I. — Traitement médical
Le traitement médical ne doit être regardé que comme un pis aller, comparable au traitement médical des cancers externes, cancer du sein, de la langue, etc. Ses indications, en dehors des cas où le malade refuse de se laisser opérer, ne sont faites que des contre-indications du traitement chirurgical. Voilà un point qui est acquis aujourd'hui et une notion qui devrait pénétrer dans la masse du corps médical, à savoir que le caiicer de l'estomac, comme l'appendicite, est une maladie médico-chirurgicale. Seuls, les malades que le chirurgien abandonne ou refuse d'opérer, devraient aller au médecin.
Sont justiciables du traitement médical les malades incapables de supporter l'opération indiquée, ceux dont la tumeur est inextirpable et ne s'accompagne pas de sténose y car celleci est justiciable de nombre d'opérations palliatives.
Le traitement médical est purement palliatif et ne vise qu'à supprimer la douleur, à activer l'appétit, rétablir les actes digestifs, arrêter ou modérer les hémorragies. Voici les notions médicales qui paraissent actuellement établies :
La douleur ne doit pas être combattue par des médicaments, mais plutôt par les lavages de l'estomac et par le régime. Quand elle devient intolérable, on aura recours à la morphine. Les troubles digestifs étant en général de nature hypopeptique, on pourra les atténuer par l'administration de ferments digestifs (pancréatine, pepsine) et d'acide chlorhydrique. Le képhyr,
^Kyogliourt doiiuent également de bons rësulEats el sont bien ^Bgérés. CoDlre les vomissemenis on emploiera surlout lu Hivage de l'estomac, surtout s'il y a dilatation, et le régime. ^bntre les liêmorragies on prescrira le régime Inclé ou kËphy- H^Ue, car les divers liémosta tiques habituell émeut ordonnés, ^ferclilorure de fer, chlorure de calcium, n'ont que des eCTela Hpu appréciables. L'anémie qui aucciile aux bûmorragies sera B)>mbattue pnr l'arsenic et le fer.
^ft-Enfiu on soutipndra l'état géiiénil le plus longtemps possible ^Rr une alimentation riche et laissant peu de résidus, viande Hmîte moulinée, viande crue râpée, lailage, œufs, purées de ^Bgumes. Si rintolérnnce gastrique devient & un moment H^olue, on peut encore prolonger la vie quelque temps par ^Koiplol des lavements alimentaires.
^ Une autre question se pose depuis quelque temps? Estr-ii possible de guérir le cancer de l'estomac par la radiolhéraiâe, c'est-à-dire par l'action des riiyons de llœnlgeu ou par h radiumlhérapie.
On a exécuté la radiothérapie par deux procédés, employés séparément ou simultanément : à l'aide de grosses ampouleii ordinaires agissant à travers ies téguments, avec de petites ampoules portées dans l'estomac par un tube lEsophagie». De» résultats merveilleux ont d'abord été annoncés, cessation des ilouleurs, arrêt des vomissGm«nts, fonte et disparition des tumeurs. Mais outre que l'on doit tenir pour suspects desauccës aussi grands, quand on constate combien les cancers superficiellement placés (nous ne parlons pas des cancro'i'des cutanés), uancers du sein, de la langue, du col ulëriu, se montrent peu intluencés en bien par ce traitement, les cas publiés ne s'imposent pas à'uae façon absolue el ils sont loin de forcer la conviction. On en peut dire autant d^s résultats attribués h la radiumthérapie- Doue, sans nier la valeur de ces deux nOHvelles acquisitions lliérapeulliiques. qui peuvent être mises i l'essai, il convient d'attendre de nouveaux faits avant de lear donner une place plus importante dans le traitement du CI r de l'estomac.
Nous avons essayé Ja radiothérapie comme adjuvant dans certains cas inopérables. Pour cela nous avons extériorisé le cancer. Nous sommes en effet bien convaincus actuellement que les rayons X n'agissent que sur des épithéliomas superficiels, et que leur échec tient à la profondeur des plans à traverser dans les tumeurs viscérales. Dès lors, si on pouvait rendre superficielles ces tumeurs profondes, peut-être seraientelles influencées par la radiothérapie. Dans un cas de cancer inextirpable de l'estomac, nous avons fixé l'estomac sous la peau et nous avons traité la surface ainsi superficielle à l'action des rayons X. Cet essai ne nous a donné aucun succès.