CANCER. EVOLUTION
Pronostic. — Le pronostic est donc fatal ; seul un traitement chirurgical est susceptible de donner une survie notable ou une guérison durable dans certains cas. Mais ici, comme dans toute thérapeutique armée du cancer, la perfection des résultats dépend avant tout de la précocité de Fintervention qui doit être pratiquée avant que TinQUralion du cancer ouïe transport au loin des cellules cancéreuses l'aient rendue par avance vaine et illusoire. C'est doHc à l'établissement d'un diagnostic précoce que doivent tendre les efforts du clinicien ; les résultats dépendent plus de cette précision et de cette précocité du diagnostic que des détails de la technique opératoire. On peut dire, avec une apparence seulement d'exagération, que la pertection des résultats dépend autant, sinon davantage, du médecin que du chirurgien auquel le premier a confié le malade. Malheureusement le diagnostic ne peut être porté rapidement que chez les malades qui viennent consulter, et pour cela il est nécessaire qu'ils souffrent. Le cancer des orifices provoquant rapidement des troubles gastriques sera toujours plus chirurgical que celui des faces qui reste muet pendant longtemps.
DlAGNOST[G DU CANCER DE L'ESTOMAC
Diagnostic clinique. — On peut avoir à établir ce diagnostic a deux périodes : au début, le diagnostic précoce étant le plus délicat mais le plus important, et à la période d'état du cancer. Enfin il y a lieu d'envisager à part le diagnostic clinique et le diagnostic opératoire ou laparotomie exploratrice.
f. — Diagnostic précoce du canceu
C'est entre le cancer et là gastrite chronique que se trouvent limitées les recherches. Voici ce qu'on observe en général : âgé de quarante ans ou plus, un homme se plaint d'éprouver
depuis quelques mois des troubles dyspeptiques variés : anorexie, dégoût pour la viande, douleurs plus ou moins ïiies,
[ renvois acides, vomissements muqueux ou alimenlaires; de
I plus il y a uu léger amaigrissement, les Torces sont dimiDuées;
f le malade est un peu pâli, son estomac est sensible, dilaté ou
' non par les gaz.
l'ent-on établir le diagnaslic de cancer el quels soal les éléments qui le permettent^
Est-ce l'étude du chimisme stomacal ? On a vu qu'une des caractéristiques du cancer est d'entraîner l'hypopepsie el l'acldorhydrie; mais c'est là un fait inconstant. La littérature médicale fourmille d'ùbservalions de cancers arrivés à une période assez avancée de leur évolution sans que le chimisme stomacal ait été mudilié; en outre l'bypopepsie. si elle peul se produire plus tard, n'existe pas toujours au début, et c'est là un élément important qui manque pour le diagnostic. Si donc il faut tenir grand compte de la constatation de l'achlorLydrle, pour établir le diagnostic de cancer, sa non-existence ne saurait en rien faire rejeter formellement ce diagnostic.
depuis vous en citer un remarquable exemple. Un malade présentant depuis longtemps des troubles hépatogastriqaes étaitregardé comme atteint d'une cliolécyslite. Ces troubles s'aggravèrent et son état devint cacliélique; on Ht une analyse du chimisme gastrique qui fut nettement en faveur d'un cancer. J'opérai le malade sous les yeux de CliaufTard, il élail atteint d'une cliolécystite avec adhérences pyloriques. t.'estoluac était intact.
L'hématologie pourrait servir dans les cas douteux, mais -nous manquons d'éléments qui permettent de fournir sur c sujet des preuves convaincantes absolues.
C'est donc par un ensemble de considérations que la vraie nature du mal pourra être, «on pas affirmée mais soupçonnée : lige (In sujet, résistance particulière de l'affectiou au traitement de la gastrite ou de l'ulcère supposés, amaigrissement progressif malgré une thérapeutique rationnelle. On n'aura
■aialgré tout que des présonnptlous, aussi est-on aulorisi- diin^
ce cas, étanl connnes la, gravite du cancer et la. bénignité de cette opération, à pratiquer la laparotomie exploratrice qui permettra de reconnaître la vraie nature du mal et d'opérer assez près du début pour laisser escompter une guérison à longue portée, sinon délioilive.