TRAUMATISME S GRAVES DU GLORE OCULAIRE
Si le globe a été largement intéressé, l'œil est flasque, mou et la question de l'énucléation peut se poser. Mais, en règle générale, on ne se hâtera pas d'intervenir, et ceci pour deux raisons ; il est impossible de se rendre compte tout d'abord du degré d'étendue des lésions et on ne peut jamais affirmer que cet œil ne pourra conserver plus tard une certaine perception lumineuse ou même un degré quelconque d'acuité visuelle capable de rendre service en cas de perle de l'œil sain. De plus, l'œil fût-il irrémédiablement perdu, le moignon atrophique qui en résultera sera de beaucoup supérieur à celui fourni par l'énucléation et facilitera la prothèse. On se bornera donc au traitement conservateur (sutures ou même ablation du segment antérieur) en surveillant très attentivement le malade et en se réservant d'énucléer à la moindre menace d'irritation.
En résumé, quelles que soient l'étendue et l'importance des plaies
OPÉRATIONS PRATIQUÉES SUR LA SCLÉROTIQUE
du globe, la conduite à tenir est simple; s'abstenir de 1 enucléation en règle générale et calmer les phénomènes inflammatoires en surveillant la marche des accidents. Suture précoce de la conjonctive si la plaie siège dans la région sclérale ; recouvrement conjonclival pour les plaies cornéo-sclérales ou cornéennes d'une certaine étendue et mal coaptées.
5» FISTULES CORNÉO-SCLÉRALES
Variétés et aspect clinique. — Elles reconnaissent une origine spontanée ou traumatique. Leur traitement demeure essentiellement chirurgical. Leur caractère est d'être toujours périphérique et de siéger au limbe.
Fistules spontanées. — Elles sont la conséquence d'un ulcère perforant. Elles siègent d'ordinaire au limbe et affectent alors la forme d'un croissant *. La perforation effectuée, il se fait une hernie de l'iris qui se recouvre d'un manteau conjonctival et qui se fislulise au-dessous de ce dernier.
Fistules traumatiques. — Le traumatisme, presque toujours chirurgical, plus rarement accidentel, devra porter à la périphérie de la cornée pour donner lieu à la fistule. Elles s'observent surtout après l'iridectomie anliglaucomateuse ou après la cataracte. La fistule entraînant une diminution permanente du tonus, sera le plus souvent recherchée clans le premier cas (voy. cicatrice ectalique, p. 83). La seconde, plus, fréquente lorsque ^l'iridectomie a été faite au cours de l'extraction, est due à une petite hernie de l'iris ou de la capsule, qu'il y ait ou non retard de cicatrisation, car la fistule est quelquefois très tardive, apparaissant deux ou trois ans après l'opération.
Quelle que soit d'ailleurs sa cause, quatre éléments permettent de la reconnaître ; ce sont la disparition de la chambre antérieure, la saillie vésiculeuse formée par la fistule, la déformation de la pupille et l'hypotonie du globe.
a) La disparition de la chambre antérieure est la conséquence immédiate de la fistule et ne manque jamais, tout au moins au début. Puis, lorsque la fistule se ferme momentanément, la chambre antérieure reparaît pour disparaître à nouveau dès qu'elle se rouvre.
b) La saillie vésiculeuse transparente sous-conjonctivale, contenant du liquide, se voit à l'œil nu ou seulement à la loupe, qui montrera même quelquefois un petit orifice très net, arrondi, situé au sommet de la vésicule perlée et qui n'est autre que la fistule. Elle se montre
1. Lors d'ulcère central, la perforation est suivie d'un leucome adhérent pouvant entraîner un staphylome opaque, mais jamais de fistule.