‹ Chirurgie de l'oeil et de ses annexes [electronic resource]Chapitre 242 sur 297 · COUPS ÉTRANGER INTRA-OCULA1RES. TR 11TEMENT · texte numérisé non relu

COUPS ÉTRANGER INTRA-OCULA1RES. TR 11TEMENT

La conduite à tenir est très différente suivant que l'accident est récent, remontant à quelques heures, les lèvres de la plaie encore insuffisamment coaptees, ou au contraire ancien.

Traitement des plaies récentes. — C'est à dessein que nous employons le ternie de plaie du globe oculaire, de préférence à celui de corps étrangers, parce que la première se voit et sa réalité est évidente, alors que la présence d'un corps étranger demeure souvent plus ou moins hypolhétique. Et alors même que les commémoratifs ne laissent aucun doute sur sa pénétration, la si mple inspection ne permet pas de dire s'il est resté dans le globe.

Mieux vaut donc considérer toute plaie pénétrante du globe oculaire comme susceptible, d'être compliquée d'un corps étranger (les cas mis à part où la nature bien définie du traumatisme, coup de couteau, de ciseaux, piqûres, etc., permet de rejeter cette hypothèse) et la conduite sera toujours identique.

Sans attendre les résultats de la radiographie (nous supposons l'accident récent) et si la radioscopie n'a pu nous fournir de précisions, on supposera le corps étranger magnétique et on tentera l'extraction au moyen de l'électro-aimanl.

Choix de l'instrument. — Les deux types d'électm-aimants, le gros et le petit, dont il existe différents modèles (ceux de Haab, de Rollet, pour le grand; de Dor, etc., pour le petit) ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients.

Les gros aimants, capables de soulever jusqu'à 30 kilogrammes, nécessitent un courant électrique très puissant fourni par des accumulateurs ou par des dynamos. Us ont l'inconvénient d'être moins maniables que le petit électro aimant, mais ils sont doués d'un pouvoir d'attraction suflisant pour attirer une parcelle magnétique minime à distance, sans qu'il faille introduire leur extrémité dans l'intérieur du globe oculaire (fig. 373).

Les petits électro-aimants, facilement maniables et tenus d'une seule main tandis que l'autre fixera le globe, ont un pouvoir d'attraction beaucoup moindre. Ils n'agissent qu'au conlact ou à une très faible distance (1 ou 2 millimètres). Aussi la pointe de l'aimant devra-t-elle être introduite dans l'intérieur de l'œil (fig. 374).

A part les cas où le corps étranger a été très exactement localisé et où on pourra, suivant son siège, se servir uniquement de l'un ou de l'autre aimant, les deux seront presque toujours employés simultanément, car ils se complètent l'un l'autre.

CORPS RTRASGERS l>H L'OEIL ET DE VORBITE

C'est le gros électro-aimant qui sera employé tout d'abord dans tous les cas de plaie pénétrante du globe oculaire, alors même que la radiographie, si elle a pu être faite, est demeurée négative.

Fir.. 373. — Gros électro-aimant (d'une force portante de 30 kg. environ).

Il fournit au diagnostic des renseignements très intéressants, nous l'avons vu, et vient affirmer la présence du corps étranger intra-

Vu>, 371. — Petit électro-aimant à main (d'une force de 1 kg. environ).

oculaire par In douleur et les soulèvements caractéristiques de l'iris qu'il petit provoquer par le passage du courant.

OPERATIONS SUit VORBITE

Bien entendu, cette recherche diagnostique ne sera laite qu'au moment de l'intervention, alors qu'on sera prêt à extraire immédiatement le corps étranger si sa présence est reconnue. Appliqué au préalable l'aimant risque de mobiliser le projectile et d'infliger à l'œil blessé un nouveau traumatisme qui peut être le point de départ d'une irido-cyclite.

Technique de l'intervention. — Elle est un peu différente, suivant que la plaie siège sur le segment antérieur pu sur le segment postérieur.

Plaies du segment antiîrieuu. — Le malade est couché et très prudemment on procède à la toilette habituelle des paupières et des culs-de-sac conjonctivaux. L'œil est anesthésié avec la solution de chlorhydrate de cocaïne à 4 ou 13 p. 100. Les pôles de l'aimant auront été stérilisés et l'extrémité qui sera saisie par l'opérateur est entourée d'une compresse stérile.

Le blépharostat en cuivre doré mis en place, le pôle conique est adapté, flambé et on approche progressivement et prudemment sa pointe de la conjonctive bulbaire jusqu'à ce qu'elle effleure celle-ci sans la comprimer.

Le sujet regardant directement en haut, le sommet du pôle est appliqué tout contre le limbe, de préférence du côté où les examens ophtalmoscopique ou radiographique ont pu déceler la présence du corps étranger, de manière à l'amener derrière la périphérie de l'iris (fig. 375).

Tandis qu'un aide éclaire le champ opératoire, le courant est ouvert puis fermé au commandement et on cherche à surpendre pendantle passage du courant (qui durera 10 à 12 secondes), le soulèvement de l'iris par le corps étranger attiré du vitré à la face postérieure de la membrane irienne. On recommence ^'il le faut 4 ou S fois de suite et, dès que le résultat est démontré positif, on procède à l'extraction1.

1er Temps: Préparation et toilette de la plaie. — Après lavage et attouchement prudent de la plaie avec notre mélange à parties égales de teinture d'iode, de glycérine et d'alcool à 90°, on en prépare le recouvrement conjonctival en disséquant la muqueuse tout autour du limbe au delà de l'insertion des muscles droits, de manière à pouvoir la réunir à la fin de l'opération au-devant de la cornée sans aucune traction des fils.

Après hémostase, les débris d'iris, de corps ciliaire, de masses cristalliniennes ou de vitré pouvant faire hernie sont réséqués au ras de la plaie, de même que les débris conjonctivaux. On ne cherchera jamais à réduire ces parcelles toujours plus ou moins infectées par

1. L'opérateur et ses assistants se seront débarrassés de leurs montres, facilement déréglées au contact de l'aimant.

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