LAVAGE DE LA CHAMBRE ANTÉRIEURE
Pratiqué déjà par Saint-Yves, qui s'en servait dès 1730 pour évacuer les collections purulentes inlra-oculaires, le lavage de La chambre antérieure, fut remis en honneur à la fin du siècle dernier par Vacher el Panas et tout récemment par Làgrange et Aubarel1'
On injecte dans la chambre antérieure, à La fin de l'extraction, un liquide antiseptique ou mieux aseptique, afin d'expulser mécaniquement les masses qui ont pu demeurer dans le champ pupillairc. Cette manœuvre est facilitée par la suture de La cornée ou la présence du pont conjonctival.
Technique. — Instui USKTS. — Le point capital est de se servir d'une sei. Laonaboi f.-t Ai habkt, Lavage Intra-ocolafre dans L'opération du La cataracte.
Areh. d'ofihlalm., 1!)05, p. 73.
ringue à double courant, permettant l'injection et l'aspiration simultanées, el donl l'idée première revient à Chibret. Avec la seringue ordinaire, le liquide injecté dans la chambre antérieure l'orme tampon el s'oppose à l'entrée et à la sortie de tout autre liquide. 11 faut pour y réussir exercer une pression assez forte qui peut amener des résultats détestables.
On se servira delà seringue d'Aubaret (fig. 158), de la dimension d'une seringue d'Ànel.Elle a l'avantage de réaliser l'injection et l'aspiration avec un seul corps de pompe.
Fig. 158. — Seringue à double effet pour l'aspiration îles lit/aides el le lavage simultané de la chambre antérieure, avec canule à double courant (Aubahet).
Le liquide, situé au-dessus du pislon lorsque la seringue est chargée, se trouve refoulé dans l'œil par l'un des conduits, puis immédiatement aspiré et conduit par une tubulure latérale dans l'extrémité supérieure du corps de pompe où il s'accumule.
Liquide a injecter. — La seringue, stérilisée, est remplie avec uue solution de chlorure de sodium à 7 p. 1.000, liquide se rapprochant de la constitution physiologique de l'humeur aqueuse et incapable d'altérer les éléments anatomiques, en particulier l'endothélium de Descemet.
Lagraugc et Aubaret injectent le liquide suivant qui s'en rapproche encore davantage.
Chlorure du sodium '. . 7 grammes.
La solution est placée dans des flacons de 100 grammes stérilisés à l'autoclave et réchauffés au bain-marie jusqu'à 37".
La seringue est chargée lentement, purgée de la moindre bulle d'air, et le piston est poussé doucement après que le bec de la canule a été enfoncé de quelques millimètres dans la chambre antérieure, parallèlement à la face postérieure de la cornée, tandis que le sujet regarde en bas. Si la suture a été faite le blépharostal peut être laissé en place et le globe maintenu avec la pince. Dans le cas contraire, on se contenterait de soulever doucement la paupière avec le doigt tandis que le sujet regarde en bas, et l'instrument serait enlevé au moiudre mouvement de l'œil.
Indications. — Cataractes molles, avec hypotonie, ou Intumescentes, lorsque la déhiscence des masses centrales se fait mal, en particulier chez les sujets encore jeunes, lors de cataractes incomplètes, ou chez les sujets âgés dans les cataractes choroïdiennes ; souvent malgré un nettoyage apparent parfait on observe des cataractes secondaires épaisses et le lavage
Chlorure de calcium Sulfate de pillasse .
lîau distillée . .
■0 gr. 10 0 gr. 20 1000 grammes.
peut rendre de grands services; de même encore dans les cataractes traumatiques.
11 est inutile dans leà cataractes dures, où le simple arrachement partiel de la capsule donne une pupille bien noire.
Il est contre-indiqué chez les sujets très indociles, ne permettant pas à l'opérateur d'introduire en tonte sécurité la canule dans la chambre antérieure; de même dans tous les cas d'hyperlonie du globe qui tous commandent de terminer rapidement l'opération, en raison du danger de perle du vitré si on~h'a pas fait la suture de la cornée. D'une manière générale, toutes les fois que les lèvres de la plaie ne sont pas régulièrement coaptées et bâillent, indice d'hyperlonie et de tendance à un prolapsus du vitré qu'on aperçoit souvent entre les lèvres de celle-ci, mieux vaut se garder d'introduire à nouveau aucun instrument dans la chambre antérieure et appliquer aussitôt le pansement, même si le champ pupillaire n'est pas tout à l'ait net.
i. — PARALYSIE TEMPORAIRE DES PAUPIÈRES
Le blépharospasme, ou, chez les sujets 1res nerveux, des contractions constantes et involontaires de l'orbiculaire des paupières, exposant sans cesse à l'issue du vitré, pourront être évitées par la paralysie temporaire de l'orbiculaire, recommandée par Van Lint et Villa rd ».
Cette paralysie sera facilement obtenue, soit par une anesthésie tronculaire du facial, ou plus simplement par un barrage à l'endroit des filets nerveux qui, du facial, gagnent l'orbiculaire.
On se servira de la solution de novocaïne au centième, dont on injecte .') centimètres cubes environ en deux injections. La première pénètre un peu au-dessus et en dehors de la queue du sourcil, en A. (fig. 159y ; l'aiguille est enfoncée assez profondément, et non pas seulement dans les couches superficielles du tissu cellulaire sous-cutané, jusque vers la limite inférieure de la paupière inférieure et on injecte environ 2 cenlimèlres cubes de liquide. L'aiguille est retirée, puis introduite à nouveau à la limite extrême de la région injectée, et elle est dirigée en dedans vers la partie supérieure de l'aile du nez, suivant un trajet BC qui doit se tenir à peu près parallèlement et à 1 centimètre environ au-dessous du rebord inférieur de l'orbite, tandis qu'on injecte à nouveau 2 cenlimèlres cubes, encerclant par ces deux injections environ la moitié du pourtour orbilaire. Il est important de ne pas pratiquer les injections trop près des paupières ou à leur niveau afin d'éviter l'œdème considérable qui en résulterait et qui gênerait l'opération de calaracte.
four augmenter l'action paralysante, ou peut ajouter une troisième injection, cette dernière nullement indispensable d'ailleurs.
I. Vrr.LARD, Paralysie temporaire des paupières dans l'opération de calaracte. Ann. for.ulUtiqtu, I9H), p. 352.
L'aiguille est introduite à 1 ou 2 centimètres de la commissure externe en D, dirigée vers la région parotidienne et poussée successivement dans trois directions un peu divergentes DE, DE', DE", de façon à injecter le reliquat du liquide, c'est-à-dire un centimètre cube environ, en éventail autour du point d'entrée.
La parésie temporaire des paupières qui résulte de ces injections est parfaite. On peut opérer ensuite en toute sécurité, sans craindre la contraction de l'orbiculaire et l'issue du vitré qui peut en résulter.
Fig 159. — Tracé des injections pour lu paralysie temporaire de l'orbiculaire (Vii.lard). F. Nerf facial. La zone grisée indique l'étendue de la région analgésiée.
La méthode est donc particulièrement recommandable chez les sujets nerveux, indociles, en particulier si l'on doit pratiquer l'extraction du cristallin dans sa capsule. L'issue large du vitré, si facile ici, aura beaucoup moins de chance de se produire, les paupières de l'opéré étant largement paralysées et incapables par conséquent d'exercer sur le globe largement ouvert une pression dangereuse.
Le seul danger après l'opération est le manque de coaptation des paupières parésiées. On aura soin au moment de l'application du pansement que celles-ci soient bien en contact et maintenues dans cette position par la pression douce du pansement binoculaire,