‹ Chirurgie de l'estomacChapitre 73 sur 101 · TUMEURS NON CANCÉREUSES DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

TUMEURS NON CANCÉREUSES DE L'ESTOMAC

Les tumeurs de Festomac sont surtout des cancers, épithéliomas cylindriques ou carcinomes, mais ce viscère est aussi le siège de tumeurs d'une autre nature présentant quelque intérêt pour le chirurgien à cause des opérations qu'elles peuvent motiver. Ces tumeurs forment un groupe assez mal délimité d'ailleurs, que les uns décrivent sous le nom de tumeurs bénignes, d'autres sous celui de tumeurs diverses (Robin), d'autres sous celui de tumeurs non cancéreuses ; nous préférons ce dernier litre (tout en étendant les limites que lui donne Soupault) car il permet de réunir des tumeurs qui, diverses au point de vue hislologique, présentent ce caractère commun de n'être pas des cancers, avec cette réserve toutefois que dans certaines formes le diagnostic microscopique est, nous le verrons, très diliicile ; de plus elles se manifestent cliniquement par des symptômes identiques.

Les divers tissus dont est formée la paroi gastrique peuvent donner naissance à des néoplasies de nature différente : adénomes, lipomes, fibromes, myomes, sarcomes qui se développent soit du côté de la cavité gastrique , soit du côté de la séreuse péritonéale, soit en surface, infiltrant les parois de l'organe. En outre de ces tumeurs, il existe encore une néoplasie qui paraît à peu près spéciale à l'estomac et occupe une place assez importante dans la pathologie de cet organe, c'est

laifl elles présentent parfois une symptomalologio en rappori surtout arec leur siège el leur volume, se manifestent par des troubles fonctionnels, ou par la présente d'une tumeur épi-

g.islriqae qui font poser le diagnostic UidLôL de gnslrite chronique, tantât de sténose du pylore, d'ulcère ou de cancar. Mais

quelle que soit leur nature, c'est d'aprùs leurs manifeaiationa que le ehirurpien est appelé à juger de l'oppoitnnit'S d'une

■iOS OtfEHDHGie D« L ESTOHAf. 1

I ialervenlion, ce c[ni osl important pour lui c'est donc, non

I In nature de la tumeur impossible à déterminer cliniquemenl,

1' mais sou siège et son volume qui commaudent la symptomato-

I lofjie. Aussi adopte rous-nons pour classer ces tumeurs uiic

I division topographique: nous décrirons successivement:

I i" Les tumeurs qui se développent vers la cavité gasiriqui-;

I 2" Les tumeurs infiltrant la paroi;

I 3° Lea tumeurs à développement eïogaslrlque.

I Quelque Taclice et artificielle que soit parfois celte division,

f c'est celle qui nous paraît permettre de présenter celle queî-

I lion le plus clairement et le plus utilement pour le pralicien-

1" Tumeurs qui se dévBloppeDt vers la cavité gastrique.

polypes de l'estomac. — Sur toute l'éleudue du tube digeatir. I les tumeurs qui se développent vers la lumière du conduit ont [ grande tendance à se pédiciiliser, 1res vraisemblablement à L cause de la minceur même des parois et aussi des mouveh menls inlcslinaux qui accompagnent la digestion. Les tumeurs I de l'estomac ne font pas exception à la règle, el sessiles lorsf qu'elles sont de tout petit volume, elles se pédiculisent, forte- I ment des polypes lorsqu'elles s'accroi.'^seul.

I LiPOMEfl. — Plusieurs auteurs Vihcbot, vos Rcssihuif. r Bbnaky ont décrit des lipomes de l'estomac; ce sont des I tumeurs de petit volume, un pois ou une amande, quelquef fois multiples; ils paraissent le plus Kouvent facilement énu- I clêables. Us n'ont donné lieu .jusqu'à ce jour qu'i'i des consta- I tations uêcropsiques.

k AuKNOMKs. — L'Éltiiicdespolypea giandulairesdea poljiadéiiiomei l folypeux est plus intéressante, ils ont été décrits par ANimAi., I CativEtLUKR, Ljnckhkaix, Cobm)., BmssAun, Casivs-Cuvi- L GsoN, Ménétrier. Ce sont des tumeurs en général mul- I liples dont le nombre varie de 2 ou :( à plus de iOO, elles I sont le plus soavenl }>eliCcs, sensiblemenl égales entre elles,' I irrégulièrement réparties sur la surface de l'estomac, mais y occupant plus volontiers les faces et la grosse Inbérosité. Par- 1 fois sessiles cl resheml>l;int <'i, des boulons ou A des papules

Fi g. se.

Wgiitationa |>uljpirurmes.

litière cil csuvarle itn >é|;^Uilii)n9 clu vuluinr dV

'-- -' rie ridiiHiuliirea(iiièca du lausie Du'purlrLii),

[ (Bhissauu), elles sont le plus souvent pédieulées. Peu vascu- !S, de couleur gris ceDdré, de consistance mollasse, ces r néoproductions'sont neilemeal mobiles sur les couchet eovt- \ jacentes qui, ne sont nullement inlillrées à leur base.

Ces lumeura sont formées par l'hypertropUie dcn j/laRden

I dont l'épilbêlium plus ou moins altéré ne présente plus de

I cellules à pepsine. Par places les culs-de-sac dilatés forment'

de pelitâ kystes tout à fait semblables aux œufs de Naboth que

■ l'on rencontre sur le col de l'utérus. Au centre on trouve du

mjonclil' et des vaisseuux i|ui proviennent de la f

muquense. La mnscului^ BLUiiass Lutaore. Hmite ea çrrjtoadeur la prolifération çîatKiTilaif^: c^ ùiit parait otinrier La nature bénigne de ces iéâi^a:^.

Sur tous les points àt Vonakn.'i 'pii n.^ présentent pas vie végétations polypenses. la maioense paraît saine mdcr»>cv^p«que ment, mais on y trouTe hbtolo^qnement des lésions de gastrite chrotiique^ des altérations dandu".aires ressemblant en tous points à celles de la muqueuse des polypes qui [>arais sent en somme résnller d'une prolifération glandulaire plus active en certains points, sous la dépendance d*un piH>cessus généralisé à tout l'organe, aussi certains auleui'^ fontils de cette affection une forme de rinllammation chronique de Testomac, une gastrite polypeuse. Celle opinion n'est pas admise par le Professeur ^Robin pour qui la fréquence exlri>me de la gastrite chronique se concilierait mal avec la rareté des polyadénomes.

11 y aurait pour MÉ^ÉTRIER une étroite relation entra rndiinome gastrique et le cancer. Cet auteur rappoit<i daiiî^ ^oii mémoire deux cas où la dégénéresccjiice (•aiH:«'r<*iih«* paM*îl. nette. Nous savons d'autre part que l'on ol>s<*i'v<* nnitmi dr;> cancers des lésions glandulaires analogueH /i i'j*Mt*ti qiM? unH^ venons de décrire, mais il est bien dillicilc d« dir« *>i <'1I''«î ^'ftd la cause ou la conséquence de la tumeur mallKiHf UittU^ut^ l'opinion de Ménétrier n'a rien qui puisse noiiH éloiMMT, im'Mj; connaissons la prédilection du cancer pour ittti^ l^n Ih^ti^ chroniquement enflammés. En réalité nous w* mtyftn^ ii''n '1" la cause des polyadénomes gastriques et noun devons nou^ contenter des notions étiologiques suivantes : on it.^ rr-n'onlMsurtout chez les gens âgés, ils coe.r,ihtf',iU parf^HH av' '1<-^ polypes intestinaux, parfois aussi avec den néoplasie -, H'aiitr's organes, fibromes de l'utérus, kystes de Tovaiie, t-Ar.. Mknktrier).

A côté de ces polypes glandulaires qui sont<le petit volume, il est d'autres polypes dans lesquels Télément eonjonctif est très développé, de telle sorte que la tumeur atteint un Kolume considérable. Il s'agissait dans le cas de Cohml d'un « gros polype long de 5 centimètres sur 3 de largeur, ovoïde, pédicu-

f!UIRIIReiB DB t. BSTOHAC

u qui obsli'uaiL le pylore. Chiahi a également rapporté un s de polype volumineux eugagé dana le pylore. I.e polyp« Eentevé par CHiprT avail le volume dune tête de fwtus à terme. L'L'uu de ceux que nous représentons ici et qui provient de la ^collection du oiust^e Dupuytren a 10 centim^t^es île long el I Était étrangli- dans le pylore {(ig. (17 (-1 68),

ipuiiron).

FuiHOMïOMKs. — Les flbromyomes se développent aussi s vers la cavité gastrique dans laquelle ils font saillie e dans les cas de Fûhsteh, de Vihcho-*-. Sans être pédioinlés ils peuvent déterminer des symplômes de sténose pylorique (cas de Peunicb, dk IIkrolo). Dans l'observatiou de Klk-

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