DIAGNOSTIC DU GLAUCOME
Ce diagnoslic.de toute importance avant l'intervention, repose sur la présence de l'hypertonie, symptôme commun à toutes les affections glaucomateuses. Suivant qu'elle apparaît brusquement sur un œil jusque-là indemne ou lentement, progressivement, laissant à l'œil le temps de s'accoutumer au changement de pression, on a le glaucome aigu ou le glaucome chronique. Ce dernier est simple, si la tension demeure toujours légèrement élevée sans présenter de modifications appréciables, irritatif dans le cas contraire.
Glaucome aigu. — 11 procède par poussées réactionnelles très vives séparées par des rémissions franches et débute par de petits accès prodromiques, à l'occasion d'une fatigue, d'un repas copieux ou sans cause appréciable. La vision se trouble, le malade voit les objets comme à travers une fumée, les flammes entourées d'un arc-enciel et l'œil atteint présente les trois signes suivants qui imposent le diagnostic :
1° La pupille est dilatée et réagit mal à la lumière.
2° La surface de la cornée est légèrement trouble, donnant l'impression d'une glace sur laquelle on aurait respiré et cette matité, occasionnée par l'hypertonie, est le principal l'acteur de la vision trouble.
3° La tension est supérieure à la normale.
L'accès dure peu, quelques minutes ou quelques heures, puis tout rentre dans l'ordre. Mais, après un temps variable (plusieurs jours ou plusieurs semaines"), un second survient, puis les accès deviennent plus rapprochés et l'affection peut rester longtemps à celle période jusqu'au moment où apparaît Y attaque aiguë.
C'est un accès prodromique beaucoupplus accentué et il n'y a entre les deux qu'une différence de degré. Lorsque l'attaque est franche, on a l'aspect typique du glaucome aigu (injection ciliaire vive, douleurs péri-orbitaire atroces, dilatation pupillaire, tension très élevée, fondd'œil inéclairable, vision nulle;. Après un temps variable, trois, huit, dix jours, les douleurs cessent, la tension diminue, la cornée recouvre sa transparence et la vision reparait, quoique diminuée, tandis rpie persiste une légère dilatation de la pupille.
Mais, comme les accès du début, les attaques deviennent plus fréquenU-s, les rémissions sont incomplètes, la pupille rcsle dilatée dans l'intervalle et L'œil hypeitone. Le glaucome évolue vers l'état chronique après avoir passé de la période des rémissions franches à
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OPÉRATIONS SUR L'IRIS
celle des rémissions incomplètes, pour aboulir finalement à la cécité définitive,
ht Glaucome chronique irrîtatif. — Le début rappelle les accès prodromïques du glaucome aigu et se manifeste par des obnubilations passagères de la vue avec hyperlonie légère. Mais les accès sont moins marqués, les rémissions également moins franches et dans l'intervalle des accès la tension demeure un peu supérieure à la normale. Ainsi s'établit une certaine tolérance de l'organe. A. part une légère injection ci liai re qui peut passer inaperçue, l'hypertonie ne se manifeste que par des modifications du fond de l'œil (veines volumineuses, pouls artériel, début d'excavation delà papille, etc.). Elle aboutit néanmoins à la cécité.
c) Glaucome chronique simple. - 11 s'établit insidieusement. L'hypertonie est peu marquée ou nulle et ne se révèle par aucun symptôme extérieur. Elle se traduit seulement par des modifications du fond de l'œil, par des troubles fonctionnels (diminution de l'acuité et avant celle-ci rétrécissement du champ visuel, en particulier du côté nasal). Elles peuvent aboutir à une excavation totale de la papille et à une cécité complète, quelquefois même sans que le malade s'en aperçoive si le second œil est demeuré indemne. Le diagnostic se fait alors par hasard, à l'occasion d'un examen qui révèle une excavation totale de la papille. Si on interroge la tension, on constate un léger degré d'hypertonie.