‹ Chirurgie de l'intestin [electronic resource]Chapitre 20 sur 95 · PONCTION INTESTINALE · texte numérisé non relu

PONCTION INTESTINALE

Définition. — La ponction intestinale est une opération qui consiste à perforer l'intestin, au moyen d'un trocart ou d'une aiguille tubule'e pour en évacuer le contenu gazeux ou liquide.

Historique. — Il est difficile de dire quel est le chirurgien qui, le premier, ponctionna l'intestin à travers la paroi abdominale pour en évacuer le contenu en cas d'obstruction intestinale. Gross, Demarquay, Lefort(i87Ô) l'avaient recommandée; Trêves (1884), Ashurst (1886) ne la condamnent pas ; mais le peu de popularité de cette opération aveugle restait évident. Démons (1 889) fit ce qu'il put pour la remettre en honneur; mais il n'y réussit guère. — Quant à la ponction des hernies étranglées, elle date de Mérat, d'Ambroise Paré, de Van Swieten et a été reprise par Pigray, Pott, Levrat, Long, Le Noir, Nélaton, Gosselin, Deroubay, Dolbeau et Duplouy ont préconisé l'aspiration. Lecerf (1872), Madelung et Bayer ont récemment encore essayé de la faire revivre, heureusement sans succès. Enfin la ponction de l'intestin au cours d'une laparotomie est une manœuvre récente, généralement remplacée par l'incision.

Technique opératoire. — La ponction intestinale se fait dans deux conditions : i° Indirectement sur l'intestin, à travers la paroi abdominale intacte; 20 Directement sur l'intestin, mis à découvert par une laparotomie.

i° Ponction indirecte sur l'intestin à travers la paroi abdominale intacte. — L'anesthésie n'est pas nécessaire. Les instruments sont : soit l'aspirateur Dieulafoy, armé de l'aiguille n° 1 (Démons, 1889), soit un trocart à hydrocèle ordinaire.

Le malade étant placé dans le décubitus horizontal, le chirurgien reconnaît, par la vue, la palpation ou la percussion, la région de l'abdomen où le ventre est le plus météorisé ; puis, armé soit de l'aiguille n° 1 de l'appareil aspirateur Dieulafoy (Démons), soit d'un trocart à hydrocèle, il plante l'instrument à travers la paroi dans l'intestin. Il reconnaît qu'il a pénétré dans l'intestin, lorsqu'il entend le sifflement produit par l'issue des gaz passant par l'aiguille dans la seringue de l'aspirateur, ou filant par la canule du trocart dont le poinçon a été enlevé. Lorsque l'issue des gaz est

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terminée, ce que l'on reconnaît à la cessation du sifflement à travers la canule et à la persistance du vide dans la seringue de l'aspirateur, bien plutôt qu'à l'affaissement de la paroi abdominale, il faut retirer l'aiguille de l'aspirateur ou le trocart. Pour l'aiguille de l'aspirateur, on aura soin de faire cesser toute aspiration, en fermant le robinet d'appel, pour éviter l'écoulement du contenu de l'aiguille dans la cavité péritonéale. Pour le trocart, on réintroduira le poinçon, pour chasser dans l'intestin le contenu de la canule. Aiguille ou trocart seront alors retirés. Un pansement antiseptique ou aseptique sera appliqué.

L'opération, est on le voit, parfaitement simple. Avec l'asepsie cutanée préopératoire et le pansement post-opératoire, il me paraît inutile, sinon dangereux, de faire le fameux pli à la peau recommandé par Jules Guérin, pour obéir aux principes de la méthode dite sous-cutanée ; l'inoculation du trajet pariétal au retour de l'aiguille et du trocart est en effet possible et serait d'autant plus grave que le trajet pariétal serait plus sinueux.

20 Ponction directe sur l'intestin mis à découvert par une laparotomie. — Les instruments à préparer sont, soit l'aspirateur Dieulafoy avec l'aiguille n° 1 , soit un gros trocart. L'anse intestinale herniée et entourée de compresses aseptiques est maintenue hors du ventre; le chirurgien y enfonce l'aiguille ou le trocart. S'il se sert de l'aiguille, rien à faire après le retrait ; s'il se sert du gros trocart, et cela est mieux, il doit, après le retrait de l'instrument, assurer par un point de suture (point de Gély ou de Hallsted) l'occlusion de la petite plaie (Le Dentu, 1890).

•suites opératoires. — Accidents possibles. — L'observation clinique montre que les plaies de l'intestin par instruments piquants n'offrent aucun danger. Le trajet de la perforation s'obture en effet dès que l'instrument vulnérant est retiré, non seulement par suite de la contraction de la musculeuse et de la sous-muqueuse, dont les fibres ont été plutôt écartées par l'instrument que coupées ou déchirées, mais encore par suite du défaut de concordance entre la plaie de la musculeuse et celle de la muqueuse que son ampleur et ses replis rendent si facile à décoller. Mais, si la plaie intestinale s'obstrue et si, par conséquent, l'épanchement intra-péritonéal des gaz ou des liquides ne peut se faire à la suite des piqûres de l'intestin après le retrait de l'instrument, lorsque la blessure siège sur un intestin sain, il n'en est pas de même lorsque celle-ci atteint un intestin malade. Or, dans les cas ou la ponction intestinale pourrait être indiquée, il n'est pas douteux que l'intestin

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