CA TA KAC TES COMPLIQUÉES
abandonnée loutcs les fois que le lonus semble supérieur à la normale.
En résumé on se bornera, au début, à combattre l'inflammation eu surveillant le tonus qui peut être diminué ou exagéré; l'atropine, nécessaire dans le premier cas, serait funeste dans le second. Le malade sera donc suivi de près les premiers jours et l'action du mydriatique exactement contrôlée.
l'ius tard, lorsque les phénomènes inflammatoires ont cédé et que l'œil a une tension suffisante, on se borne à maintenir la pupille suffisamment dilatée afin de favoriser la résorption des masses qui peut être totale chez les sujets très jeunes, surtout si l'inflammation du début a été peu accentuée. Elles sont peu à peu emportées et il ne reste plus que le sac capsulaix-e transparent, comme après l'extraction simple de la cataracte. Mais le plus souvent, après plusieurs semaines ou plusieurs mois, la résorption s'arrête et une intervention devient nécessaire1.
6 Traitement chirurgical. — La conduite à tenir est très différente suivant que l'évolution de la cataracte se fait d'une façon normale ou, au contraire, est interrompue par des complications inflammatoires ou glaucomateuses qui peuvent réclamer une opération immédiate.
1 Dans le premier cas on attendra, pour intervenir, que toute trace d'inflammation ait disparu. Sans établir ici une règle fixe, nous croyons prudent de n'opérer que cinq à six mois après le début de l'accident, après s'être assuré que la résorption demeure stationnaire et ne semble pas devoir continuer. Le pansement témoin, appliqué la veille de l'opération, renseignera sur la tolérance de l'organe ; si l'œil s'irrite et s'enflamme sous le bandeau, l'opération serait remise.- De même s'il réagit et rougit quand la conjonctive est saisie avec une pince.
La tension intra-oculaire est le meilleur guide de la conduite à tenir : augmentée, elle impose l'intervention immédiate; diminuée, elle conlre-indique toute intervention; normale elle permet d'attendre et d'agir plus tard dans de bien meilleures conditions.
Le chirurgien a le choix entre plusieurs procédés : paracentèse, discision, extraction linéaire ou extraction totale.
La paracentèse sera réservée aux cas où des masses molles restent retenues dans la chambre antérieure, surtout s'il y a en même temps une légère hypertonie. La ponction de la cornée, en donnant issue à ces masses et en diminuant la tension, favorisera la résorption. Elle peut être répétée plusieurs fois à quelques jours d'intervalle.
1. F. M Lapf.rso.vik, \)c l'Opportunité de l'intervention dans la cataracte traumatique. Batt. 'le la soc.franç. d'ûphlalm,, 1892.
VXMtÉ.TÉS DE CATARACTE
La dwaisim avec l'aiguille a aussi élé conseillée lorsque la résorption demeure slationnaire. Eu raison des dangers auxquels elle expose, mieux vauL recourir à l'extraction linéaire.
Extraction linéaire. — Elle sera faite suivant le procédé indiqué plus haut, avec ou sans- iridectomie.
La cataracte se trouve ensuite réduite au sac capsulaire avec ou sans débris cristalliniens dans son intérieur et celui-ci peut être enlevé quelques mois après avec la pince spéciale après ponction à la pique comme une cataracte secondaire.
Si la .cataracte résulte de la pénétration d'un corps étranger, retenu dans la lentille ou clans l'intérieur du globe, on ne se hâterait pas d'intervenir. Si le fragment est dans le cristallin, la cataracte serait enlevée plus lard comme une cataracte ordinaire après iridectomie préalable, lorsque toute trace d'inflammation aura disparu. Le pronostic est moins favorable en raison des altérations du vitré qui peuvent exister. Si le corps étranger, dans l'intérieur du globe, est bien toflêré, mieux vaut s'abstenir de toute intervention.
Extraction, totale dans la capsule. — L'opération, étudiée plus loin, ne serai L faite que si la cataracte est subluxée, ce qui arrive surtout chez les sujets âgés, et détermine des phénomènes inflammatoires ou des poussées d'il ypertonie. Elle se présente toujours dans de mauvaises conditions ; c'est, en somme, le traitement des subluxations du cristallin (v. p. 268) avec toutes ses incertitudes et il sera prudent de faire au préalable une ou plusieurs sclérotomies antérieures afin de diminuer le tonus.
2" Intervention d'urgence. — Le temps, dans la cataracte traumatique, est un des principaux agents de réparation, nous l'avons vu. I ne intervention immédiate ne serail indiquée qu'en présence de complications glaucomateuses qui ne céderaient pas rapidement aux m yoliques.
Suivant l'intensité des phénomènes réactionnels, on se contentera de paracentèses ou de sclérotomies antérieures ou on aura recours à l'irideclomie et même à l'extraction totale.
Les paracentèses et les sclérotomies antérieures conviennent aux poussées légères d'Iiypertonie susceptibles de céder à l'évacuation de l'humeur aqueuse ; elles peuvent être répétées à quelques jours d'intervalle.
Si le gonflement de la cataracte est considérable et l'élévation du tonus, très marqué, on pratiquera aussitôt l'iridectomie et l'extraction des masses molles. Celte extraction linéaire avec excision large de l'iris .suffit le plus souvent à faire disparaître les phénomènes glau-
comateux.
Valeur professionnelle de l'œil aphaque. — Le grand nombre de cataractes traumaliques consécutives à des accidents de travail
CA TARACTES COMPLIQUÉES
ou à des blessures de guerre soidève la question de la valeur 'professionnelle de l'œil aphaque. Elle dépend en partie du résultat de l'Intervention, mais est également influencée par d'autres Facteurs : perte d'accommodation, éblouissemcnl, nécessité du port de lunettes, etc.. dont il y a lieu de tenir compte dans l'appréciation du dommage.
On prendra pour base le cbiffre de 1/6 à 1/4 d'acuité, celle de l'autre œil étant supposée égale à l'unité. Dans ces conditions, si la fixation est bonne, le champ visuel normal, l'appréciation du relief conservée, il semble légitime de limiler la réduction de capacité à 15 p. 100.
L'acuité s'abaisse-t-elle au-dessous de 1/4 à 1/6, depuis ce chiffre jusqu'à 1/10, la réduction tombe brusquement et oscille suivant l'âge entre 20 et 25 p. 100. Mais aussi elle est capable de s'améliorer beaucoup chez les sujets jeunes et adroits qui, après un ou deux ans peuvent ne plus ressentir aucune gêne de leur infirmité.
Enfin l'acuité est-elle moindre de 1/10, l'œil peut cire considéré comme atteint de cécité et la réduction pourra alors être estvmée à 30 p. 100, à moins que le champ visuel binoculaire demeure intact.
Si à la diminution de vision centrale viennent s'ajouter d'autres altérations, la réduction de capacité se trouvera naturellement augmentée.
Les taies de la cornée, les déformations de l'orifice pupillaire, le colobome, etc., déterminent des troubles beaucoup plus gênants que la seule diminution de l'acuité monoculaire, qui n'influence guère la plupart des professions manuelles.
Éléments d'appréciation. — Sans correction l'acuité visuelle d'un œil aphaque, normal auparavant', est toujours inférieure à 1/10. Celui-ci ne supportera pas d'ordinaire le port du verre correcteur, si le congénère est doué d'une bonne vision, en raison de Vanisomélropie considérable qu'il entraîne. Par contre le champ visuel demeure sensiblement normal et le champ binoculaire n'est nullement rétréci.
aj La perte de la vision binoculaire acquiert une importance primordiale dan- ccrlaines professions, ce qui est l'exception. L'âge est aussi un facteur important. Les sujets jeunes arrivent assez facilement, d'autant mieux qu'ils sont plus jeunes et plus intelligents, à une appréciation monoculaire des distances.
ParJoifi les aphaques se plaignent d'une sensation (LléMouissemenï, d'un trouble vague dans la vision des objets dont l'image est indistincte, surtout si la pupille est large, au point d'être obligés de cacher l'œil opéré. Enfin il se développe quelquefois du strabisme avec secondairement fle la dipiopie.
I>) Le dommage le plus considérable résulte de la diminution de la vision centrale. Toutefois un affaiblissement marqué, l'acuité n'atteignant guère que l it), est compatible encore avec la vision sléréoscopique et la vision binoculaire de profondeur, si les deux yeux ont une réfraction senrililement identique Cl sont »-n situation normale {'ce qui exclut le strabisme). M n'en
VARIÉTÉS DE CATARACTE
est plus de même si La réfraction esl très inégale: l'anisométropie considérable résultant de l'aphakie unilatérale, au même litre que le strabisme, empêche l'appréciation binoculaire exacte du relief.
c] Enfin les lésions concomitantes (taies cornéennes, leucomes adhérents,
etc.), viennenl augmenter encore la réduction de capacité. Le il mage sera
donc évalur pour chaque cas individuel.
Mais d'une manière générale, la perte d'un œil entraine le plus souvent peu de dommage pour l'ouvrier, surtout s'il continue le même métier, el l'indemnité qu'il en retirera sera presque toujours supérieure à la réduction de capaoité professionnelle subie.