‹ Chirurgie de l'intestin [electronic resource]Chapitre 28 sur 95 · ENTER0ST0MIE · texte numérisé non relu

ENTER0ST0MIE

Procède de J.-A. Bodine. — Le ventre est ouvert; la tumeur ou * le rétrécissement sont découverts. L'anse malade est attirée hors du ventre ; les points où doit porter la résection sont déterminés ; au

Fig. 99. — Procédé de Bodine. — ic|- temps hernie de l'anse malade et de o,o5 c. d'intestin à sa suite.

Fig. 100. — Procédé de Bodine.

delà et en de cà de ces points, environ i5 cent, d'intestin sain sont encore hernies à la suite de l'anse malade. {Fig. 99).

Accolez alors l'un à l'autre ces deux derniers segments d'intestin, qui forment ainsi une anse au sommet de laquelle est la lésion à réséquer. Un ou deux centimètres au-dessous de la zone où doit porter la section future, commencez au voisinage de l'insertion mésentérique, un surjet qui réunisse parallèlement les deux segments d'intestin sain sus et sous-jacents à la lésion sur une étendue d'environ 1 2 centim. Continuez le même surjet, d'abord perpendiculairement à l'axe des deux segments sur une largeur de **' ,01, ~ P''°cédé de Bodine"

deux centimètres, puis en sens inverse parallèlement à l'axe, sur une

I<)6 OPÉRATIONS SUR L'iNTESTIN GRÊLE.

longueur égale à celle du premier surjet. Vous avez ainsi accoleun a 1 autre les deux segments au moyen d'une suture en U, dont * les deux branches sont distantes de deux centimètres ÇJFigï 100) Si le chirugien prévoit que l'anus qu'il va ouvrir doit être définitif il sera bon de comprendre les insertions mésentériques entre les les deux branches de l'U, de manière à fortifier l'éperon. Sinon, il vaut mieux éloigner les insertions mésentériques, qui ne doivent pas être intéressées par la section future de l'éperon, en cas d'anus temporaire.

Lorsque la suture en U est terminée, réintégrez dans le ventre les segments accolés, jusqu'au niveau des points choisis pour la résection [Fig. 101). Suturez à ce niveau, les deux anses intestinales aux lèvres de la plaie abdominale. Enfin, s'il est possible, attendez 24 heures; puis, sous le couvert de l'anesthésie cocaïnique, réséquez toute la portion d'intestin laissée lors du ventre.

Immédiatement, ou plus tard lorsque le moment sera venu de fermer l'anus, sur un doigt introduit comme guide le long de l'éperon, sectionnez celui-ci au ciseau sur la ligne médiane dans une étendue de huit à dix centimètres. La fistule intestino-cutanée se ferme d'habitude par réunion secondaire.

Bodine cite deux observations où il a appliqué, avec succès, son procédé, pour pratiquer la colostomie iliaque.

Suites opératoires. — Accidents possibles. — Les

accidents de l'entérostomie sur l'intestin grêle sont le choc, la péritonite, les abcès de la paroi abdominale, l'érythème et l'érysipèle, l'entérite aiguë ou chronique.

Le choc est d'autant plus à redouter que l'entérostomie est établie plus haut sur le tube intestinal, en raison de la sensibilité réflexe de plus en plus exquise de l'intestin au fur et à mesure que l'on se rapproche du bout stomacal. Le danger en est aussi contingent de l'état du sujet que l'on opère.

L'entérostomie sur l'intestin grêle est le plus souvent, je le répète, une opération de nécessité à laquelle on se résigne, parce que l'on juge l'opéré incapable d'en supporter une plus longue et plus grave, par exemple, en cas de hernie étranglée et sphacélée; or, dans ces conditions, la fragilité du sujet peut être telle qu'il ne puisse supporter le choc de l'intervention même la plus courte et la plus bénigne.

La péritonite septique est primitive ou tardive. Elle résulte de l'inoculation du péritoine, soit à travers la suture fraîche, soit par déchirure ou ulcération tardive des adhérences qui fixent l'intestin

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à la paroi abdominale. La péritonite primitive n'est pas à craindre avec l'opération en deux temps.

La péritonite tardive est d'autant plus à redouter que la bouche ou l'anus sont ouverts plus haut sur l'intestin grêle ; le suc intestinal du duodénum et du jéjunum pouvant digérer la paroi et les adhérences péritonéales.

Les abcès de la paroi abdominale résultent de l'inoculation des couches de la plaie pariétale baignée, dans l'opération en un temps, par les matières septiques de l'intestin avant l'organisation de la membrane granuleuse ou de la cicatrice protectrice. Ils ne sont pas à redouter avec l'opération en deux temps.

L'érythème, l'érysipèle, l'entérite sont des complications postopératoires de même nature. Le contact de la peau avec des matières intestinales incomplètement élaborées, encore en fermentation, aboutit à l'irritation, à l'inoculation et même à l'ulcération de la peau. L'extériorisation chirurgicale de la muqueuse intestinale au niveau de la bouche ou de l'anus, l'expose à des traumatismes et à des inoculations d'où naît l'inflammation. Or l'entérite s'accompagne de la sécrétion de produits intestinaux pathologiques particulièrement irritants pour la peau sur laquelle ils s'épanchent.

Le prolapsus de la muqueuse, la procidence de l'intestin s'observent souvent; leur thérapeutique sera décrite au chapitre de la Colostomie .

Indications opératoires. — Les hernies étranglées ou sphacélées, l'obstruction intestinale dont on ne peut découvrir la cause au cours de la laparotomie, constituent les deux indications principales de l'entérostomie. Après une résection intestinale pour tumeurs, rétrécissements, etc., on pouvait autrefois songer à l'entérostomie de peur d'exposer le patient aux trop grands dangers d'une entérorraphie circulaire ; les perfectionnements delà technique ont, pour ainsi dire, supprimé aujourd'hui cette indication.

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