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CAUTÉRISATION IGNÉE

Manuel opératoire. — Cette méthode, que Gayel a eu le mérite de généraliser, est simple, inoffensive et rend les plus grands services.

Instruments. — La cautérisation est faite à l'aide de la fine pointe courbe du thermo-cautère (fig. 28) ou mieux du galvano-cautère, qui a l'avantage de rougir sur place; il donne moins de chaleur irradiée

et permet une limitation plus précise du foyer à détruire. Un simple crochet à strabisme,

Fig. 28. - Pointe courbe fine de thenno- chauffé dans la flamme d'une cautère. lampe à alcool, pourra suffire à

la rigueur. Il est alors nécessaire de s'y prendre à plusieurs reprises, car le refroidissement survient très vite, mais c'est un inconvénient minime et on n'a pas à craindre de provoquer une destruction trop profonde.

Un écarteur et une pince fixatrice complètent l'instrumentation.

Technique. — Après avoir instillé le collyre à la cocaïne, le malade est couché et l'écarteur mis en place. L'œil est fixé et toute la surface et les bords de l'ulcère sont détruits par le feu '. Il est prudent de ne pas dépasser le rouge sombre et de procéder très lentement. On fera plusieurs cautérisations successives très superficielles, en se rendant compte après chacune d'elles du résultat obtenu.

Le seul danger est la perforation de la membrane, d'où résulterait un enclavement irien avec ses dangereuses conséquences et quelquefois même une panophtalmie. 11 est facile d'éviter cette complication à condition de ne pas aller trop profondément. La réaction post-opératoire est insignifiante.

Indications. — a) Ulcères de la cornée. — Toute ulcération tardant à se cicatriser, revêtant un certain caractère de gravité et ayant résisté aux topiques habituels : attouchements avec la solution de sulfate de zinc en solution aqueuse au vingtième ou à la teinture d'iode (on se sert de fins stylets munis à leur extrémité d'un peu tic coton hydrophile trempé dans la solution qu'on laisse légèrement évaporer, de manière à limiter exactement la cautérisation à la parlie ulcérée), au chauffage (voy. plus bas), est justiciable de cette méthode. Les ulcères étendus à hypopyon, surtout ceux d'origine lacrymale, l'ulcère rongeant, l'ulcère serpigineux ou consécutif à la

1. Pour mettre les lésions en évidence et ne pas risquer de faire trop ou trop peu, un instillera au préalable quelques gouttes d'une solution de Quorescéine à 2 p. 100. Toutes les parties malades dépourvues d'épithélium se laissent pénétrer ot prennent une coloration verdàtre caractéristique qui tranche sur le tissu sain. . .

conjonctivite blennorrhagiqne, doivent être détruits par le feu qui constitue le moyen antiseptique le plus puissant dont nous disposions contre l'infection. Tout le tissu nécrosé sera cautérisé, avec les fovers purulents s'ils existent. On s'attachera surtout à détruire le bord «.le l'ulcère et la cautérisation peut être répétée après quelques jours si les lésions continuent à évoluer.

L'effet obtenu est très réel : on voit l'ulcère régresser après une ou plusieurs cautérisations. Sans doute toute la partie altérée est remplacée par un tissu de cicatrice opaque, mais ce processus de sclérose est la terminaison habituelle de tout ulcère arrivé à la période de cicatrisation, et la cautérisation ignée ne fait que hâter la réparation.

b Pamsos. — Le pannus disparaît le plus souvent avec l'affection qui lui a donné naissance; il est donc nécessaire de s'adresser à l'élément causal (conjonctivite granuleuse, par exemple). On a conseillé comme moyen éclaircissant, l'abrasion de tout le tissu conjonclival péricornéen. La cautérisation de tout le pourtour du limbe sur une profondeur d'un demi-millimètre environ remplira la même indication, mais ce traitement est généralement insuffisant.

c Prolapsus iiuen. — Le prolapsus qui suit la perforation traumatique de la cornée est plutôt justiciable de la résection avec la la pince-ciseaux de Wecker que de la cautérisation. On aurait re- C"iirs à cette dernière si la hernie survient à la suite d'un ulcère infectieux ou après l'opération de cataracte (enclavement). Elle sera ici toujours très légère et très superficielle, surtout les premières fois.

il) Dans les petits staphylomes de la sclérotique consécutifs à une sclérite ou à une blessure de cette membrane, l'iridectomie est préférable à la cautérisation. Elle diminue le tonus et entraîne la régression du staphylome.

e Fi-ti les DÉ la CORNÉE. — Si la fistule est étroite, on peut tenter la cautérisation qui doit être ici très superficielle afin de ne pas intéresser la crislalloïde antérieure située immédiatement derrière ia cornée par suite de l'effacement de la chambre antérieure.

Kku.vtocom:. — La cautérisation ne sera pratiquée que dans les périodes avancées de l'affection, alors que l'acuité visuelle est très fortement diminuée et qu'on ne peut plus rien espérer du traitement médical. Instillations quotidiennes de collyre à base de pilocarpine au centième et pansement compressif modérément serré.) De même avant la perforation on aura recours tout d'abord à la tarsorrhaphie médiane, conseillée par A. Terson. Elle donne quelquefois des résultats.

La cautérisation doit être faite au sommet du kératoconc, cl intéresse seulement les couchea superficielles ou toute l'épaisseur de la cornéf .

OPÉRATIONS SUR LA CORNÉE

a) Dans le premier cas, on se contente de détruire les couches superficielles de la membrane au point le plus saillant de l'ectasie. Cette cautérisation superficielle ne nous a jamais donné de résultats satisfaisants.

6) Si on y ajoute la perforation, et c'est la meilleure conduite à tenir, il est nécessaire d'instiller de l'atropine au préalable. Après avoir cautérisé le sommet du cône sur une surface de 2 millimètres environ, avec la pointe fine du galvano-caulère tenue perpendiculairement à la surface de la membrane au point le plus saillant on perfore la cornée dans toute son épaisseur. On s'y prendra à plusieurs reprises et on redoublera de prudence à mesure qu'on s'approche des couches profondes, de manière à éviter la blessure du cristallin au moment où celui-ci viendra se projeter contre la face postérieure de la cornée après la disparition de la chambre antérieure.

La saillie conique fait place à une cicatrice plate, opaque, et l'acuité est très améliorée. Elle était remontée à 1/2 chez une de nos malades qui avait 1/10 avant l'intervention.

Le traitement consécutif est très simple : un pansement occlusif est appliqué et le collyre à l'atropine est instillé jusqu'à reformation de la chambre antérieure (deuxième ou troisième jour) afin de prévenir l'enclavement de l'iris entre les lèvres de la plaie; puis, on revient aux myotiques.

Plus tard le tatouage, auquel on ajoutera une iridectomie si la tache empiète sur le champ pupillaire et'gêne la vision, compléteront l'opération.

g) A la suite d' arl at ions de petites tumeurs (dermoïde, épithéliome, etc.), de ptérygions, la cautérisation superficielle de toute la surface d'implantation préviendra les récidives. ' h) Ectasie marginale de la cornée. — • Dans cette variété de kératite qu'il nous a été donné deux fois d'observer, caractérisée par une altération symétrique de la 'périphérie des cornées et entraînant un astigmatisme considérable, la cautérisation prudente et en plusieurs séances de toute la partie malade a pu rendre une acuité visuelle suffisante à un œil amblyope depuis plus de dix ans. C'est, croyons-nous, la seule conduite à tenir.

i) Astigmatisme énorme. — Lors d'astigmatisme direct ou inverse considérable, atteignant dix, douze dioptries, on serait également autorisé à pratiquer à l'extrémité du diamètre le moins réfringent quelques cautérisations très superficielles, afin de provoquer une rétraction cicatricielle et, par là même, la diminution de l'astigmatisme. Semblables astigmalismes inverses ne sont pas très rares

1. F. Tehkiek, Dystrophie marginale symétrique des deux cornées avec astigmatisme régulier consécutif et guérison par la cautérisation ignée. Archives d'oplitalm., janvier 1900.

après l'opération de cataracte et entraînent une diminution considérable de l'acuité visuelle. Si le travail normal de cicatrisation ne suffit pas à les faire disparaître, on pourra, après plusieurs mois, tenter quelques cautérisations très prudentes appliquées sur le limbe.

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