A. — ECTROPION SPASMODIQUE ET SÉNILE
Sutures de Snellen ou sutures en anse. — Elles sont faites avec un fil armé de deux aiguilles et placées l'une à la limite des tiers interne et moyen, l'autre à celle des tiers moyen et externe de la paupière. On pénètre de haut en bas (nous supposons l'opération pratiquée à la paupière inférieure, ce qui est le cas habituel) sur le point le plus élevé de la conjonctive renversée, c'est-à-dire près du bord postérieur du tarse (fig. 431, a); puis l'aiguille chemine sous la peau et vient ressortir à 2 centimètres plus bas, à la hauteur du rebord orbitaire inférieur (b). La deuxième aiguille du même fil est enfoncée à 3 millimètres de la première, suit un trajet parallèle et ressort également à 7 millimètres. La seconde suture est identiquement placée. Les chefs respectifs de chaque anse de fil sont noués
ensemble sur un petil rouleau de gaze aseptique et serrés suffisamment pour qu'il se produise un léger degré d'entropion (fig. 432).
Tous ces procédés de suture s'adressent surtout à l'ectropion spasmodique ou aux degrés très légers d'ectropion sénile, car la correction ne persiste pas; peu à peu le trajet cicatriciel se relâche.
Résection tarsale cunéiforme. — Ce procédé, inspiré de celui d'Adams1, est plus avantageux en ce sens qu'il évite le danger de colobome de la paupière. Il a pour but le raccourcissement de celle-ci par l'excision d'un lambeau triangulaire tarso-muqueux 2.
La résection tarsale est naturellement précédée du dédoublement
1. Procédé d'Adams. Il consistait à exciser au milieu de la paupière cetropionnée un lambeau en V ouvert du côté libre et comprenant toute son épaisseur (fig. 433), puis à réunir les lèvres de la plaie (fig. 434). Il n'est plus de mise au-
jourd'hui. (Adams, Pract. obs. on ectr., 1812, p. 4). Dans le procédé de Wallhcr (Sysl. der Chir., t. VI, 182S> l'excision occupe la commissure et intéresse la peau seule.
2. Procédé de Dimmeii. C'est une combinaison des deux procédés, celui d'Adams et celui de Walther. On excise un triangle de peau au niveau de la commissure externe et un triangle de tarse dans la partie moyenne île la paupière, après avoir dédoublé toute la partie externe de la paupière en deux feuillets, l'un mtttcnlo-cuiané, l'autre tarao-muqueux. Après l'excision du triangle tarsal, on fait gttuet latéralement le feuillet cutané pour le suturer au bord externe du triangle cutané excisé. Ce procédé, supérieur à celui d'Adams, a l'inconvénient de laitier une cicatrice cutanée et doit être abandonné au profit de la résection tctwlfl cunéiforme,
F. Tfrrie.i . — Chirurgie de l'œil. 35
Fio. 433 et 434. — Procédé d'Adams.
OPÉRATIONS SUR LES PAUPIÈRES
intermarginal de la paupière qui peut porter sur la seule partie delà paupière correspondant au coin tarsal réséqué ou sur toute sa largeur. La seconde technique évite le plissement de la peau; elle est bien préférable à la première.
À. RÉSECTION TARSALE CUNÉIFORME APRÈS DÉDOUBLEMENT IN TER- MARGINAL partiel. — L'opération convient aux eclropions séniles anciens, souvent compliqués de blépharilc avec rougeur des bords libres, lorsque le tarse est très allongé et fortement éversé, et de ce chef, elle ne sera pratiquée qu'à la paupière intérieure.
Premier temps. — Après avoir retourné la paupière et saisi celleci entre le pouce et l'index, on injecte dans son épaisseur entre ses deux feuillets un demi-centimètre cube à un centimètre cube de la solution de novocaïne à 2 p. 100 additionnée d'adrénaline. Après attente suffisante, on fait avec le couteau lancéolaire en son milieu une section intermaginale (fig. 435). Puis on pratique deux incisions obliques parlant du bord libre pour se réunir au bord inférieur du tarse. Elles intéressent la coujonctive et le tarse et limi-
Fig. 434. — Résection larsale cunéiforme Fig. 435. — Résection tarsale cunéiforme après dédoublement inler-marginal par- après dédoublement inler-marginal partiel. Premier temps. liel. Deuxième temps.
lent le lambeau excisé, qui comprend le tarse et la conjonctive ; la peau reste intacte (fig. 430).
Deuxième temps. — Suture des lèvres de la plaie (fig'. 436) et pansement occlusif; les fils sont enlevés le troisième ou quatrième jour.
Après la striction des fils, la peau en excès forme une encoche disgracieuse avec déviation des cils correspondants. Elle tend à s'effacer par la suite, mais le mieux pour l'éviter est de dédoubler tout d'abord la paupière sur toute sa largeur, c'est la seconde modalité du procédé.