Legueu. Ann. des org. génito-urin
lignes suivantes : « Ce serait compliquer, dit M. Legueu, l'opération que de chercher à cathétériser l'uretère à travers l'incision faite au rein : par une incision faite sur la portion moyenne du bord convexe, ce serait un pur hasard si l'on parvenait à l'orifice de l'uretère. Ceci ne pourrait se faire qu'avec un bassinet ampullaire ; en dehors de ce cas, la sonde ou la bougie se perdra dans le sinus, et ne peut aucunement parvenir dans le bassinet non ouvert. »
L'incision de la substance du rein présente du reste sur celle du bassinet le grand avantage de se cicatriser avec une grande facilité sans laisser de fistule urinaire, tandis que pour les plaies du bassinet la formation d'une fistule au moins temporaire est presque la règle. Si le rein ne renferme pas de collection purulente, on est même autorisé après ce cathètèrisme à réunir par une suture au catgut la plaie du rein de manière à obtenir une réunion par première intention. L'avantage de cette méthode est bien mis en évidence dans l'observation de M. Legueu déjà ; citée.
Tout autrement pénible est ce cathètèrisme lorsqu'il s'agit du rein volumineux, déformé, transformé en une outre de pus, bosselée, cloisonnée en tous sens. Quelle que soit la voie par laquelle on pénètre dans le bassinet, la découverte de l'origine de l'uretère reste toujours incertaine : « Sur des pièces anatomo-pathologiques, dit M. Legueu, sur des reins pyonèphrosès, coupés et exposés aux regards, il est déjà bien difficile de trouver l'orifice de l'uretère ; à côté des cas où cet orifice est rétracté, rétréci, presque oblitéré, il en est d'autres, et ce sont les plus nombreux, où cet orifice, quoique béant, est caché par un pli, masqué par une colonne, et siégeant, suivant la forme de la dilatation, tantôt au haut, tantôt au bas de la cavité centrale, on ne peut le trouver que par tâtonnements. Il en est de même, et à plus forte raison, dans les opérations de néphrotomie ; au milieu des colonnes
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qui limitent et divisent la cavité principale, il est impossible de découvrir l'orifice en question. Qu'une sonde soit introduite par cette cavité, dans la direction de l'orifice urètéral, elle arrivera peut-être, après quelques hésitations, jusqu'au collet de l'uretère : mais ce ne sera jamais qu'une question de chance, qu'un pur hasard. » Nous avons pu nous-même nous assurer de ces difficultés au cours de nombreuses nèphrotomies faites cette année dans le service de M. Guyon.
La connaissance de ces échecs doit rendre très attentif aux moindres détails capables de faciliter le cathétérisme rétrograde. S'il n'existe pas, comme le constate M. Legueu, de repère fixe qui puisse faciliter cette manœuvre, la technique gagnera beaucoup à s'entourer de certaines précautions, parmi lesquelles nous insiste, rons surtout sur les suivantes.
Si le rein peut être mobilisé, tout au moins à son extrémité inférieure, on maintiendra celle-ci attirée en dehors. Cette manœuvre a pour effet d'ouvrir, dans la mesure du possible, l'angle urétèro-rénah de mettre les deux organes dans le prolongement l'un de l'autre, ce qui rend plus aisé l'introduction de l'instrument. Cet avantage est déjà signalé dans la thèse de Rècamier (1) : « Quand on laisse le rein, dit Récamier, en place, verticalement dirigé, l'olive pénètre difficilement dans l'uretère qui arrive en formant une courbe marquée avant de pénétrer dans le rein ; mais si on relève l'extrémité inférieure du rein en l'attirant dans la plaie, une incision faite au niveau de la partie moyenne du bord convexe du rein se trouve juste sur le prolongement de l'axe du bassinet et de l'uretère, et la sonde glisse naturellement dans le conduit et le parcourt sans résistance jusque dans le petit bassin.
La pénétration de la bougie exploratrice présente-telle quelque difficulté à l'introduction directe, le chirur-