CATARACTES COMPLIQUÉES
Nous rangeons dans cette catégorie toutes les cataractes qui ne se présentent pas dans des conditions absolument normales, soit que la complication provienne d'un état général (diabète, albuminurie, goitre exophtalmique, affection pulmonaire, maladie de cœur, affection prostatique, etc.), ou locale (cataracte traumatique, myopie forte, subluxation du cristallin, synéchies postérieures, altérations du vitré, décollement de la rétine, glaucome, etc.).
Dans le premier cas, l'affection générale sera traitée tout d'abord. On s'assurera que la quantité de sucre n'est pas trop élevée, ou sujette à de trop grandes variations1. L'intervention une fois décidée, on fera toujours l'extraction combinée, complétée par la suture ou tout au moins par le pont conjonctival, l'enclavement étant particulièrement à craindre. Souvent même o/i se trouvera bien de l'iridectomie préparatoire, qui aura le double avantage de faciliter l'extraction ultérieure et de renseigner sur le degré de résistance du malade et sur la manière dont il se comporte.
Parmi les complications locales nous laissons de "côté les inflammations des annexes, conjonctivites, blépbarites, dacryocystiles et autres. Elles nécessitent un traitement spécial longtemps prolongé et l'extraction ne serait faite qu'après disparition complète de l'infection de voisinage. La dacryocystite sera traitée par l'ablation du ?ac lacrymal. Nous ne nous occuperons ici que des complications tenant à une lésion préexistante du globe. Llles impriment à la- cataracte un cachet particulier qui la dislingue de la cataracte sénile,
1. VtMMimutf, ta Ottaracie diabétique* Tbàic de Parte, 1ÎI04.
VARIÉTÉS DE CATARACTE
qu'on pourrait appeler- physiologique par opposition à ccllcsqui nous restent à étudier et qui sont véritablement pathologiques.
Parmi celles-ci la cataracte traumatique, en raison de son importance, de son aspect spécial et des traitements différents qu'elle peut réclamer suivant le moment de l'intervention, mérite d'être envisagée séparément.
A. — CATARACTES TR WMATIQUES
Définition. — On dit qu'il y a cataracte traumatique lorsque, à la suite d'une blessure de l'œil, le cristallin s'opacifie. Le mécanisme eu est simple : elle s'observe après une plaie pénétrante de la cornée ou de la sclérotique, lorsque le sac capsulaire est en même temps intéressé l.
Marche. — Le processus est bien différent suivant que l'accident apparaît chez un sujet jeune n'ayant pas dépassé 30 à 40 ans ou chez un sujet âgé.
Dans le premier cas, l'humeur aqueuse pénètre par la brèche capsulaire entre les fibres cristalliniennes qui se gonflent, se désagrègent et tombent dans la chambre antérieure. Elles sont peu à peu emportées dans la circulation par l'intermédiaire des veines ciliaires antérieures et du canal de Schlemm, tandis que de nouvelles fibres situées plus profondément se désagrègent à leur tour et suivent le même chemin. On peut ainsi observer une résorption totale de la lentille; mais elle e>t d'ordinaire entravée par diverses complications.
Chez les sujets âgés, la résorption est forcément incomplète et peut même faire défaut lorsque le cristallin est entièrement sclérosé. La blessure se traduit seulement par un trouble limité à la région intéressée, mais il n'est pas rare d'observer en même temps une subluxation de la lentille. Elle est due à la résistance rencontrée par le corps vulnérant qui refoule le cristallin au lieu de le pénétrer.
Cette subluxalion se rencontre aussi, quoique plus rarement, dans les cataractes traumatiques des jeunes sujets et vient assombrir le pronostic.
Complications. — Elles sont identiques à celles qui peuvent suivre la discision, cette dernière opération nlétant autre chose qu'une cataracte traumatique faite avec intention et dans des conditions déterminées.
1. Toutefois le traumatisme est capable, contrairement à ce qu'on croyait autrefois, de produire une cataracte, alors même que la capsule est intacte. Le mécanisme est peu connu. Tantôt c'est un trouble léger caractérisé par une striation librillaire visible à l'ophtalmoscope dans le champ pupillaire; il apparaît rapidemenl et disparaît dans les jours qui suivent. Le plus souvent l'opacité apparaît tardivement ; elle peut rester stationnaire ou se compléter et procède alors comme une cataracte ordinaire. Les cataractes traumatiques sans ouverture de la oristalloïde semblent toujours la conséquence de lésions de l'épithélium sous-capsulaire.