‹ Chirurgie de l'uretèreChapitre 23 sur 71 · Trèkaki. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Trèkaki. Loc. cit., p

relativement au plan sur lequel l'uretère est resté appliqué après le décollement de la séreuse, la présence de veines, particulièrement des spermatiques et de la petite mèsentèrique, pouvant en imposer au doigt pour l'uretère, font de cette recherche ainsi conduite un procédé de hasard.

Il est dangereux pour les gros vaisseaux prèvertébraux, et particulièrement la veine-cave inférieure, quand les recherches portent sur l'uretère droit ; dangereux pour l'uretère lui-même, car dans une dènudation aussi aveugle, on peut se trouver entraîné à isoler l'organe sur une trop grande longueur d'où la possibilité de son sphacèle.

Il est compliqué, car il nécessite un décollement étendu du péritoine.

Il est difficilement applicable, l'adhérence de la séreuse s'accusant de plus en plus dans le voisinage de a colonne vertébrale.

Ayant eu à découvrir l'uretère pour l'aboucher à la paroi lombaire, M. Le Dentu recommande de « pratiquer une grande incision oblique du flanc, et décollant le péritoine d'arriver jusqu'au point où l'uretère est croisé par les vaisseaux spermatiques ou utéro-ovariens (1). » Ce croisement n'est pas suffisamment précis dans son siège ni suffisamment tangible pour être donné comme un repère d'ordre absolument général.

Il manque de précision, car le point de croisement de l'uretère et des vaisseaux de la glande génitale est situé à une hauteur variable : variable suivant le côté? variable suivant le sexe.

Il n'est pas tangible, car au milieu de ces organes qui se croisent, il n'est pas facile de reconnaître l'uretère du premier coup surtout quand une inflammation périurétérale a englobé tous ces cordons dans une atmosphère

l. Le Dentu.

d'adhérences et d'induration qui s'opposent à leur isolement.

Ce point de repère précis et tangible, M. le professeur Guyon nous a appris à le connaître : c'est l'extrémité inférieure du rein. Elle est à l'uretère ce que le biceps esta l'artère humérale. Découvrez le biceps et le long de son bord interne vous trouverez aisément l'artère, dénudez l'extrémité inférieure du rein et sur son bord interne l'uretère apparaîtra presque de lui-même.

Certes nous n'ignorons pas que si les rapports des organes sont modifiés par une pèrinéphrite sclèreuse, cette recherche restera entourée de grandes difficultés, le rein et son conduit emprisonnés dans des tissus fibreux inextensibles, non dècollables, seront difficilement isolés. Mais n'en est-il pas ainsi de tous les organes quand le progrès des lésions a modifié profondément leurs rapports de voisinage? Et ne sera-ce pas précisément l'avantage de ce procédé de constituer un repère qui, par son volume et sa consistance puisse être senti, même quand ces mauvaises conditions se trouvent réunies. Ajoutons que dans les cas, si fréquents, où le rein est déformé, le bassinet dilaté, où le hile par conséquent est méconnaissable et l'origine de l'uretère introuvable, la corne inférieure du rein reste souvent la partie de l'organe qui conserve le plus longtemps sa forme et ses connexions habituelles. Bien des fois nous avons constaté sur des pièces de pyonèphrose ou d'hydronéphrose que l'uretère arrivé au niveau de la poche kystique se perdait dans ses parois au point de ne pouvoir être suivi plus longtemps. Mais près de l'extrémité inférieure du rein ou au-dessous d'elle il avait conservé ses rapports normaux.

De plus, point d'excursion inutile dans la région des gros vaisseaux, très peu de décollement préalable du péritoine, pas de manipulations dangereuses pour le conduit lui-même qui, nous allons le démontrer, peut être

exploré sans que ses connexions avec la séreuse soient détruites.

L'exploration est méthodique et porte d'abord sur le point de l'uretère où, dans la grande majorité des cas, siègent les rétrécissements et s'arrêtent les calculs.

La face postérieure du rein découverte, les doigts iront donc à la recherche de son bord convexe qu'ils s'efforceront d'isoler en partant de l'extrémité inférieure de l'organe qui ma dénudée jusqu'à ce que la main puisse la contourner complètement ; ce résultat sera presque toujours rapidement obtenu : les adhérences si fréquentes qui rattachent l'écorce du rein à sa loge cellulo-adipeuse, les brides vasculaires nous ont paru manquer dans les parties sous-adjacentes au hile, s'accuser au contraire à mesure qu'on se rapproche de l'extrémité diaphragmatique du rein. Cette remarque nous a été suggérée par M. le professeur Guyon ; nous l'avons vérifiée bien des fois au cours de nos recherches.

D'après Rècamier (1), quand on a découvert le bassinet, on le saisit « entre le pouce et l'index et on cherche à apprécier sa consistance, puis on descend ainsi sur la partie supérieure de l'uretère que l'on sent nettement, en le prenant aussi entre deux doigts, même sans chercher à le dégager du tissu cellulo-graisseux qui l'entoure. La sensation que donne l'uretère ainsi saisi ressemble à celle que donne le canal défèrent pris à travers les bourses, quoique la sensation soit plus nette et que l'on perçoive très bien que ce canal n'a pas les parois aussi épaisses et qu'il s'aplatit. »

Nous ne pouvons néanmoins croire à une facilité aussi grande, au moins dans la majorité des cas. L'abondance du tissu graisseux de la région comparée au faible volume de l'uretère, l'existence fréquente d'indurations pèrirènales peuvent devenir l'occasion de longs tâtonnements et

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