TECHXIQUE PRÉ -OPÉRA TOI RE
L'instillation de cocaïne sera répétée de deux en deux minutes à trois ou quatre reprises pour obtenir l'analgésie complète ; il est généralement préférable de faire l'instillation dans les deux yeux.
Fio. 11. — Innervation des territoires cutanés de lajace. (Duverger.)
I, ophtalmique ; — II, maxillaire supérieur; — III, maxillaire inférieur; IV, plexus cer\i:al superficiel ; — V, nerfs sous-occipitaux.
Ce mode d'anesthésie est très suffisant pour toutes les interventions sur la cornée, l'iris, le cristallin et même le « vitré » ; tatouage, ponction, cautérisation delà cornée, iridectomie, cataracte... à la condition que l'œil ne soit pas injecté. S'il existe des phénomènes réactionnels, clans le glaucome, par exemple, il est indispensable de la compléter par l'anesthésie totale du globe. 11 en est de même pour les interventions sur les paupières et la conjonctive qui exigent toujours l'infiltration des tissus.
li. I> m.TH \ rio> . — Elle répond aux interventions bien limitées: paupière-, conjonctive, globe, muscles. La solution faible peut suffire pour les paupières et la conjonctive, la forte est bien préférable pour la globe et les muscles.
I. Paupière* et conjonctive palpébrale. — La seringue contenant 2 centimètres cubes de solution, on pique à I centimètre eD dehors de la commissure externe sur le prolongement du grand axe de la fente palpébrale, en prenant soin de ne traverser que la peau» La F. Tkbbikm. — Chirurgie de PceUt %
TOT/OA'S PRÉLIMINAIRES
poinle est dirigée vers la base de la paupière à anesthésier en même temps que l'on pousse le piston ; elle chemine clans le tissu lâche du bord adhérent à égale dislance de la peau et de la conjonctive et le parcourt jusqu'à l'extrémité interne de la paupière : on a injecté chemin faisant tout le contenu de la seringue. L'intervention doit-elle intéresser les deux paupières, on retire incomplètement l'aiguille dont la pointe est laissée dans l'épaisseur des tissus au voisinage de l'orifice d'entrée; la seringue est rechargée et l'aiguille poussée comme précédemment dans la basede la deuxième paupière. L'anestliésie est parfaite au bout de deux à cinq minutes pour la totalité des paupières, y compris le bord libre et la conjonctive. Ce procédé permet toutes les interventions limitées aux paupières. L'œdème local, insignifiant, n'est jamais suffisant pour gêner l'acte opératoire.
La seule contre indication est le phlegmon palpébral.
II. Conjonctive bulbaire. — Après instillations répétées de cocaïne et mise en place du blépliarostat trois à quatre piqûres suffisent pour l'infiltration sous-conjonctivale totale avec I centimètre cube de solution.
Les deux précautions sont : 1° De toujours repiquer l'aiguille dans la zone œdématiée pour ne pas provoquer une douleur nouvelle ;
2" De se tenir à l centimètre au moins du limbe pour éviter l'adhérence étroite de la conjonctive au voisinage de la cornée.
L'anesthésie est complète en deux minutes.
L'analgésie conjonctivale ainsi obtenue est plus complète qu'avec l'instillation seule. Llle est indispensable dans les cas où l'on taille dans la conjonctive : taille de lambeau, recouvrement conjonctival, ptérygion. Elle doit toujours compléter l'anesthésie du globe dans les énucléations et les résections du segment antérieur.
Elle peut être limitée à un secteur : opération de Lagrange ou d'Elliot, par exemple.
m. Globe. — C'est l'infiltration du tissu orbitaire au voisinage du pôle postérieur de l'œil et l'anesthésie des filets ciliaires avant leur pénétration dans la sclérotique.
L'index gauche repère le bord inférieur de l'orbite et fixe sur lui la peau de la paupière inférieure.
A 1 centimètre et demi au-dessous de la commissure externe l'aiguille de 3 centimètres est enfoncée d'un coup brusque au ras de l'os, puis dirigée en haut, en arrière et en dedans en visant l'angle supéro-interne de l'orbite.
Elle passe entre l'os et le cul-de-sac conjonctival, entre le droit inférieur et le droit externe, glisse contre la paroi sclérale et croise au voisinage du pôle postérieur le nerf optique qu'elle dépasse quand elle est enfoncée en totalité. Pendant tout le trajet on a in-
TECtl.Mn Ut: PRÉ-OPÉRA TOIRE
jecté quelques gouttes de solution pour éviter la douleur de la pain le, mais la presque totalité des 2 centimètres cubes n'est poussée qu'à bout de course au voisinage du pôle postérieur.
On injecte le contenu de la seringue en trois ou quatre fois dans dos directions différentes pour être bien certain d'infiltrer toule l'atmospbère celluleuse où cheminent les nerfs ciliaires.
Le résultat, assez rapide, est variable d'un sujet à l'autre; il est prudent d'attendre un quart d'heure avant de commencer (Duverger).
Si la conjonctive doit être intéressée pendant l'acte opératoire, l'anesthésie est complétée par une infiltration sous-conjonctivalr , mais cette dernière n'est pratiquée qu'au moment même de l'inteivention. Et ce détail n'est pas indifférent. Parce moyen on ne touche à la conjonctive et au globe qu'après l'effet de l'injection profonde et on évite ainsi toute douleur inutile, surtout si l'œil est enflammé.
Toutes les interventions sur le globe sont rendues indolores : ponction de la cornée dans les ulcères compliqués d'hyper tonie aiguë, iridectomie du glaucome aigu, sclérectomie, ciliairotomie, résection du segment antérieur, énucléation avec ou sans greffe, toutes les interventions d'urgence pour les traumatismes de l'œil, etc.
L'action sur le nerf optique est nulle et la seule complication possible est une exophtalmie un peu gênante dans les cas où l'on a fait usage de la solution au centième.
La seule contre-indication paraît être le phlegmon de l'orbite (Duverger).