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III. — OPÉRATION DU PTERYGION

L'affection est ordinairement liée à une irritation constante, mais il faut en outre invoquer la prédisposition, comme pour cette sclérose fibreuse curieuse connue sous le nom de rétraction de l'aponévrose palmaire que Terson en rapproche assez justement.

La tendance récidivante post-opératoire est un des caractères de l'affection et c'est un point à ne pas oublier dans toutes les opérations dirigées contre elle. Elle explique la multiplicité des moyens proposés.

Les nombreux procédés imaginés se ramènent à deux : l'excision et la transplantation, cette dernière étant toujours précédée de l'excision.

A. — EXCISION DU PTÉRYGIOIS

L'œil aseptisé et anesthésié, on injecte sous la muqueuse au niveau du ptérygion et en dehors de lui un demi-centimètre cube environ de la solution de novocaïne au centième additionnée d'adrénaline. Après une attente suffisante pour une bonne anesthésié, l'écarteur est mis en place.

L'opérateur saisit largement avec la pince à dents de souris la tête du ptérygion qu'il détache du tissu cornéen à petits coups avec le bistouri. On ira très lentement, en ayant soin de bien enlever tout le tissu membraneux sans intéresser trop profondément la cornée. Le ptérygion est disséqué jusqu'à sa base, toujours à petits coups ; deux incisions obliquement dirigées vers la, caroncule sont faites avec les ciseaux et achèvent l'excision. Ces incisions ne doivent pas dépasser les limites du ptérygion.

Puis avec la fine pointe du thermo ou mieux avec le galvano-cau-

OPÉRATION DU PTÉRYGION

1ère on touche le fond et les bords légèrement opalescents de la cupule cornéenne (Panas). La cautérisation portera de préférence sur la région du limbe et on évitera surtout la partie épisclérale de la plaie.

Les lèvres de la plaie conjonclivale sont réunies par un ou deux points de suture (fig. 278). Afin d'obtenir une réunion plus exacte, précaution importante si on veut éviter les récidives, on peut comprendre dans l'anse du fil située tout contre te limbe les couches les plus superficielles de l'épisclère. Deux incisions conjonctivales libératrices, pratiquées parallèlementau limbe, permettraient le rapprochement des lèvres de la plaie lors de perte de substance étendue.

Un pansement sec est appliqué et laissé en place deux ou trois jours.

La marche envahissante du ptérygion se trouve arrêtée ; mais le procédé ne met pas à l'abri des récidives. Sans doute on ne peut parler ici de récidive au sens exact du mot, puisque le ptérygion semble provenir de la pinguecula et que celle-ci est enlevée avec lui ; mais un tissu cicatriciel de nouvelle formation peut survenir, déterminant un pseudoptérvgion aussi gênant que l'ancien. Un point important est de bien cautériser avec le thermo-cautère la surface d'implantation, et surtout la région du limbe, afin d'éviter la formation d'un nouveau tissu ptérygoïde.

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