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DIAGNOSTIC DE V INTERVENTION

Différentes variétés de kératites. — Toute affection de la cornée, superficielle ou profonde, reconnaît en général une origine infectieuse. L'infection est primitive, la kératite constituant alors toute la maladie, ou secondaire. à une affection de la conjonctive. Le traitement de l'affection causale en pareil cas ne doit pas être négligé. Mais le plus souvent la kératite une fois constituée réclame un traitement identique.

On en distingue deux grandes variétés suivant que l'épithélium qui recouvre la cornée est ou non respecté. Dans le premier cas, il y a seulement infiltration ; dans le second, ulcère.

L'infiltration est liée généralement à une infection endogène et le type classique nous est fourni par la kératite parenchymateuse ou kératite d'Hulchinson. L'ulcère, au contraire, reconnaît pour cause une infection d'origine eclogène : les germes pathogènes pénètrent dans la cornée à la faveur d'un traumatisme ayant déterminé une solution de continuité dans l'épithélium cornéen.

1. Bourgeois, Traitement des ulcères infectieux de la cornée. Ann. d'oculislique, 1899, t. CXXII, p. 55.

L'infiltration se reconnaît à son aspect blanc grisâtre, analogue à du verre pilé et à la teinte mate qu'elle présente,. bien différente de la taie qui est brillante et miroite. L'ulcère, en plus de ces deux caractères, montre une différence de niveau.

Enfin, dans les deux cas, il y a une réaction ciliaire. Elle se traduit par une injection de toute la région environnant le limbe qui prend un aspect rouge bleuàlre et est parcourue par de gros vaisseaux (injection pérl-kéeatique). Cette injection, due à la réplétion des vaisseaux ciliaires antérieurs, diminue d'intensité en s'éloignant du limbe et ne s'étend jamais à plus d'un centimètre et demi en debors de lui. Elle est donc facile à distinguer de l'injection conjonctivale qui peut exister en même temps et se reconnaît à sa teinte rouge vif, les vaisseaux de la conjonctive étant superficiels ; à l'absence de limitation, l'injection occupant toute l'étendue de la conjonctive ; et à la possibilité, pour le chirurgien, de mobiliser les vaisseaux en imprimant de petits mouvements de latéralité à la muqueuse.

Dans les cas douteux et si l'ulcère est trop petit et peu visible, afin de mettre les lésions en évidence, on instille quelques gouttes d'une solution de fiuorescéine.

Fluoreseéine ..... 0 gr. 40

Carbonate de soude 0 gr. 06

Eau distillée 20 grammes

Les parties malades se laissent pénétrer et prennent une coloration verdàlre caractéristique qui tranche sur le tissu sain ; sur les parties recouvertes de leur épithélium, il ne se produit aucune coloration.

Le traitement est différent s'il s'agit d'une infiltration ou d'un ulcère.

L'épilhélium étant respecté dans le premier cas, il suffit de Javoriser la résorption des leucocytes accumulés entre les lamelles cornéennes. Dans l'ulcère, au contraire, il y a perte de substance : l'épithélium et une partie du tissu cornéen ont disparu et il faut, avant tout, favoriser la réparation et éviter l'infection secondaire de l'ulcère. Or, suivant une loi générale, la cicatrisation d'une plaie est d'abord épithéliale avant d'être dermique. On le constate nettement dans les plaies de la cornée, où, très vite, l'épilhélium comble la perte de substance; puis le tissu de cicatrice vient seulement plus tard remplacer le tissu cornéen absent. Le mécanisme est identique à celui qui se passe chez l'embryon où nous voyons la nature fournir tout d'abord à l'œuf un revêtement épithélial qui le protège contre les influences extérieures, assurant le développement des autres feuillets et des organes qui en dérivent.

1" Infiltration cornéenne. Kératite parenchymateuse. — La kétite parenchymateuse est caractérisée par l'accumulation de leuco-

OPÉRATIONS SUR LA CORNÉE

cytcs enlre les lames cornéennes (période d'infiltration). Vers le début du deuxième mois apparaissent des vaisseaux de nouvelle formation. Partis du limbe, ils pénètrent dans la cornée, s'y ramifient, et constituent avec la circulation leucocytaire le principal agent de réparation. Peu à peu les leucocytes sont emportés dans la circulation, et, après un temps variable (trois, quatre, cinq mois), la cornée s'éclaircil.

Le traitement se bornera donc à favoriser le processus naturel de réparation.

Traitement local. — Période d'infiltration. — 1° Compresses chaudes appliquées sur les paupières fermées, et renouvelées toutes les minutes pendant un quart d'beure. On répétera les séances trois ou quatre fois par jour.

2° Port de verres fumés, Fieuzal (teinte n° 3) qui calmeront la pliotophobie.

3° Instillations d'atropine, répétées chaque jour ou tous les deux ou trois jours, jusqu'à dilatation suffisante de la pupille, de manière à prévenir l'infection des membranes profondes (iritis et irido-cyclite).

On surveillera le tonus. 11 est généralement diminué. S'il s'élève, ce qui est rare, on cesserait le mydria tique pour le reprendre une fois la tension revenue à la normale.

A ta période de régression, on aura recours aux moyens excitants comme le calomel, la pommade au précipité jaune, les pulvérisations, tous agents qui seront d'abord essayés prudemment, après s'être assuré que l'œil les supporte bien.

Traitement gévéiial. — Il sera dirigé contre la maladie causale. On prescrira le mercure sous toutes ses formes, de préférence en injections et les sels arsenicaux (arseno-benzol, etc.), alternant avec l'iodure de potassium. Lors de scrofule, de rachitisme ou de tuberculose, on aura recours au traitement habituel: huile de foie de morue, iodure de fer, eaux minérales iodées, bains salés, frict,ions sèches sur tout le corps.

2° Ulcères de la cornée. — Le principe est d'éviter l'infection et de favoriser la réparation épithéliale. Le traitement local consistera donc dans l'occlusion de l'œil, à laquelle on ajoutera l'emploi d'antiseptiques : collargol en solution au vingtième, pommade iodoformée à 2 ou 3 p. 100, optochin, etc., et les instillations d'atropine pour prévenir la propagation de l'infection aux membranes profondes (iritis et irido-cyclite).

Les instillations d'-énésol (A. Terson), les lavages avec les succédanés du liquide de Dakin, la chloramine à 4 p. 100 en instillations ' sont également très recommandables.

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