même, puisque les tumeurs de cette période ne sont signalées que dans la proportion de 1 sur 100 (Lebert, M. Mathieu), le cancer de l'estomac s'observe surtout de quarante à soixante ans et devient exceptionnel après soixante-dix ans. Il est aussi plus fréquent chez V homme que chez la femme. Le rôle d'autres conditions, invoquées souvent comme favorisant l'évolution du cancer, est à mettre en doute : telles la situation géographique de l'habitat, les conditions sociales, l'hygiène alimentaire, les influences morales, les traumatismes.
Dans quelle mesure les affections préexistantes de Vestomac favorisent-elles la survenue du cancer ? C'est là un problème délicat à résoudre, étant donnée la fréquence des troubles gastriques. Il est certain qu'en étudiant le passé des sujets atteints de carcinome de Testomac, on y trouve souvent le
CHIBUHSIS DE
l.*ISTOIUG
souvenir de désordres de la digestion d'imporlance tariabie. MM. Haveh et Lios ne doiileot pas que le cancer se développe .vent dans le cours de gastrites chroniques et plus spécialeat de gastrites chroniques avec transformation muqueuse, L'ulcérc de l'estontac tient une place à part dans rêtiologle da I cancer. Des faits cliniques nettement établis, des observaliona f h isto logiques patentes. proTirent que le cancer se développe ' assex souvent, soit sur la cj-calrice d'un ulcère guéri, et guéri parfois depuis de longues années, soit sur un ulcère en pleine évolution . Suivant les statistiques le néoplasme succéderait à ■ère dans des proportions variant de 5 à ?2 p. 100 des cas. Pour Zbnker même, l'ulcère reconnu ou méconnu cl iniquement, I précéderait toujours le canter. Inutile de dire que cet auteur I est seul de son avis(VDy. chapitre précédent : uloêre eaneirùf]. Si médecins et chirurgiens ne sont guère fixés sur les con- , dilions éliologiques du cancer gastrique, une vérité esl évidente pour tout le monde, c'est celle de la frêqut i grande de celte affection. Des chiffres empruntés à MM. Ha-ïU et Lion, il résulte que l'estomac est avec l'utérus et le sein des organes que le cancer atteint le plus sauvent. Il en serait même le siège le pins fn^quent d'après d'EspiNS. Vihcuov et Wvss, Relativement aux diCférentes affections chroniques dft l'estomac, la proportion du cancer est de 35,6 p. 100 (Wyss), et le cancer de l'estomac entre dans la mortalité générale pour 2,64 p. 100 (d'EspiNE), 1 p. 100 (Bhihtûn). 1,9 p. 100 (Wyïs),
1 p. S.bOO (llaSERLIN).
On voit par là quel intérêt s'attache à l'étude de cette grave et fréquente affection et comhien il importe de savoir la dépt»ter k temps, c'est-à-dire lorsqu'il est possible d'arrêter ou d retarder sa marche par uue thérapeutique r