TEC [IS1QUE PRÉ-OPÉRA TOI RE
conjonctivaux, auront été soigneusement desinfectes avec la région avoisinante : paupières, sourcil et région frontale ' avant de pratiquer i'anesthésie. En raison de la délicatesse de l'organe, on ne peut se servir des antiseptiques habituels, trop irritants pour la cornée et la muqueuse conjonctivale. Nous leur préférons soit le bnodure de
Fig. 8. — Opération de cataracte 0. G. L'opérateur, placé à la gauche du sujet, reçoit la lumière de droite. L'aide so tient cri face, derrière la tète du malade.
mercure, adopté par Panas, ou le cyanure d'hydrargyre. On formulera :
Biiolure de mercure n,03 centigr.
Alcool à 00" 16 gr.
Eau distillée -1.000 gr.
ou :
Cyanure d'hydrargyre 0,10 ceuligr.
Eau distillée bouillie 4 li,ro-
1. S'il exista une affection dei rotai lacrymale! ou toute autre complication Infectieuse, celle-ci, a oui !<• répétons, devrait être traitée au préalable.
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
La solution, tiédie au préalable, est placée dans un llacon laveur, maintenu à !).'<() ou 0.,50 centimètres au-dessus de la tète du malade. Toute la région péri-oculaire du côté à opérer est savonnée en évitant la pénétration du liquide dans le sac conjonclival. Le savon est enlevé et toute la région lavée avec la solution de cyanure, en ayant soin de bien frotter le bord ciliaire de la paupière.
Aussitôt après le lavage on passe sur toute la région péri-oculaire un tampon de coton hydrophile trempé dans un mélange à parties égales de :
Iode du Codex i Alcool à 90° Glycérine neutre
en ayant soin d'en bien recouvrir les lèvres ciliaires. Nous l'avons employé systématiquement depuis 1914, dans toutes nos opérations et pendant tout le cours de la guerre chez tous nos blessés avec des résultats excellents.
On peut toucher le limbe scléro-cornéen avec ce mélange iodé sans déterminer de réaction appréciable. Dans les opérations sur le globe comportant une section cornéenne limbaire nous touchons quelquefois légèrement la région où doit porter la section avec un peu de coton hydrophile stérilisé enroulé au bout d'un stylet et imbibé de ce mélange s'il y a lieu de craindre l'infection.
L'écarleur est mis en place et les culs-de-sac irrigués, tandis qu'on recommande au malade de diriger le regard en bas, puis en haut, afin d'atteindre toute l'étendue de la conjonctive. Le lavage est fait à l'aide d'une canule stérilisée effilée qui glisse sous le cul-de-sac et est reliée à un bock par un tube de caoutchouc. A défaut d'irrigateur, on se servirait d'un entonnoir en verre auquel ou adapte le tube et la canule.
Tout le champ opératoire est limité pïir des compresses stérilisées : une petite compresse de gaze est placée sur la bouche et le nez pour éviter le contact des moustaches et de la barbe.
Situation de i/opéuateuh et de ses vides. — En général l'opérateur se place derrière la tète s'il s'agit de l'œil droit, et à gauche s'il s'agit de l'œil gauche. Le malade est prié de regarder en bas si l'intervention porte sur le globe, presque toutes ces opérations nécessitant le regard en bas, et l'opérateur l'engage à respirer tranquillement en ouvrant la bouche, afin d'éviter la contraction de Forbiculaire. Le globe est fixé avec la pince fixatrice tenue de la main gauche, à l'opposé du point où doit pénétrer l'instrument cl tout près du limbe, de manière à rendre la fixation et l'immobilité de l'œil aussi complètes que possible et à diminuer sa rotation.
L'aide se place en face de l'opéra leur cl du même côté. La sil nation varie d'ailleurs avec la nature de l'intervention.
T0GHWQÛB PRÉ-OPÉRA TOtRE
tttCBSSiii m\ R i v mais DB prendre point d'appui. - Une précaution importante, en raison de la précision extrême exigée par l'acte opératoire, est de prendre point d'appui sur les surfaces osseuses environnantes avant de commencer l'opération. G est là un précepte de chirurgie générale qui prend ici une importance capitale : à cette condition seulement on évitera le tremblement, si fréquent en chirurgie oculaire, et on acquerra la sûreté requise.
Fixatio» do globe. — Elle est très importante et sera faite, toutes les fois que cela est possible, à l'opposé du point de pénétration de l'instrument ; en dedans, si le couteau doit pénétrer en dehors, en bas si la section est faite en haut. L'œil en effet, essentiellement mobile, roule et fuit sous le couteau. Seule la fixation, à l'opposé du point de ponction, contrebalance la pression exercée par l'instrument tranchant et donne au globe une certaine fixité.
3° Après l'opération.—
Pansement. — Il se compose d'une double rondelle
de gaze stérilisée appliquée
sur les paupières doucement
fermées (on évitera les
gazes boriquée, salolée ,
iodoformée qui donnent
des érythèmesj. Au-dessus
on place en dedans une
petite masse d'ouate pour
remplir et égaliser l'angle
interne, puis des rondelles
Fig. 9. — Application du pansement.
L'aide soutient la tète du sujet qui ne doit faire aucun effort, tandis que le chirurgien applique le pansement.
de coton hydrophile et, enfin, une plaque de coton plus large passant sur te dos du nez et rejoignant celles de l'autre côté si le pansement est binoculaire. Ce dernier convient aux opérations portant sur le cristallin et le vitré, ou même sur les muscles lorsqu'on veut obtenir l'immobilité des deux yeux.
La bande, large de i centimètres et longue de 3 à mètres, est en crêpe ou en colon. Tandis qu'un aide soulève la tète du malade cl lui recommande d'éviter tout effort, on fait un premier tout à la hauteur fin front. La hande. à son retour de l'occiput, est conduite SOUS
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
le lobule de l'oreille droite, passe obliquement sur l'oeil droit, gagne la région frontale gauche (fig. 9), glisse au-dessus de l'oreille gauche, revient au-dessus delà droite après avoir contourné l'occiput, recouvre l'oeil gauche qu'elle traverse en sautoir, passe sous l'oreille gauche et ainsi de suite, en évitant de serrer, car le pansement doit être seulement conlentij et non compressif. Cinq à six épingles, jamais au-devant de l'œil opéré, retiennent les différents tours de bande.
Le pansement mis en place, le malade est assis sans secousse ; puis, il est conduit ou mieux transporté dans son lit en évitant tout effort. Après l'opération de cataracte le malade restera couché deux ou trois jours, sur le dos de préférence ou sur le côté non opéré, à moins qu'on ne craigne des complications pulmonaires ou autres qui lui feront permettre de s'asseoir.
Régime des opérés. — Il ne présente rien de spécial, excepté pour les opérations portant sur le globe de l'œil (extraction de cataracte) et sera étudié avec cette intervention.
Si l'anesthésie générale a été employée, on recommandera la diète les premières vingt-quatre heures en se contentant de faire prendre quelques boissons glacées- ou un peu de bouillon, afin d'éviter les vomissements.