Suture séro-séreusc (20 plan) du procède de Lcbesgue
nouveaux points entrecoupés. On place enfin un deuxième étage de suture séro-séreuse [Fig. 196).
14° Procédé de Landerer. — Le procédé de Landerer ne diffère de celui de Mayo-Robson que par la qualité de la substance dont est faite le cylindre et par le mode de suture.
Le cylindre ou bouton de Mayo-Robson est en os décalcifié, celui de Landerer est sculpté dans une pomme de terre, un navet, une betterave ou une carotte, bref dans un végétal capable d'être digéré.
"•Il peut être fabriqué extemporanément. Prenez une pomme de terre, sculptez-y avec un canif quelconque un
ovoïde de quatre ou cinq centimètres de longueur, et de 3 ou 4 centimètres de diamètre maximum. Le diamètre doit être égal à celui de la lumière de l'intestin à suturer. Au milieu de la hauteur,
Fig. 197. — Bouton de Landerer pour suture intestinale.
ENTÉRECTOMIE. 1 5 9
creusez une rainure circulaire large de 7 millimètres, profonde de 3 ou 4 millimètres. Trouez l'ovoïde, suivant son grand axe, d'un canal d'un centimètre de diamètre au moins. Tel est l'instrument. (Fig. 197).
Ourlez chacune des tranches de l'intestin, avec un surjet qui commence et finit sur l'intestin, de manière que le nœud ne soit pas au niveau du mésentère pour y gêner la re'union toujours moins facile en cet endroit. [Fig. 198). Introduisez l'une des extrémités du bouton dans l'un des intestins jusqu'à la rainure inclusivement et serrez l'ourlet; faites de même pour l'autre intestin.
Fig. 198. — Ourlet d'une tranche d'intestin Fig. 199. — Suture intestinale de Landerer. avec un surjet (Landerer).
Les deux tranches sont ainsi serrées dans la rainure du bouton, l'une en face de l'autre, en contact l'une avec l'autre par leur séreuse. Assurez l'exactitude de ce contact par quelques points de Lembert (Fig 199).
Landerer, qui n'a expérimenté que sur des animaux, affirme que le bouton reste intact pendant cinq à six jours et a disparu le dixième jour au plus tard. Il n'a jamais constaté de rétrécissement. Lewis Stimson (1897) a employé ce procédé trois fois : la première fois, il s'agissait d'une entérectomie pour plaies multiples de l'intestin ; la deuxième fois d'une résection pour cancer; les deux opérés succombèrent quelques heures après l'opération. Le troisième opéré, entérectomie pour hernie étranglée et sphacélée, guérit. Une semblable statistique ne permet guère de porter un jugement et en vérité, Lewis Stimson se montre un peu vite enthousiaste du procédé de Landerer.
i5° Tubes de Souligoux. - Dans le même but, c'est-à-dire pour servir de soutien à la suture dans l'entérorraphie circulaire, Souligoux (1897) propose des tubes de calibre varié, faits en sucre et gomme adragante. Ces tubes sont résorbables et peuvent être portes a une température de i5oo sans être altérés. L'auteur n'indique d ailleurs aucun procédé particulier de suture. Evidemment les
Ib0 OPERATIONS SUR L'iNTESTIN GRELE.
tubes de Souligoux, étant résorbables, sont supérieurs à tous les moules intestinaux qui n'ont pas cette qualité. Sont-ils meilleurs que les tubes en os décalcifié ou en substance végétale? je ne saurais me prononcer à ce sujet. Ils partagent cependant avec ceux qui sont en os décalcifié l'inconvénient de ne pouvoir être fabriqués extemporanément. On n'en trouve pas partout, tandis qu'on trouve partout une carotte, une pomme de terre, un navet ou une betterave.
On verra plus loin pourquoi je refuse de ranger les procédés de Matas, Brokaw, Mayo-Robson, Lebesgue, Landerer, Souligoux, au nombre des procédés d'adossement au moyen de boutons anas. tomotiques ; aucun d'eux n'en possède en effet le caractère spécifique. Ce n'est pas à dire, bien entendu, que je condamne ces procédés; je pense au contraire que le retour à la pratique des Quatre- Maîtres a du bon et qu'il est certainement utile de soutenir la suture et de calibrer l'intestin à son niveau, ne fût-ce que pour y éviter la stagnation des matières intestinales; j'ajouterai même que la simplicité du procédé de Landerer est séduisante et que je regrette à son passif la statistique de Stimson ; il est vrai qu'elle est si courte !
Je termine enfin cette énumération en décrivant detlx procédés nouveaux.
i6° Procédé de Chaput. Ligature, cautérisation et entérorraphie. — Chaput (1896) a eu l'idée assez extraordinaire de combiner la ligature, la cautérisation et l'entérorraphie pour suturer les deux bouts après l'entérectomie. Il lie en masse l'extrémité des deux bouts réséqués, chacun pour son compte. Il excise au ciseau le champignon exubérant au-delà de la ligature. Avec une pince chauffée au rouge, il saisit chaque bout perpendiculairement au grand axe de l'organe en plaçant la pince à quelques millimètres en deçà delà ligature en masse. Il dispose ensuite une couronne séroséreuse au-delà des limites des deux eschares.
J'avoue ne point comprendre les avantages de cette méthode si compliquée, copiée il est vrai sur le procédé d'entéro-anastomose de Souligoux, et dont le moindre défaut est de créer une obstruction intestinale aiguë pendant 48 heures, car les eschares ne tombent pas avant 48 heures.
1 7° Nouveau procédé de Doyen. — Doyen vient de communiquer au XIme Congrès de Chirurgie (1897) un procédé d'entérorraphic, permettant de pratiquer tous les modes d'abouchement d'une façon absolument aseptique, qu'il décrit en ces termes.
ENTERECTOMIE.
« Pour faire une entérorraphie circulaire après une résection de l'intestin, j'emploie une pince spéciale développant une force considérable {Fi g. 200), dans le but d'écraser, en amont et en aval de la tumeur à enlever, les tuniques moyenne et interne de l'intestin, qui se trouve alors réduit à une mince paroi que j'étreins dans
deux solides ligatures de soie (1). A deux centimètres de ces ligatures, du côté de la tumeur, le calibre de l'intestin est fermé avec deux pinces longues {Fi g. 201), à mors trèsélastiques.
Je sectionne alors l'intestin à 8 ou 10 millimètres des deux ligatures, entre elles et chacune des pinces qui isolent le tronçon à réséquer.
Les petites portions de muqueuse, qui peuvent persister, sont détruites au thermo-cautère et le segment malade est isolé, après ligature des vaisseaux mésentériques qui viennent à donner du sang. L'hémostase du mésentère terminée,, le champ opératoire est parfaitement aseptique. Il est alors loisible soit de fermer définitivement les bouts supérieur et inférieur par un double fil en cordon de bourse, rejetant plus profondément le fil de soie primitif qui a été coupé au ras des nœuds, et d'exécuter une entéroanastomose ou une implantation latérale, ou encore une entérorraphie circulaire.
Lorsque la Suture doit être faite bout à bout, je détache le mésentère de l'intestin sur une petite étendue et je réunis les deux extrémités, qui devront communiquer à plein canal, par deux plans superposés, qui affrontent d'abord les deux demi-circonférences correspondant à l'insertion mésentérique. Chacun de ces plans de
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Fig. 200. — Pince à écrasement de Doyen.