‹ Chirurgie de l'oeil et de ses annexes [electronic resource]Chapitre 80 sur 297 · Iridectomic optique · texte numérisé non relu

Iridectomic optique

La section est laite au lieu d'élection, en bas et en dedans, et l'excision de l'iris, très minime, se réduit à une véritable sphlnctérecLomie.

d'élhyle qui a une durée

OPÉRATIONS SUIt L'IRIS

le rayon inféro-interne de la cornée. C'est là le lieu d'élection : L'iridectomic faite en ce point permet d'obtenir la meilleure acuité visuelle el quelquefois même la conservation delà vision binoculaire (fig- 75).

La raison en est que l'axe antéro-posterieur de l'œil, qui vient se confondre avec la ligne visuelle, est toujours légèrement dévié en dedans, 'l'on 1rs les fois que la transparence de la cornée le permet, le colobome sera donc placé exactement eu ce point.

Premier temps. — Section de la cornée. — a ) Avec lapique :

Fig. 76. — Premier temps de iiridectomie. — Section de la cornée. L'opérateur est placé derrière La tète du sujet. Avec la pince, tenue de la main gauche, le globe esl Gxé tout contre le limbe, à l'opposé du poinl de ponction. La main droite tient la pique légèrement inclinée en avant, normale au limbe, et s'apprête à faire la ponction. Les deux mains sont appuyées, la droite sur le front, la gauche sur la région malaire, el la pince ne presse nullement sur le glpbe. Dans cette figure el les suivantes l'iridectomîo est l'aile en haut ; mais la technique est touj s identique, quel qu'en soil le siège.

Ce premier temps so réduit à une paracentèse et la tecbnique est identique (vov. p. 35). Avec la pince tenue de la main gauebe, le

IRIDECTOMIE

"lobe est fixé tout contre le limbe, exactement à l'opposé du point de pénétration, en haut et en dehors, et très fortement attiré en haut et en dehors, de manière à luxer l'œil en quelque sorte le plus possible sous le eanthus externe et la paupière supérieure afin de permettre le jeu de la pique.

La ponction est faite avec le couteau lancéolaire coudé, au lieu d'élection si possible, c'est -à-dire en bas et en dedans, exactement au limbe ou immédiatement en avant. L'instrument, dès que l'incision

ifltti In i !i i ! 1 i ilIN

Fig. 77. — La lance va pénétrer; le globe est fixé exactement à l'opposé du point de ponction '.

Kir; 78. — La pique a pénétré au limbe et est enfoncée sans jamais revenir en arrière, afin d'é\iter l'issue dr l'humeur aqueuse.

fiG. — L'instrument est incliné en dedans ou en dehors avant d'être retiré, pour éditer la blessure du cristallin.

atteint 5 à 6 millimètres (fig. 77 à 78), est incliné, parallèlement à l'iris, pour éviter la blessure de la cristalloïde, et retiré lentement.

1. Ici -cl dans taules les figures suivantes l'irideetomie, pour plus de clarté, a éti» placée en haut. La technique en est [dus facile; l'œil pouvant être très fortement abaissé a>ec la pince, la pique peul être tenue plus facilement parallèle à la surface antérieure de l'iris et on risque moins de blesser le cristallin.

■-i rirfdectomie doit être faite au lieu d'élection, en bas cl en dedans, le dos du nez empêche de reporter le manche de la pique en arrière et par là même la pointe menace le cristallin. Ou y remédie, nous l'avons dit, en maintenant le globe ave la pince trè» fortement luxé en haut et en dehors ; mais la lechuique est tonjonr* assez délicate et nous conseillons de commencer par une iridectoinie supérieure.

OPÉRATIONS SUH L'IRIS

Plus en arrière, dans la sclérotique, la section entraîne une hémorragie et expose au prolapsus irien ; plus en avant, en plein tissu cornéen, elle détermine une cicatrice blanche, opaque ou même une lat-o-e laie pouvant masquer la seule partie de la cornée restée transparente, s'il survient de l'infiltration des lèvres de la plaie.

Fig. 80. — La pique est retirée len- Fig. 81. — Paracentèse. Résultat,

tement pour éviter l'écoulement litendue et siège de la section,

brusque de l'humeur aqueuse.

b) Avec le couteau de Graefe. — La pique donne une plaie régulière, mieux coaplée, se cicatrise rapidement, ce qui diminue les chances d'infection et de prolapsus irien. Si la chambre antérieure est absente ou peu profonde, on se servira d'un couteau très étroit et la section sera faite exactement au limbe comme précédemment

Deuxième temps. — Saisie et excision de l'iris. — L'opérateur a le choix entre deux procédés : abandonner la pince fixatrice à un aide tandis que lui-même, avec la pince à iris, va saisir l'iris qu'il attire et sectionne avec la pince-ciseaux ; ou bien, maintenant le globe en bonne position, avec la pince à iris tenue de la main droite il saisit l'iris et fait faire la section par son aide. L'avantage de ce dernier procédé est de ne nécessiter aucun changement de main et partant aucune pression sur le globe, mais il exige un aide exercé. En son absence, on peut retirer la pince fixatrice et pratiquer l'iridec-

1 . Sous renvoyons pour les détails de section au couteau (tenue du couteau, ponction ut contre-ponction, etc.) à ce qui a été dit à propos de l'opération de cataracte. La section est plus petite, mais la technique est identique.

/ Kl DE CTO MIE

tomie sans fixer le globe, recommandant an sujet de bien regarder en bas; niais la méthode est moins sûre.

L'iris est saisi avec la pince ou le crochet de Tyrrell.

a; Avec le crochet mousse de Tyrrell (fig. 73). — 11 permet une iridectomie plus petite, but que l'on doit toujours rechercher, car le colobome s'agrandit par la suite eu raison de la rétraction du tissu irien vers la périphérie. L'opérateur, maintenant l'œil fortement en haut et en dehors, s'il a fait la section en bas et en dedans au lieu d'élection, introduit le crochet à plat dans la chambre antérieure jus-

Fig. 82. — La pince à iris, maintenue fermée, la concavité en avant, *a pénétrer dans la chambre antérieure.

Fig. 83. — Elle est enfoncée, toujours maintenue formée, jusqu'à un millimètre environ du bord pupillaire.

qu'au bord pupillaire qu'il accroche en faisant exécuter un quart de tour en arrière à l'instrument puis en lui imprimant un léger mouvement de retrait. Le crochet étant mousse ne peut blesser la cristalloïde ; il importe cependant d'aller très lentement au moment où il vient coiffer le bord pupillaire. On aura eu soin au préalable, afin de faciliter l'introduction du crochet, d'en inclinerl'extrémité sur son axe, suivant un angle très largement obtus de 30 à 35°. Il sera ainsi beaucoup plus facile d'en maintenir l'extrémité parallèle àla surface antérieure de l'iris.

OPÉRATIONS SUIt L'UilS

b) Avec la pince à iris. — L'œil élanl toujours dirigé en haut et en dedans, l'opérateur, tenant la pince entre le pouce et L'index, la concavité en avant, l'introduit/erm^e dans la chambre antérieure (fîg. S2 . Pour cela il déprime la lèvre postérieure de la plaie en faisanl exécuter à l'instrument de petits mouvements de latéralité qui entr' ouvrent ses lèvres.

La pince glisse sur la face antérieure de l'iris et ne doit pas franchir le bord pupillaire (fîg. 83). Un peu avant de l'atteindre (un mil-

Fig. 84. — La pince csl alors entr ouverte, déprime légèrement l'iris, le saisit au bord pupillaire (fig- 85) et l'attire au dehors (fig. S6).

li mètre environ), ses mors sont entr'ouverts, d'autant plus largement qu'on veut exciser un plus large fragment d'iris (fig. 84), et la pince est fermée doucement tandis que son extrémité déprime légèrement la membrane de manière à rendre la prise plus solide (fig. 85).

Section de l'iris. — La membrane irienne est attirée sans secousse (fig. 86 j et excisée, par l'opérateur, ou par l'assistant, dès qu'elle apparaît entre les lèvres de la plaie.

La section est faite avec la pince-ciseaux tenue entre le pouce et l'index, les den\ branches perpendiculaires à la ligne d'incision

IRIDECTOMIE

(fig. 87)*. Dès que l'iris apparaît la pince-ciseaux est entrouverte, déprime légèrement le plan sous-jacenl et sectionne avec le talon le fragment irien emprisonné entre ses deux branches.

U peut arriver, surtout si l'œil est hypertone, que l'iris se prolabe entre les lèvres de la plaie cornéo-sclérale aussitôt après la ponction. On a conseillé en pareil cas de le réduire avec la spatule avant de l'exciser, afin de le saisir plus exactement au point voulu. Mais cette manœuvre, qui allonge l'opération, expose à des complications septiqucs, l'iris s'étant trouvé en contact avec la conjonctive. Mieux

g. S9. — Iridectomie antiglaucomateu.se.

cl ion s c 1 é r a 1 e à 1 mm. et demi en arrière du limbe, et excision très large (pupille en trou de serrure).

vaut donc ne pas réduire et s'efforcer de prendre peu de tissu. L'introduction de la pince détermine une réduction partielle très suffisante pour bien saisir la membrane.

Troisième temps. — Rédi ctioî» de i.'ikis. — 11 est rare que les angles de la brèche irienne restent engagés entre les lèvres de la plaie, l'opération se réduisant à une petite sphinctérectomie. La ré-

1. Le fragment excisé dans ces conditions est toujours plus petit que lorsque le« deux branches sont tenues parallèlement aux lc\rcs de la plaie (fig. 88).

La hauteur du colobome dépend au^si du siège; de l'incision; il est d'autant plus grand qu'elle est plus périphérique, [.'incision faite eu pleine cornée permet d obtenir un colobome très réduil, mais nous avons indiqué la raison qui doil faire rejeter une telle incision lorsqu'on se- propose de faire une iridectomie optique.

K. Termes. — Chirurgie de l'œil. s

Fie. 87. — Iridectomie optique.

Section verticale de l'iris avec la pinceciseaux, de manière à obtenir une pupille artificielle petite.

Fié. 88. — Iridectomie optique.

Section horizontale de l'iris avec la pince-ciseaux. Le colobome obtenu sera plus large.

Se

OPÉRATIONS SUIf L'IRIS

duction est donc moins importante ici que dans les antres variétés d'iridectomie ; elle devra toujours être faite néanmoins.

Maintenant le globe en bonne position avec la pince fixatrice, l'opérateur introduit à plat entre les lèvres de la plaie l'extrémité d'une spatule légèrement coudée et déplisse la membrane irienne au niveau du colobome, de manière à se rendre compte de son étendue et de sa régularité.

On donnera issue au sang qui a pu s'amasser dans la chambre antérieure en déprimant un peu la lèvre postérieure de la plaie, tandis qu'avec la spatule on presse légèrement sur la face antérieure de la cornée. Le sang, d'ailleurs, se résorbe rapidement les jours qui suivent.

La réduction faite, le blépharostat est enlevé. Après s'être assuré en soulevant doucement la paupière supérieure avec l'index que les lèvres de la plaie cornéenne sont bien coaptées et bien nettes, une goutte d'ésérine est instillée et un pansement occlusif appliqué.

B. — IRIDECTOMIE ANTIGLAUCOMATEUSE

Une bonne explication de l'action de l'iridectomie dans le glaucome est encore à trouver. Mais peu importe la théorie : en pratique dans certaines formes de glaucomes cette excision de l'iris, si elle est faite en temps utile, suffit à enrayer la marche des accidents.

Avant tout l'excision doit être large et comprendre toute la hauteur de la membrane, depuis le bord pupillaire jusqu'à la racine (fig.89).

Aussi la section ici ne portera-t-elle plus sur le limbe ou en avant de lui mais bien en arrière, car le limbe ne correspond pas à la racine de l'iris mais est situé à 2 millimètres en avant. Avec une section cornéenne portant à son niveau l'excision de l'iris, même au ras de la plaie cornéenne, ne pourrait pas aller jusqu'à la racine qui demeurerait en place (fig. 90). Ce moignon adhérent, venant plus tard s'accoler à la cornée et oblitérant les voies de filtration, contribuerait à augmenter l'hypertonie.

MANU El. OPÉRATOIKI-:

Les myotiques seront largement employés au préalable. De même on aura instillé à plusieurs reprises la solution aqueuse de chlorhydrate de cocaïne à 4 p. 100 qui suffit si l'œil n'est pas injecté (glaucome irritatif et glaucome chronique). Seule la préhension de l'iris avec la pince détermine une légère douleur qui pourra même être

JRIDECTOMIE

évitée en injectant dans la chambre antérieure, immédiatement après la ponction cornéenne à la piqne, avec la seringue de Pravaz munie d'une petite aiguille courbe et mousse la solution de chlorhydrate de cocaïne au centième.

Mais s'il s'agit d'un glaucome aigu, dans lequel l'œil est généralement très injecté et douloureux, l'instillation de cocaïne demeure insuffisante. 11 serait téméraire de s'en contenter, car la douleur déterminée par la saisie de l'iris peut amener une irido-dialyse si le sujet résiste.

L'anesthésie générale est cependant inutile, sauf chez les sujets très pusillanimes (le chlorure d'éthyle suffirait alors en raison de la rapidité de l'intervention). Mais on fera toujours en pareil cas dans le tissu cellulaire de l'orbite une injection profonde de la solution de novocaïne à 4 p. 100. L'aiguille, longue de \ centimètres, est enfoncée perpendiculairement dans la paupière inférieure immédiatement au-dessus du rebord orbitaire au niveau du trou sous-orbitaire, pénètre profondément de bas en haut vers le sommet de l'entonnoir orbitaire au voisinage du ganglion ciliaire et on injecte 2 à 3 centimètres cubes de la solution de novocaïne à i p. 100. L'anesthésie est parfaite et l'opération ne détermine le plus souvent aucune douleur, même sur les yeux très rouges et très injectés.

Premier temps. — Section de la cor- >ke. — L'iridectomie sera faite en haut : ainsi placé, le colobome, recouvert en totalité par la paupière supérieure, gêne peu la vision.

La section, faite à la pique ou au couteau suivant la profondeur de la chambre antérieur-, doit être large G à 8 millim.) et très périphérique. La lance ou le couteau pénè- . trent à un millimètre et demi en arrière du

limbe, en pleine sclérotique d'ig. 89). Ici encore cette section à la pique est préférable, car elle donne une plaie très régulière, et la technique en e9t facile, à condition que la chambre antérieure ne soit pas complètement effacée, condition rarement remplie dans

Fig. 90. — Segment antérieur de l'œil. Coupe verticale.

[ridectomic après section à la pique au niveau du limbe. L'incision est représentée par la ligne noire (c). Bien que l'iris ait été sectionné au ras de la plaie, sa racine est demeurée en place. L'opération, dirigée contre l'hypertonie, est donc mauvaise, car cette racine viendra s'accoler à la face postérieure de la cornée et augmentera l'hypertonie eu oblitérant les voies de (lltralion.

OPÉRATIONS SUli L'IRIS

l'attaque de glaucome aigu. Au contraire, à la période prodromiquc, dans le glaucome chronique irritatif et sans les glaucomes secondaires, la chambre antérieure est ordinairement bien conservée et permettra l'emploi de la pique.

a) Section à la pique. — Le globe est fixé au point opposé de ponction, en bas. Dès que la pointe a pénétré dans la chambre antérieure, on abaisse aussitôt le manche pour éviter le cristallin; la lame est enfoncée sans jamais revenir en arrière, après s'être bien assuré qu'elle est bien dans la chambre antérieure et non dans l'épaisseur même de la cornée. Puis l'instrument est retiré lentement, en suivant la manœuvre indiquée à propos de la paracentèse, pour évi-

Fig. !)1 et 92. — Irideclomie anligla.ixcomaleu.se. Section de l'iris en trois temps : Section de l'angle externe (lig. 91, a), irido- ' dialyse cl section de l'angle interne (fig. 92, 6).

ter la blessure de la cristalloïde, en agrandissant si possible l'extrémité de l'incision avec le tranchant latéral de la pique,

b) Section au couteau. — Le globe sera fixé eD dedans tout contre le limbe, un peu au-dessus du diamètre horizontal et la pointe pénètre à 2 millimètres environ en dehors du limbe, comme pour le premier temps de la sclérotomie (voy. fig. 36). Elle ressortira au point opposé, également à t millimètre et demi ou 2 millimètres en arrière du limbe, et la seule différence d'avec la sclérotomie est que la section sclérale est ici complète.

Celte ponction en pleine sclérotique est de toute importance si on veut exciser l'iris jusqu'à son insertion ciliaire, condition nécessaire de succès.

La section limbique est mauvaise ; la racine de l'iris se trouvant à 2 millimètres en arrière (fig. 90), celle-ci avec une pareille section demeure en place et viendra s'accoler plus tard à la face postérieure

IRIDECTOMIE

de la cornée soudure de Knie$), oblitérant les voies d'excrétion et entraînant de l'hypertonie.

Deuxième temps. — Saisie, excision de c'tais. — La pince courbe tenue très iuclinée en avant.de manière à rendre son extrémité parallèle au plan irien, est introduite fermée, la concavité en avant, jusque près du bord pupillaire ; puis l'opérateur en ouvre les mors, déprime légèrement la membrane sousjacente, la saisit largement et l'attire au dehors.

La section est faite en trois temps. L'iris étant attiré au dehors, l'angle externe est sectionné avec l'extrémité de la pinceciseaux fig. 91). Le fragment ainsi libéré est arraché par une légère traction de dehors eu dedans, de manière à produire une irido-dialyse à ce niveau, et l'angle interne b) est sectionné à son tour avec le talon au ras de la sclérotique (fîg. 92). Aiîu de faire la section le plus ras possible on aura soin de bien déprimer le plan sous-jacent avec la pince-ciseaux avant de couper. Si à la fin de l'opération un lambeau irien fait hernie, ce qui arrive lorsque le plan sous-jacent n'a pas été bien déprimé avec le talon de la pince-ciseaux, il serait également excisé.

On peut donc résumer ainsi le deuxième temps : saisie de l'iris, section de l'angle externe du fragment hernié, irido-dialyse et section de l'angle interne.

La section en trois temps donne une iridectomie très large. Si on la veut plus petite, on sectionnerait la membrane en un seul temps, les branches de la pince étant tenues parallèlement aux lèvres de l'incision (fig. 93).

Troisième temps. — Réduction de l'ibis. — Les deux angles du colobome seront réduits très exactement avec la spatule (v. fig. 89). L'incision doit être nette et aucune parcelle de tissu irien ne restera retenue entre les lèvres de La plaie si on veut éviter l'hypertonie consécutive. Le sang épanché dans la chambre antérieure sera évacué par de petites pressions douces exercées de bas en haut sur la cornée avec la spatule, car la résorption est beaucoup plus lente dans l'œil hypertorie que dans l'œil normal.

Un instille une ou deux gouttes d'ésérine en solution huileuse ; un pansement occlusif est appliqué <•! renouvelé pendant quelques jours.

Fig. î)3. — Iridectomie antiglaucomateuse.

Excision de l'iris en un seul temps.

OPÉRATIONS SUIl L'IRIS

INDICATIONS

Glaucome primitif. — A. Formes aiguks et subaigi Es. C'est surtout et presque uniquement dans ces formes que 1 iridectomie trouve son indication et donne les meilleurs résultats. Et nous pouvons conclure avec A. Terson que l'iridcctoniie sclérale demeure l'opération synthétique et légitime du glaucome, surloul quand ce glaucome à prédominance antérieure est le plus brusque et force à l'opération sans délai.

a) Au moment, de l'attaque (glaucome aigu), l'iridectomie s'impose, caria perte de l'œil peut survenir en quelques jours. C'est une opération d'urgence et le succès dépend du moment de l'intervention.

Si cependant l'œil esl très dur, il peut être nécessaire de faire un traitement préparatoire (myoliques, sangsues à la tempe, sclérotomies postérieure ou antérieure) avantl'iridectomie. (Voy. même chapitre, p. 140, traitement du glaucome.)

b) Dans la période prodromique, il est rare qu'on soit appelé à intervenir; le trouble visuel dure peu, l'acuité reste bonne dans l'intervalle des accès, en sorte que le malade refuse l'opération.

Et cependant l'iridcctoniie faite le plus lot possible à froid, dans cette période des accès en préviendra le retour et donnera souvenl un succès définitif.

B. Formes chroniques. — On peut en distinguer deux groupes: dans le premier, le glaucome évolue insidieusement; l'acuité diminue, le champ visuel se rétrécit, la papille s'excave et s'atrophie, et tout cela sans inflammation ni hyperlonje appréciable ; l'opération n'a guère d'action et peut être funeste, car on l'a vue suivie de la perte totale de la vision.

Dans le second, l'affection, sans entraîner de douleurs appréciables s'accompagne d'une certaine élévation du tonus. Les myoliques, instillés trois fois dans les vingl-quatre heures, peuvent maintenir très longtemps le champ visuel et l'acuité intacts. L'ésérine en solution huileuse à 1 p. 100 trouve ici son indication et donne des résultats favorables là où les collyres aqueux avaient échoué. Nous ne saurions trop en recommander l'usage si elle esl bien supportée.

Si malgré leur emploi l'œil demeure dur, tendu et si l'acuité et le champ visuels diminuent, on peut tenter l'irideclomic. Mais là encore son action est moins efficace que dans la forme aiguë. Bien plus, dans certaines variétés (2 p. 100 environ) la tension s'élève après l'iridectomie et l'acuité visuelle se perd rapidement (glaucome malin).

L'opération de choix est la sclérecloniie combinée à l'iridectomie périphérique, pratiquée suivant la technique de Lagrange ou mieux tous forme de trépanation.

WIDECTOMIE

iV.)

Dans les formes inalignes où l'on craint un insuccès, on pourrait tàter la susceptibilité del'œil par une sclérotomie antérieure.

C. Résultats. — Le glaucome aigu est curable seulement dans la moitié ou les deux tiers des cas et nous ne possédons aucune règle précise nous permettant de reconnaître ceux appelés à bénéficier de l'opération. On a conseillé d'instiller de l'ésérine au préalable : si la pupille se contracte, on peut intervenir utilement. Sans doute les myotiques seront instillés tout d'abord, mais on ne peut guère attendre de renseignements de leur mode d'action, car la pupille, généralement dilatée au moment de l'attaque, réagit peu après l'instillation.

2° Glaucomes secondaires. — Que l'augmentation de pression résulte de synéchies antérieures ou postérieures, l'iridectomie sera faite de bonne beure pour combattre l'hypertonie et rétablir la perméabilité entre les deux chambres. Elle peut avoir en même temps un résultat optique, s'il y a occlusion totale de la pupille. La sclérectomie aujourd'hui la remplacera très souvent.

3" ScIérO'Choroïdites antérieures ou irido-cy dites avec hypertonie. — On s'abstiendra d'intervenir sur les yeux très enflammés. Plus tard, l'iridectomie peut prévenir la formation de staphylomes scléroticaux.

L'opération a encore été conseillée dans les iritis avec synéchies mais elle n'empêche pas toujours les récidives (Iridectoinie antiphlogistique). On attendra que l'inflammation ait tout à fait dispaparu.

i Subluxation traumatique du cristallin, pour éviter ou supprimer l'élévation du tonus qui survient généralement, mais la sclérotomie antérieure est alors préférable.

5 Corps étrangers ou petites tumeurs de l'iris (tubercules, kystes, mélanomesi. L'iris sera excisé avec la tumeur.

- Staphylomes partiels de la cornée ou de la sclérotique. — L'iridectomie a une action à la fois réductrice et hypotonisante : le staphylome diminue ou disparaît et le tonus, généralement élevé, s'abaisse l.

1. L'iridectomie a encore été conseillée dans le décollement de La réline (Bettremielx). Le résultat est nul. Si le décollement s'accompagne d'hyperlonie permettant de penser à une tumeur du globe, L'excision de L'iris, en diminuant La pression, amener» une amélioration passagère et surtout permettra une exploration plu* Complète [iridectoinie exploratrice). Mais l'ouverture d'un globe atteint de tumeur intra-oculaire n'est pas sans inconvénient. Mieux vaut tâcher de préciser le diagnostic et de recourir ensuite d'emblée à L'énucléatlon.

OPÉ HATIONS SUH L'IHIS

G. IRIDECTOMIE PRÉPARATOIRE ET IRIDECTOMIE AU COURS DE L'OPÉRATION DE LA CATARACTE

L'iridectomie au cours de l'extraction a été décrite avec celte opération; l'iridectomie préparatoire est identique.

TECHNIQUE

La section sclérale, large de 5 à 6 millimètres, est faite à la pique, exactement au limbe et en haut, pour ne pas gêner la vision (fig. 94). L'iris est saisi à 1 millimètre du bord pupillaire, attiré au de-

Fig. 94. — Irideclomie Kig. 95. — Irideclomie Via. 9li. — Iridectomie

préparatoire. optique. antiglaacomaleuse.

Dans la figure 94 la section est l'aile au limbe et la pupille artificielle n'atteint pas tout à fait la racine de l'iris. Les deux autres types d'irideelomie (fig. 95 et fig. 96) montrent les différences dans le siège de la section et l'étendue du colobome.

hors, et la section est faite en un seul temps, les branches de la pince étant tenues parallèlement ou perpendiculairement aux lèvres de l'incision suivant qu'on veut obtenir une iridectomie plus ou moins large. Une petite iridectomie suffit, en général, et la section perpendiculaire est préférable (fig. 87). Son but est de prévenir l'enclavement après l'extraction et une excision d'étendue moyenne réussit à l'empêcher.

La réduction des angles du colobome est faite avec la spatule comme précédemment et de l'ésérine en solution huileuse est instillée. Pansement occlusif les premiers jours.

INDICATIONS

(d L'iridectomie préparatoire à l'opératioh de cataracte donne une sécurité plus grande mais a l'inconvénient de retarder l'intervention. Elle sera réservée seulement aux cataractes compliquées (traumatiques, adhérentes, etc.). Dans toutes les autres, l'iridectomie sera faite au cours de l'opération et ses indications ont été étudiées ailleuis).

UUDECTOMIE

6) Gata.RA.Ctbs i.ncumi'i.ètes. — L'opération a été conseillée afin d'accélérer la maturation lors de cataractes stationnaires qui désespèrent le malade. On fait aussitôt après l'iridectomie le massage de la lentille à travers la paupière supérieure (De Lapersonne). Cette maturation ne donne guère de résultats ; le mieux, si le sujet est suffisamment âgé; est de pratiquer l'extraction sans attendre la maturité.

Page 1