CHAPITRE VI
ENTÉRO-ANASTOMOSE .
Etymologie. — Evxepov, intestin; «va, dans; anoua, bouche : embouchure de l'intestin en lui-même.
Synonymie. — On nomme encore cette opération suivant les parties anastomosées : Jéjuno-jéjunosiomie; entéro-entérostomie ; jéjuno-iléostomie; iléo-cœcostomie ; iléo-colostomie.
Uét'inition. — L'entéro-anastomose est l'opération qui consiste à fixer l'une à l'autre deux anses intestinales plus ou moins indépendantes et distantes, et à créer entre elles un orifice de communication anormal.
Historique. — On pourrait trouver dans la thèse de Liotard,en 18 19, la première idée de l'entéro-anastomose appliquée à la cure des anus contre nature. Ce chirurgien, en effet, proposa de perforer profondément l'éperon au moyen d'un instrument (pince à mors ovalaires) qui saisissait, rapprochait et écrasait l'anse efférente et l'anse afférente loin de l'orifice, de manière à y créer par sphacèle une véritable anastomose, tout en respectant l'éperon luimême {Fig. 2 38). Liotard espérait ainsi permettre aux matières le passage du bout supérieur dans le bout inférieur, sans arriver à l'anus artificiel dont la guérison deviendrait alors facile. m ^ Ent.rotome N'était-ce pas là, en vérité, pratiquer une de Liotard.
véritable entéro-anastomose par une méthode extra-péritonéale ? On verra plus loin que, tout récemment, un jeune chirurgien, P. Derocque (1897), a repris pour son compte le procédé de Liotard et a inventé pour la circonstance une pince et un bouton anastomotiques.
Bien qu'on trouve dans Gély (1844), comme je l'ai dit plus haut, l'idée de l'entéro-anastomose intra-péritonéale, on pourrait très justement nommer l'entéro-anastomose l'opération de Maisonneuve. C'est bien en effet ce chirurgien qui décrivit et pratiqua le premier ( 1854-185 5) cette intéressante et importante opération. Il s'agissait d'anus contre nature ; les deux opérés moururent et la méthode ne fut pas appréciée par les chirurgiens de l'époque.
Pendant la guerre de Sécession des Etats-Unis (1860- 1 864), l'en-
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OPÉRIONS SUR l'.NTESTIN GRÊLE
Gély, nui n'est en sZ2a„> P'lr Ia greffe int"tinale d
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Vingt ans plus tard, Wôlfler, suivant la voie tracée par Mai onneuve pratiqua la gastro-entérostomie. Peu ZZ ?B llmth ^7"; ileo:coIostomie, pour terminer uTe ^pér de cUre adicale d'une fistule de l'iléon, consécutive à un abcès ■ pncœcal, au cours de laquelle l'iléon et le côlon, inclus dans de adhérences, avaient été déchirés. L'opéré mourut
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simpk et formula les indications de l'entéro-anastomose
tal^deTn^ mêmC temPS' SCnn (l888) repHt rétude ^Périmende R.i 0T,a?m0Se' m°mrale mal f0ndé des inclusions de Hacken et Adelmann et imagina un procédé original qui porte son nom. Senn proposa même de substituer l'entéro-anastomose a 1 enterorraphie circulaire, idée qui fut adoptée et défendue par Braun (1892).
Je citerai les travaux de Bardenheuer (1888), de Salzer (1801) Winiwarter (189,), Hochenegg (1892), von Eiselberg (i893), von Baracz (1894), Chaput (1894), Frey (,895) et Marwedel (1896), qui ont lait faire à l'entéro-anastomose les plus grands progrès et l'ont mise au rang des opérations classiques. Il n'est que juste de dire enfin que c'est le regretté Boiffin, qui le premier fit, en France, l'entéro-anastomose pour un rétrécissement du caecum (1890).
Technique opératoire. — L'anesthésie, l'antisepsie préopératoire ou opératoire, les instruments, les aides sont identiquement les mêmes que pour l'entérectomie. De même la position de l'opéré et le lit d'opération.
^ Manuel opératoire. — On doit distinguer trois variétés d'entéro-anastomose, qu'indique bien Marwedel.
i° Anastomose simple ou opération de Maisonneuve.
20 Anastomose avec résection (Senn et Braun).
3° Anastomose avec isolement de la portion malade de l'intestin (Salzer, Hochenegg, von Eiselberg, von Baracz, etc).
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