H'.ii.MEh, Soc. franç. d'oplilalm., mai \W
OPÉRATIONS SUR L'ORBITE
nièrcs années et le nombre des cas de guérison serait supérieur à 13,7 p. 100.
Tandis que pour le sarcome choroïdien l'exentération n'est indiquée que s'il existe des nodules épiscléraux qui montrent que la tumeur a envahi l'orbite, dans le gljome au contraire il est prudent de vider l'orbite et de n'en laisser que la paroi osseuse dans tous les cas où la tumeur est arrivée à la période glaucomateuse.
Le gliome a une tendance excessive à fuser hors de l'œil, soit parle nerf optique, soit à travers les nombreux pertuis de la sclérotique. De très bonne heure le tissu orbi taire peut être infecté, et cela à un degré cliniquement inappréciable. Il faut donc avec lui lutter de vitesse, car les métastases sont rares et le gliome se propage de proche en proche, envahissant surtout les parties contigues à la tumeur oculaire ou orbitaire (tissu orbitaire, cerveau, méninges, os du crâne).
On fera l'énucléation avec extirpation du nerf optique si on a chance d'intervenir avant la période glaucomateuse; celle-ci établie on pratiquera d'emblée l'exentération de l'orbite.
Dans tous les cas le nerf optique sera réséqué le plus loin possible, jusqu'au fond de l'orbite, et la surface de section cautérisée avec le thermo-cautère toutes les fois que cela est possible.
Manuel opératoire. — Premier temps. — Le sujet anesthésiéet la région aseptisée, on fend d'un coup de ciseaux la commissure externe jusqu'au rebord orbitaire.
Puis le globe, fortement attiré en avant avec une pince de Museux, est libéré de ses adhérences à la conjonctive par deux incisions semicirculaires très profondes, allant jusqu'au rebord osseux : l'une inférieure, le long du cul-de-sac inférieur, étendue du canthus interne au canthus externe; l'autre supérieure, le long du cul-de-sac supérieur, allant également du canthus interne au canthus externe et rejoignant la précédente à ses deux extrémités.
Deuxième temps. — Le globe est attiré en dedans et on détache à petits coups tout le tissu orbitaire de la paroi externe de l'orbite en allant d'avant en arrière; la masse, fortement relevée en haut, est ensuite libérée de ses adhérences avec la paroi inférieure, puis avec la paroi interne et, enfin, avec la paroi supérieure. On procède très lentement, à petits coups, afin de ne pas perforer la paroi osseuse, surtout en haut où celte complication pourrait entraîner une méningite mortelle.
Troisième temps. — Toute la masse, qui n'est plus retenue au fond de l'orbite que par un large pédicule formé par le nerf optique
1. Panas et Rociion-Duvigneaud, Recherches anatomiques el cliniques sur le glaucome el les néoplasmes intra-oculaires, 1898.