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SO/.VS AUX OPÉRÉS ET ACCIDENTS POST-OPÉRATOIRES

conformer, tout en tempérant plus ou moins la rigueur de ces préceptes. Le malade demeure couché, sur le dos de préférence ou sur le côté non opéré, dans une chambre sombre, en évitant les mouvements, surtout les premières vingt-quatre heures.

L'obscurité de la chambre n'est pas indispensable : on se contentera de tirer les rideaux et de recouvrir les lampes d'abat-jour suffisamment épais pour que la lumière n'arrive pas sur la face de l'opéré, car elle pénètre à travers le pansement et incommode.

Il parlera peu, évitant de se coucher sur le côté (jamais du côté opéré , et ne prendra que des aliments liquides ou demi-liquides, afin de supprimer tout effort de mastication. De même toute envie d'éternuer et de tousser sera réprimée dans la mesure du possible, et tout au moins le sujet éternuera en ouvrant la bouche, afin d'éviter tout effort; il se mouchera doucement.

Le malade est revu le soir même. On prescrira 1 gramme de chloral ou tout autre calmant s'il craint de ne pouvoir dormir'; il aura à portée une sonnette pour appeler. S'il ne semble pas très calme, on peut attacher un peu les mains au bord du lit, de façon à éviter tout mouvement involontaire vers le globe oculaire. Quelquefois cependant, chez les sujets nerveux, le seul fait de se sentir attaché augmente leur indocilité et mieux vaut alors placer auprès d'eux une garde.

Le pansement binoculaire est laissé deux jours en place, à condition que l'opéré ne souffre pas. L'occlusion des deux yeux n'est pas indispensable. Elle sera maintenue cependant les vingt-quatre ou quarante-huit premières heures, si le sujet la supporte ; car en raison de la synergie d'action des deux globes, seule elle assure une parfaite immobilité et hâtera la cicatrisation.

Le pansement ne sera pas trop serré et ne comprimera pas le globe. Les bandes de flanelle sont trop échauffantes et le colon tissé rarement assez souple. On donnera la préférence aux bandes de crépon V'elpeau, larges de 4 à o centimètres. Le professeur de Lapersonne, pour plus de sûreté contre l'infection, emploie à la clinique de l'Hôtel-Dieu le pansement collodionné.

On a cherché à remplacer les bandes par de petites bandelettes agglatiriatiVes, disposées en croix au-dessus de rondelles de colon et rattachées au nez, au front et à la joue.

Ce m ' ri de protection est insuffisant, car les bandelettes se décollent. Certains opérateurs oui proposé de renforcer le pansement au moyen de coques grillagées solides dig. 160} 4 Oellcs-ci en se déplaçant, peuvent traumatiser le globe. La hande. suffit, .Si elle est mal tolérée, elle pourrait cire rapidement remplacée par un monocle li i. insulaire en taffetas noir.

Les douleurs qui suivent l'opération durent huit à dix heures et

se traduisent par uïie sensation de cuisson au niveau de la plaie cornéenne, accompagnée ou non de petits élancements. Elles vont en diminuant et disparaissent d'ordinaire dans la soirée. Elles ne doivent donc éveiller aucune crainte, et pourraient être calmées, si elles persistent, par deux ou trois pilules d'opium prises à une heure d'intervalle (2 centigr, par pilule).

Fif. 160. — Masque grillage pour opérés de cataracte.

Si le sujet accusait, le lendemain, une douleur vive de forme lancinante, alors que celle occasionnée par l'opération avait cessé, on n'hésiterait pas à lever le pansement et à en rechercher la cause.

En l'absence de toute douleur, le pansement est donc laissé en place un ou deux jours, suivant que le sujet est plus ou moins patient, puis renouvelé.

Sa levée exige une extrême délicatesse. Le lit est éclairé par une hougieouune petite lampe élecLrique placée derrièrela tète du malade. Recommandant àcelui-cide ne faire aucun effort et de ne pas soulever la tête, la bande est enlevée. On commencera par laver le front et toute la région péri-orbitaire, ce qui procurera au patient une sensation très agréable, puisl'œil sain, dontles paupières sonlquelquefois légèrement agglutinées. Ensuite on lave très doucement le bord des paupières du côté opéré, en ayant soin de ne pas presser sur le globe et en exécutant de petites tractions sur la paupière inférieure, de manière à ouvrir la fente palpébrale, tandis que l'opéré regarde en haut.

Le malade est engagé alors à regarder en bas et à ouvrir doucement les yeux sans cligner. Le chirurgien soulève avec le pouce la paupière supérieure de l'œil opéré, avec autant de précaution qu'à la lin de l'extraction. 11 a soin de ne pas presser sur le globe et appuie à peine, de manière à n'opposer aucune résistance si le malade vient à contracter l'orbiculaire.

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Le sujet regarde en bas et l'aide approche de l'œil opéré la flamme d'une bougie maintenue d'abord derrière la tête du malade et portée graduellement à environ 30 centimètres en avant pour habituer l'œil peu à peu à la lumière.

Le chirurgien s'assure que la chambre antérieure est reformée ; qu'il n'y a ni inflammation, ni enclavement, ni aucune autre complication

Recommandant alors au malade de regarder en haut et abaissant légèrement la paupière inférieure avec l'index, une goutte d'alropine en solution aqueuse à 1 p. 100, tiédie au préalable, est instillée, la chaleur diminuant le spasme de l'orbiculaire causé par l'instillation. Le malade ferme doucement les yeux et un pansement monoculaire est appliqué; l'œil sain est protégé par une petite rondelle de taffetas noir flottante.

Si la chambre antérieure n'était pas reformée on pourrait cependant laisser libre l'œil non opéré. On recommanderait seulement de continuer les même précautions, d'éviter les mouvements, et on remettrait l'instillation d'atropine au prochain pansement.

Les jours suivants le pansement est renouvelé et il est inutile d'instiller de nouveau de l'atropine lorsque la dilatation pupillaire est jugée suffisante. Le mydriatique n'a d'autre but que d'empêcher la formation de synéchies qui résulteraient d'une immobilité pupillaire prolongée, de la même façon que l'ankylose se développe dans une articulation longtemps immobilisée.

En l'absence de toute complication le malade se lève en évitant toute secousse. Il peut fairè quelques pas et prendre une nourriture plus substantielle, en se gardant cependant de tout effort de mastication, car la cicatrice, encore très faible, purement épithéliale, se rouvrirait facilement ffig. 161).

Si on a fait la suture de la cornée, le malade pourra se lever plus tôt, le surlendemain ou même le lendemain. De même, le lambeau à pont conjonctival, en favorisant la cicatrisation, permet un lever plus précoce.

\ers le huitième jour, le pansement est remplacé, au moins pendant le j'»ur, par des coquilles fumées ou de teinte Fieuzal n° 3, munies latéralement de taffetas noir, et réappliqué la nuit. Vers le douzième jour, surtout si le malade a un sommeil calme et tranquille, le pansement est définitivement supprimé.

I ontffois il sera sage de prolonger assez longtemps son application pendant ta nuit, afin d'éviter pendant Le sommeil un choc involontaire qui rouvrirait la cicatrice et pourrait amener une hémorragie intra-oi uluire. Mais l'occlusion prolongée entraîne rapidement des phénomènes de Conjonctivite; aUSSi à la moindre menace d'appai i-

tion^de colle-ci, au besoin même dès les premiers jours, le pansement serait enlevé.

La rougeur de l'œil disparaît rapidement, mais ce n'est guère que

Fig/161. — Opération de cataracte. Coupe méridienne. Quatrième jour. Gnoss. : 18 D.

La cicatrisation épithéliale seule est achevée. L'épithélium coraéen (e) relie à la manière d'un pont les deux lèvres de la plaie qu'il ferme en avant et protège contre la pénétration de germes septiques. — Au-dessous l'espace intermarginal est comblé par un tissu fibrinoïde aréolaire (/), fourni en partie par l'humeur aqueuse condensée et contenant quelques noyaux épithéliaux (é) et une grande quantité de leucocytes. — En arrière, la membrane de Descemet [d) n'est pas encore reformée : la cicatrice est seulomenl fermée par ce tissu lîbrinoïde condensé (/') doublé de l'cndothélium. — s. o. Stroma de la cornée. — h. Membrane de Bowman.

Les lèvres de La plaie sont très écartées et l'astigmatisme considérable; elles se rapprochent avec les progrès de la cicatrisation et l'astigmatisme diminue.

trois semaines ou un mois après l'opération que le globe a repris son aspect habituel.

Le malade peut quitter l'hôpital le dizième ou douzième jour, à condition de prendre de grandes précautions, la cicatrice étant encore très faible.

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