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CHAPITRE IV

LIGATURES ATROPHIANTES DES VAISSEAUX TUBO-OVARIENS.

Définition. — On désigne ainsi la ligature, par l'abdomen, des vaisseaux tubo-ovariens {Fig. 59), dans le but d'amener l'atrophie consécutive de certains néoplasmes de l'utérus, fibrome ou cancer.

Historique. — Hofmeier, en 1880, puis von Antal, en 1882, attirèrent l'attention sur le rôle de la ligature des vaisseaux tuboovariens dans le cas de fibrome. On observerait, d'une part, la dégénérescence graisseuse de l'ovaire, et, d'autre part, l'atrophie du fibrome, par suite des troubles de nutrition de l'utérus.

Cette opération a été admise, comme pis aller, lorsque la castration pour fibrome était impossible (Terrier, Segond, etc.).

Pryor, en 1897, a même pratiqué la ligature des deux iliaques internes pour cancer récidivé de l'utérus.

Technique opératoire. — Les préparatifs seront ceux d'une laparotomie ordinaire. — On aura à sa disposition les instruments nécessaires pour pratiquer la castration : un bistouri, deux paires de ciseaux, six longues pinces hémostatiques, douze pinces hémostatiques ordinaires, une aiguille de Reverdin mousse, des aiguilles à surjet ; enfin les fils, compresses et accessoires nécessaires dans toute opération abdominale.

A. Manuel opératoire typique. — Le ventre est ouvert comme d'habitude. L'utérus est exploré avec soin et les annexes recherchées. Si elles sont pédiculisables, on aura recours plutôt à la castration (opération d'Hégar); dans le cas contraire, on procédera à la ligature atrophiante. Entre le pouce et l'index, on reconnaîtra quelquefois les battements de l'artère utéro-ovarienne qui, dans le cas d'annexés sessiles et de tumeur volumineuse, serpente à la surface de la masse. On placera sur cette artère deux fils : l'un, le plus externe possible, destiné à arrêter le sang venant de l'aorte, l'autre le plus interne possible, en empiétant au besoin dans le tissu utérin,

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pour arrêter le sang qui vient de l'utérus par l'anastomose de l'utérine avec l'utéro-ovarienne.

Si l'artère ne peut pas être reconnue, avec une aiguille mousse, on passera, au-dessous des annexes étale'es, des anses de soie qui s'entrecroiseront entre elles, de façon à faire une ligature en chaîne.

B. Procédés divers. — i° Procédé de Hégar. — Hégar a pratiqué la ligature atrophiante en chaîne avec un fil élastique abandonné.

20 Procédé de W. R. Pryor(i8q7). — Cet auteur lie Y artère iliaque interne de chaque côté, après ouverture du ventre. Il a employé cette méthode dans un cas de récidive inopérable de cancer de l'utérus.

Suites. — Ce seront celles de toute laparotomie. Le seul accident qu'on doive craindre est Yhêmorrhagie consécutive à la blessure des gros troncs veineux, qui sillonnent souvent la surface de l'utérus fibromateux. Cette hémorrhagie peut s'observer après l'opération, sous forme de suintement intra-péritonéal, et devenir le point de départ d'une infection secondaire du péritoine.

Indications. — Cette opération trouvait son indication, lorsque la castration était l'opération de choix pour les fibro-myômes, et que les annexes ne pouvaient être enlevées. C'était un pis aller, auquel on recourait d'autant plus volontiers que l'hystérectomie supra-vaginale donnait des résultats peu encourageants.

Aujourd'hui cette opération n'a plus sa raison d'être. Tout au plus trouvera-t-elle quelques indications comme opération complémentaire, à la suite d'une myomotomie, par exemple.

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