PHYSIOLOGIE DE L'APPAREIL LACRYMAL
A l'état normal, abstraction faite du larmoiement psychique où la sécrétion des larmes devient considérable, il y a équilibre parfait entré la sécrétion et l'excrétion. Le liquide, sécrété en petite quantité par les glandes lacrymales, après avoir lubrifié la conjonctive et la cornée, s'amasse au canthus interne dans le sac lacrymal ; il pénètre dans les \oies lacrymales, arrive à la partie inférieure des fosses nasales et s'évapore sous l'influence du courant respiratoire. Mais, que l'afflux devienne trop considérable ou l'excrétion insuffisante, l'équilibre est rompu ; les larmes s'amassent dans le cul-dc-sac conjoncti-
1. Aumrbt el Bostofoj, Rn pport.t [du conduit larrymo-nasal avec le méal
mojen et la gofitlf&re de l'infuntîfbulum, Anh. d"ophHthn.t 11M0, p. 469.
Fig. 331. — Canal lacrymo-nasal. Coupe longitudinale. Homme adulte (Rocho.n-
Duvigmeaub).
C. i. Ganalicule lacrymal inférieur. — r. o. Rebord orbilairc inférieur. — s. m. Sinus maxillaire. — g. g' g" Glandes de la muqueuse nasale. La muqueuse lacrymalo en est toujours dépourvue. — v. Veines. — La signification des autres lettres est la même que dans la fig. 330.
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val puis s'écoulent le long de la joue, il y a épiphora ou larmoiement.
Causes du larmoiement. — Elles sont multiples. Ce peut être une hypersécrétion causée par une névrose (hystérie, labes), une hypertrophie de la glande, d'origine réflexe et en rapport avec une affection des voies lacrymales; il s'agit le plus souvent d'un défaut d'excrétion, d'origine mécanique ou inflammatoire.
Causes mécaniques. — Elles siègent à l'origine des voies lacrymales atrésie, oblitération, éversion des points lacrymaux, concrétions lacrymales), à leur terminaison : imperforaliôn chez le nouveau-né donnant lieu à la dacryocystite congénitale, ou même chez l'adulte, lors de voussure externe trop considérable du cornet inférieur. La déviation de la cloison, les polypes, les synéchies du cornet avec le plancher des fosses nasales agissent dans le même sens, oblitérant ou rétrécissant l'orifice inférieur ou le canal en un point quelconque de son trajet.
Causes inflammatoires. — Ce sont toutes les affections, le plus souvent infectieuses, capables de déterminer de l'inflammation de la muqueuse et de la rhinite. Elles se combinent souvent aux causes mécaniques.
Causes extra-nasales. — Ce sont l'atrésie, la sténose ou l'oblitération des canalicules lacrymaux par des concrétions, réversion de la paupière inférieure avec situation vicieuse du point lacrymal.
Larmoiement réflexe. — Chez les enfants des troubles de dentition, en particulier au maxillaire supérieur, peuvent provoquer des phénomènes réaclionnels et inflammatoires du côté de l'œil et du nez. Des caries dentaires et périostiques entraînent des troubles vaso-moteurs et sécrétoires par irritalion du ganglion shpéno-palatin et du nerf maxillaire supérieur et des phénomènes réflexes ; ils se traduisent par du larmoiement et par l'irritation des nerfs sensilifs des cavités nasales. Aussi une rhinite s'annonce-l-elle souvent par du larmoiement.
Les lésions traumatiques portant sur la racine du nez et la paroi externe de l'orbite (fractures directes par balles, ou indirectes), déterminent naturellement l'oblitération des canalicules lacrymaux; elles peuvent être le point de départ d'une dacryocystite.
La conséquence de l'épiphora, indépendamment de l'ectropion de la paupière inférieure qui vient souvent le compliquer, est la stagnation des larmes dans le canal Jacrymo-nasal. La muqueuse du canal se congestionne, se tuméfie et bientôt on peut, par la pression sur le sac, faire refluer par les points lacrymaux un liquide louche, glaireux. La blennorrhée est constituée et une dacryocystite aiguë peut maintenant survenir avec ses diverses complications (fistule, carie, nécrose, etc.).
Traitement. - Le traitement local, auquel on ajoutera s'il y a
OPÉRATIONS SUR L'APPAREIL LACRYMAL
lieu le traitement de l'affection causale (carie osseuse d'origine syphilitique ou tuberculeuse, altération- des fosses nasales, tumeurs, etc.), consistera tout d'abord à rétablir les voies d'excrétion. Puis, celui-ci étant demeuré sans effet ou insuffisant, ou s'il s'agit d'un larmoiement nettement hypersécrétoirc, on s'adressera à l'appareil sécréteur.
§ 2. — OPÉRATIONS SUR L'APPAREIL EXCRÉTEUR
La première indication à remplir est de rétablir la perméabilité du canal lacrymo-nasal par les injections modificatrices ou le cathctérisme, après avoir dilaté et incisé les points lacrymaux. Si ces moyens échouent et lors de suppuration, on s'adressera au sac qui sera incisé soit par l'extérieur, soit par l'intérieur, ou même détruit (cautérisation, extirpation du sac).
1° OPÉRATIONS TENDANT A RÉTABLIR LA PERMÉABILITÉ DES VOIES LACRYMALES (TRAITEMENT CONSERVATEUR)