II. FOUMES PYLORIQUES
O sont les vraies formes chirurgicales.
A. Formes typiques. — M. Bard distingue* trois formes typiques :
1^ Cancer annulaire sténosant du pylore ;
2'' Cancer juxUi-pylorique avec sténose secondaire;
3^' rioéro-cancor prépylorique.
Pour nous ces trois variétés constituent un seul type, le type pylorique.
!"> Cancer annulaire sténosant du pylore. — Cette forme do cancer osl la plus fréquente, comme on l'a vu plus haut, puisqu'elle représente, à elle seule, la moitié de tous les cas de camerii de l'estomac.
Aux >ii;nos du cancer extra-pylori<|ue s'ajoutent les troubles dus à la sténose, celle-ci étant à la fois mécanique, c'est-à-dire
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due à la tumeur y et fonctionnelle, liée à la contracture du sphincter.
La sténose entraîne peu à peu la dilatation de V estomac; et celle-ci peut être telle que Testomac occupe entièrement la cavité abdominale. On a cité il est vrai quelques cas de sténose sans dilatation ou avec une dilatation légère : il s'agit alors d'une sténose au début et modérée, l'estomac pouvant encore lutter contre elle par une véritable hypertrophie de ses parois ; ou bien des crises gastriques douloureuses, accompagnées de vomissements incessants, amènent l'évacuation constante de l'estomac ; ou bien encore le pylote est sténose mais incontinent, d'où il résulte que les aliments ne séjournent pas dans l'estomac. Enfin l'infiltration en masse de l'estomac peut amener sa rétraction et réduire sa capacité à des dimensions très faibles (un gros citron, une orange).
La sténose cancéreuse provoque une dilatation en général lente, et progressive sans hypertrophie des tuniques de l'estomac et même avec atonie de ces parois, ce qui explique l'absence presque constante des ondes péristaltiques. Les vomissements sont alors espacés, se produisent à d'assez longs intervalles, constituant une sorte de regorgement par lequel la cavité se vide partiellement. Si l'on pratique le cathétérisme gastrique on peut extraire une quantité variable de liquide ; l'atonie peut même être telle, à un stade avancé de la maladie, que l'évacuation de l'estomac n'est possible qu'à l'aide de l'aspirateur. Il s'est produit une véritable asystolie gastrique analogue à l'asystolie vésicale des grands distendus. Dans les matières vomies ou retirées par l'aspirateur on reconnaît des aliments ingérés depuis plusieurs jours et peu modifiés par les actes digestifs. Il s y rencontre du sang en quantité variable.
L'analyse chimique du suc gastrique ou des matières bonnes montre l'existence parfois, au début, de l'hyperchlorhydrie, qui s'explique par l'excitation de la muqueuse gastrique sous l'influence des aliments amassés dans l'estomac. Mais, à un stade plus avancé, lapepsie est de règle, par atrophie des éléments sécréteurs de l'organe.
Les matières vomies, qu'elles soient constituées par des
CRIBUtlGrB DB J. BSTOICAC
aliments déglutis depuis un temps variai ou ra Jp' matières glaireuses et filantes, « eaux du can p «sen n
en général une odeur fade et écœurante ou b en une odeu répugnante de putréfaction qu'elles doivent au<c f menta dd
Fig. r,2.
Cancer annukiru du pylore.
Pitcr Dpéraloire, liâpiLal Heaujon, obaenalîoo penont E. ËiLoUBC, 1). UuQdénum.
butyrique et acétique qui se produisent dans restomac. i résorption de ces produits, auxquels s'ajoutent les substances I sécrétées par ['ulcère canct^reux, contribuent pour une large I part à provoquer la cachexie caractéristique de cette maladie. 1 Entre autres produits, le microscope peut déceler des parti-
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cules cancéreuses, qui servent à étayer le diagnostic ; mais c'est là une rencontre fortuite.
Les vomissements peuvent diminuer ou même cesser complètement à un stade avancé de la maladie, le cours des matières s'étant rétabli, soit grâce à l'élimination d'une portion du cancer, soit par l'établissement d'une fistule gastro -intestinale, en général une fistule gastro-colique.
La tumeur cancéreuse n'est pas toujours perceptible au palper, soit qu'elle se dissimule sous le foie, soit qu'elle reste masquée par la contracture de la paroi. Quand elle existe, on la trouve au voisinage de la ligne médiane, formant une saillie sur les caractères de laquelle il n'y a rien à ajouter à ce qui a été dit précédemment. Elle est mobile ou adhérente : ce dernier caractère appartient plutôt cependant aux tumeurs inflammatoires qu'aux tumeurs cancéreuses de développement moyen. Cependant le cancer devient adhérent à un stade avancé de son évolution et il est alors ditlicile de dire ce qui revient à la tumeur gastrique proprement dite ou aux métastases ganglionnaires, hépatiques, épiploïques, etc.
30 Cancer juxta-pylorique avec sténose secondaire. — Cette forme se distingue de la précédente, d'après Bard, par les deux caractères suivants : « d'abord, survenance plus tardive du syndrome de la sténose, des vomissements caractéristiques, qui, au lieu d'apparaître dès le début, comme dans la forme pylorique primitive, sont précédés par une phase assez longue de dyspepsie banale, d'amaigrissement et de perte de forces ; en second lieu, production d'une hypertrophie de l'estomac sans dilatation notable et surtout sans abaissement de la grande courbure. La sténose survenue tardivement chez un malade déjà anorexique, sur un organe déjà envahi par le néoplasme, fixé par des adhérences, ne peut pas exercer sur lui un effet aussi puissant que sur un organe sain, ayant conservé son pouvoir digestif et soumis encore à une alimentation copieuse ».
30 Ulcéro-cancer pylorique. — Cette forme se caractérise
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