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CATARACTES CONGÉNITALES

Les dimensions à donner à l'incision varient avec la consistance de la cataracte ; il n'y a pas là de règle fixe et on ne craindra jamais de la faire trop large.

Ce premier temps se réduit à une simple paracentèse à la pique. Celle-ci est enfoncée sans aucun mouvement de retrait cl retirée avec les précautions habituelles, en évitant l'issue trop rapide de l'humeur aqueuse qui pourrait entraîner un prolapsus de l'iris. La section, si elle est jugée insuffisante, serait agrandie au moment du retrait de l'instrument avec son tranchant latéral.

Deuxième temps. Discision de la c>psile. — Ce deuxième temps ne diffère pas FlG 185 Extraction de celui de l'extraction simple. Le kystitome linéaire. Sièye de Vinest introduit à plat; avant que la pointe ait cision. atteint le bord inférieur de la pupille, l'opérateur lui imprime un quart de tour en arrière et incise très superficiellement la capsule dans toute l'étendue de la pupille. Le kystitome est ensuite retiré à plat, puis la pince fixatrice, sans presser sur le globe.

Troisième temps. Extraction. — Aussitôt la discision, les masses cristalliennes ramollies s'échappent. On en facilite la sortie en pressant légèrement avec la spatule sur la moitié inférieure de la cornée tandis que la curette déprime la lèvre postérieure de la plaie v. fig. 140). Si quelques masses restaient retenues, elles seraient évacuées avec la curette. Mais celte manœuvre, généralement inutile en raison de la consistance molle de la cataracte, est dangereuse chez les enfants indociles, si on a pas eu recours à l'anesthésie générale.

La réduction de l'iris se fait naturellement après la sortie des masses opaques. Elle sera facilitée par un massage léger du globe à travers la paupière supérieure, ou même par l'introduction de la spatule à plat entre les lèvres de la plaie. Cette dernière manœuvre permettra de s'assurer qu'aucune masse cristallinienne ne demeure retenue dans l'incision. Si l'iris a tendance à se prolaber, on n'hésiterait pas à exciser la partie herniée aussitôt après la ponction de la cornée ou môme au cours ou à la fin de l'extraction.

Une goutte d'ésérineen solution huileuse est instillée, puis un pansement occlusif binoculaire est appliqué, laissé en place vingt-quatre heures et renouvelé les jours suivants sur l'œil opéré.

Complications. — a) Prolapsus de l'iris. — 11 est provoqué

a le gros inconvénient d'exposer plus tard à l'éblouissement si une Lridoctomie devient nécessaire an cours de l'opération. Au contraire, avec la section placée on haut, on nh-sitera jamais à la faire si l'iris vient se prolaber, car le colobome

irien, recouvert par la paupière, ne généra pas la vision.

VARIÉTÉS DE CATARACTE

par l'indocilité et les étroi ts du sujet et s'observe surtout avec les incisions trop rapprochées du limbe ou à son niveau. 11 est peu à craindre avec la section faite un peu en avant du limbe, surtout si on a soin d'exciser toute hernie qui se réduit mal. L'enclavement une t'ois produit serait traité par les moyens habituels.

b) Issue du vitré.— L'accident dépend de l'opérateur ou del'opéré.

Il 'est dû dans le premier cas à une discision trop profonde intéressant aussi la cristalloïde postérieure. On ne saurait donc disciser trop prudemment. On l'ait une discision légère, très superficielle et on imprime;') l'instrument un quart de tour aussitôt la discision, afin d'éviter que la cristalloïde postérieure ne vienne se jeter sur la pointe du kystitome, ce qui peut arriver lors de cataractes déliquescentes.

On peut l'observer clans le second cas à la suite de l'introduction de la curette dans la chambre antérieure si le sujet est indocile.

c) Rétention des masses opacifiées dans la chambre antérieure. — Elles se résorbent naturellement et ne nécessitent aucune intervention.

d) Rétention du noyau. — Celte complication, très désagréable, est due à une section trop petite ou surtout au volume trop considérable du noyau, lorsque l'opérateur s'est trompé sur la consistance de la cataracte qu'il supposait tout à fait molle. Ce diagnostic est souvent fort difficile, la cataracte des jeunes sujets pouvant quelquefois renfermer un noyau dur et volumineux. On ne craindra donc pas de faire une incision cornéenne un peu large ; elle serait agrandie avec les ciseaux si pareille complication se présentait.

e) Infection. — Elle est peu à craindre si les précautions antiseptiques habituelles ont été prises. Une plaie à la pique se cicatrise très rapidement et risque moins de s'infecter que la plaie au couteau de l'extraction simple. Nous renvoyons, pour la conduite à tenir en présence de cette complication et de toutes celles qui peuvent se présenter, à ce qui a été dit au chapitre V page 2 Mi.

Indications. — Comme la discision qu'elle peut remplacer ou compléter, l'extraction linéaire est réservée aux cataractes molles et sera rejetée si le sujet a dépassé ?S ou 30 ans.

a) Elle doit être faite dans toutes les cataractes molles, de préférence à la discision, en raison des inconvénients de celte dernière.

b) Elle peut la compléter si, à la suite d'une ou plusieurs discisions, la résorption des masses crislalliniennes s'arrête.

c) Enfin elle devient une opération d'urgence lorsque, à lasuilede discisions trop profondes et trop larges, ou de cataractes traumatiques, l'intumescence considérable de la lentille détermine de violentes poussées d'irido-cyclite ou des attaques de glaucome qui ne cèdent pas au traitement médical.

CATARA C TES COMPLIQUÉES

La règle, lors do cataractes traumatiques, est de ne pas se hâter d'intervenir, celles-ci pouvant se résorber naturellement ou devant être opérées à froid après que toute trace de réaction a disparu, si la résorption est incomplète. Mais si une poussée d'hypertonie survient qui ne cède pas aux myotiques, l'extraction immédiate des masses opacifiées combinée à l'iridectomie reste la seule chance de sauver le globe.

L'iridectomie sera donc faite aussitôt avec la pique, ou au couteau en l'absence de cbambre antérieure, et sera suivie de l'extraction des masses molles.

t/i L'extraction linéaire est encore indiquée dans la cataracte membraneuse consécutive à la résorption incomplète de cataractes molles ou traumatiques. La membranule", si elle est peu adhérente à l'iris, serait extraite avec la pince spéciale après ponction cornéenne à la pique.

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