RÉSULTATS ET INDICATIONS
Si les orifices d'entrée et de sortie ont été bien placés, le plissement cornéen est nul, à condition de n'avoir pas trop serré le nœud. Dans le cas contraire il n'y a pus lieu de s'en préoccuper ; il disparaît après l'ablation du fil et l'astigmatisme post-opératoire ne subit guère de variations du fait de la suture; il est plutôt moins accentué par suite d'une meilleure coaptation des lèvres de la plaie.
La difficulté du procédé est un reproche peu fondé. Sans doute, le placement du fil allonge un psu l'opération et sa technique est délicate, mais on y réussit facilement avec un peu d'habitude et si par inadvertance on coupe le fil pendant la section, il suffit de faire l'iridectomie après l'avoir retiré l.
La crainte d'infection à la laveur du fil jouant le rôle de corps étranger est peu fondée; sur plus de cinq cents extractions avec suture, nous ne l'avons jamais observée. La réaction déterminée par le fil est nulle.
Par contre la suture réalise certains avantages :
a) Elle facilite un nettoyage complet du sac 'cristallinien, avec la curette introduite au besoin à plusieurs reprises par les parties latérales de la plaie, ou au moyen de l'aspirateur, sans risquer de perte de vitré.
b) Elle exige un décubitus moins prolongé et permet un lever précoce, dès le lendemain ou le jour même de l'opération, avantage appréciable chez les sujets âgés, bronchitiques ou emphysémateux, toutes les l'ois en un mot qu'ily a intérêt à ne pas garder les malades au lit.
c) Mais surtout elle met à l'abri du prolapsus irien. Sans doute la hernie irienne peut survenir, mais elle se borne alors à un pincement latéral et n'atteint jamais les proportions observées après l'extraction simple dont elle constitue le gros danger. Aussi la suture est-elle toajoursindiquée dans tous les cas où, pour des raisons esthétiques ou tenant à la nature de la cataracte, on pratique l'extraction simple ; celle-ci sans la suture n'est plus permise à l'heure actuelle. Même associée à l'extraction combinée elle donnera une sécurité plus grande
1. La suture peut d'ailleurs èlre placée à nouveau, soil après la section ou à la Pin de l'extraction; on redoublera seulement tic prudence afin d'éviter l'issue du vitré.
el c'est le procédé adopté à la clinique ophtalmologique de L'Hôtel- Dieu par le professeur de Lapersonne.
d) Elle constitue une mesure de prudence, une perte de vitré pouvant toujours survenir, et sera toujours faite, tout au moins dans les cas où on a quelque raison de craindre celte dernière éventualité (cataractes volumineuses, intumescentes, subluxation du cristallin, malades émotifs, nerveux). D'autant plus que l'irideclomie est souvent impossible alors, en raison de l'indocilité du sujet, précisément dans ces cas où elle serait le plus indiquée, la moindre traction sur l'iris exposant chez ces derniers à une large irido-dialyse.
e) Enfin la suture est formellement indiquée chez les très jeunes enfants dans toutes les opérations portant sur l'iris et la cornée.
A défaut de suture il nous paraît sage de faire systématiquement un lambeau à pont conjonctival. Comme la suture il préviendra la plupart des complications, même l'issue du vitré, dont il atténue tout au moins la gravité. Si bien que les deux opérations de choix nous semblent à l'heure actuelle l'extraction avec suture, celle-ci indispensable si on ne fait pas l'iridectomie, et l'extraction avec lambeau à pont conjonctival qui nous reste à étudier.