ECTROPION CICATRICIEL
Si l'ectropion est léger, on peut se contenter des anciens procédés par glissement de Wharton Jones, d'Alphonse Guérin, de Dieffenbach
OPÉRATIONS DIRIGEES CONTRE UECTR0P10N
et autres auteurs dans lesquels on utilise plus ou moins le tissu de cicatrice. Il faut, pour réussir, deux conditions : la nutrition du tissu doit être bonne et la déviation palpébrale peu marquée.
Dans le cas contraire, à la suite de brûlures étendues ou de perte de substance résultant de l'ablation de tumeurs de voisinage (cancroïde des paupières ou de la région malaire), il faut faire un emprunt aux téguments voisins demeurés sains et recourir à des opérations plus complètes (blépharoplastie). Nous décrirons donc en même temps ces différents modes de blépbarosplastie (v. p. 57 et suiv.) et étudierons ici les procédés d'autoplaslie par glissement réservés aux ectropions peu accentués. Tous sont réservés à l'ectropion de la paupière inférieure.
Procédé de Warthoi Jones. — La cicatrice est circonscrite par deux incisions en V ouvert en haut et le lambeau est disséqué (fig. 452).
Procédé de Wharlon Jones.
Fig. 452. — Tracé des incisions.
Fia. 453. — Résultat.
Les lèvres inférieures de la plaie sont affrontées très haut de manière à remonter le lambeau qui est suturé de chaque côté (fig. 452). Procédé en W d'A. Guériri. — Si l'eclropion est assez marqué, on
Fig. 454. — Tracé des incisions.
Procédé d'Alphonse Guérin.
Fig. 455. — Résultat.
limite par une incision en W deux lambeaux triangulaires latéraux fig. i54;. Ils sont disséqués, réunis (fig. 455) et on laisse les deux
OPÉRATIONS SUR LES PAUPIÈRES
plaies se cicalriser par bourgeonnement, à moins qu'on n'ait recours à la greffe. Le procédé sera combiné à la tarsorrhaphie, afin d'empêcher la reproduction de l'eclropion.
Si la cicatrice est adhérente à l'os, elle est abrasée superficiellement, puis la peau saine environnante est mobilisée et suturée par-dessus.
Procédé de Dieffenbach. — Cet auteur circonscrit la cicatrice adhérente à l'os par trois incisions et l'extirpe, puis la base du triangle est prolongée obliquement de chaque côté par deux nou-
velles incisions (fig. 456). Les lambeaux latéraux sont mobilisés et suturés entre eux et à la peau de la paupière redressée (fig. 457).
Procédé de Pichet. — Ce procédé s'adresse à l'ectropion de la commissure externe.
Premier temps. — Incision concentrique (aa') afin de mobiliser
Fig. 458. — Procédé de Ricliet. Tracé clos incisions.
la commissure externe et de la libérer de l'adhérence à l'os (fig. 458). Deuxième temps. — Tarsorrhaphie après avivement du bord
OPÉR.KTIOXS DU PTOSIS
libre des paupières (M'). Toule la surface autrefois adhérente est ainsi laissée à découvert et l'os est ruginé.
Troisième temps. — Du milieu du bord externe convexe de la surface cruenlée on fait partir une seconde incision courbe (dcT) aboutissant à la joue et du milieu de cette seconde incision une troisième également courbe (ee) remontant vers la queue du sourcil (fig. 458).
Quatrième temps. — Les deux lambeaux ainsi formés sont dissé-
qués, mobilisés, puis transposés et suturés dans celle position, l'inférieur devenant le supérieur et vice versa (fig. 459).
Les paupières sont maintenues fermées longtemps (un an à dix-huit mois eu raison de la rétraction du tissu cicatriciel de nouvelle formation). Cet espace de temps peut être abrégé aujourd'hui grâce aux procédés de ïhiersch et de Reverdin (v. plus loin).
Variétés et indications opératoires. — Le ptosis est congénital ou acquis. La cause du premier est mal connue. Le second est dû à la paralysie de la branche de l'oculo-moteur qui innerve le releveur. Il est quelquefois d'origine traumalique plus souvent spontané et ses causes sont multiples ^syphilis, tabès, artério-sclérose, etc.).
A l'inverse du ptosis congénital, souvent bilatéral, le ptosis acquis, d'ordinaire unilatéral, ne réclame aucune intervention. Car il est rare que la paralysie se limite au seul muscle releveur ; elle intéresse en même temps d'autres muscles innervés par la troisième paire et si le traitement médical demeure impuissant, le relèvement chirur-
1. F. TgnniF.5, Le ptosij d'origine tniumnlifpie. Pnxjrh médical, lit juillet 1902,
Fig. 459. — Procédé de fiiehet. Résultat.
3° PTOSIS
OPÉRATIONS SUR LES PAUPIÈRES
gical de Ja paupière n'aurait d'autre résultat que de mettre en évidence la diplopie, due à la paralysie des muscles oculaires. L'intervention ne pourrait être faite que dans un but esthétique si la vision était perdue du côté paralysé (atrophie optique par exemple;.
Le plosis congénital, au contraire, peut être opéré. Alinde préciser les indications et le résultat de l'opération, on commence par mesurer le degré du plosis1.
Le traitement varie avec le degré et la nature du plosis. Abstraction faite des moyens palliatifs (bandelettes agglutinatives, pinces spéciales, etc.), d'actiou éphémère, les procédés chirurgicaux peuvent être groupés sous quatre chefs :
1° Excision d'un lambeau ovalaire de la peau de la paupièredesliné à la raccourcir;
1. Mesure du ptosis : dans un procédé très simple on détermine avec le périr mètre la limite maxima au-dessus du plan horizontal après laquelle la lecture devient impossible.
\ ['étal normal, si «m s'oppose aux mouvements d'extension de la tête, le
Fig. -tiiO et 461. — Mesure du ptosis avec le périmètre.
A gauche, eu A. la paupière se relève normalement eu même temps que le releveilr. A droite, en B. la paupière ptosique ne suit pas le mouvement du globe et le sujet ne peut pas lire au delà du point ci' .
sujet, dipiil le menton est placé sur le point d'appui peut lire jusqu'à 56* el 60* un groupe de lettres de dimensions moyennes portées sur un index promené de lias en haut sur l'arc du périmètre. Dans le ptosis la lecture peut être limitée à 15" et même à 10°.
Le procédé n'est applicable cpie si le droit supérieur it'esl pas paralysé.. Dans le cas contraire ou se contenterait de mesurer avec le compas le diamètre vertical de la fente palpébrale.